mardi 21 janvier 2014

Critique de Hawkeye 1 : Ma vie est une arme

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Informations :


Contenu VO : Hawkeye #1-5
Scénario : Matt Fraction
Dessin : David Aja ; Javier Pulido
Éditeur : Panini Comics
Date de publication : 03 juillet 2013
Pagination : 112 pages
Prix : 12€

Synopsis


Hawkeye, l'un des plus grand héros de la Terre, revient dans une nouvelle série où il partage l'affiche avec Kate Bishop, membre des Young Avengers. Quand le S.H.I.E.L.D. charge le célèbre archer de récupérer des preuves compromettantes, il devient l'homme le plus recherché au monde !

Critique


Clint Barton, alias Hawkeye, est un mec normal. Il n'a pas de super-pouvoirs, il est juste très doué au tir à l'arc. Mais ça ne l'empêche pas d'être un membre des Avengers et d'avoir une vie mouvementée. Mais dans cette série, ce ne sont pas les aventures de Hawkeye qui sont racontées mais celles de Clint Barton. Ainsi la série pose une question des plus intéressantes : qu'arrive-t-il à Hawkeye quand il ne sauve pas le monde aux côtés des Avengers ?
Ce premier volume regroupe les numéros 1 à 5 de la série, ce qui permet d'avoir un traitement varié de l'histoire. En effet, les épisodes #1-3 décrivent chacun une aventure différente, tandis que les #4-5 constituent le mini-récit La Cassette (The Tape en VO).

Matt Fraction dirige cette série, et d'une main de maître qui plus est ! Celui qui a construit la vie récente de Tony Stark revient sur une série plus terre-à-terre. Exit les milliardaires, les armures et les vastes complots technologiques, ici il n'est question que des déboires d'un type lambda, qui se retrouve mêlé aux préoccupations de son quartier et ses voisins d'immeuble. La première chose qui frappe à la lecture de ces épisodes, c'est que chacun débute par cette petite phrase "ça s'annonce mal". Ainsi on comprend bien la volonté du scénariste de mettre notre héros dans des situations inconfortables, lui qui ne demande qu'à végéter sur son canapé. Les premiers épisodes confrontent l'archer à l'emprise de voyous locaux décidés à expulser les résidents de l'immeuble, expliquent comment Clint adopte un chien blessé, ou encore comment secourir sa nouvelle conquête au travers d'une course-poursuite en voiture des plus accidentée. Ces épisodes sont l'occasion de planter le décor de la série, en présentant les personnages principaux (Clint Barton, Kate Bishop) et secondaires mais appelés à devenir récurrents à l'avenir (les "survêts", les résidents, le chien). Mais c'est aussi l'occasion d'ancrer le ton général de la série, à savoir un ton léger mais rythmé et surtout drôle. Car oui il y a beaucoup d'humour dans ce récit, notamment car Clint est un comique, qui le veuille ou non. Mais cet humour résulte surtout des conversations croustillantes de Clint, qui a toujours le bon mot pour faire rire. On salue le travail de l'auteur sur les dialogues. D'autant plus que Matt Fraction a eu la bonne idée d'associer Clint à Kate (son équivalent féminin devenue la nouvelle Hawkeye le temps d'un remplacement). Cette jeune fille au caractère d'adolescente temporise les situations voire les retourne lorsque c'est elle qui veille sur son mentor. Et ces éléments contribue lourdement à ce qui fait la principale force de ce récit : la fraîcheur. Hawkeye est une série très plaisante car la légèreté des aventures et l'humour forment un contenu des plus frais !

Dans ce premier volume, 2 dessinateurs se partagent le travail : David Aja et Javier Pulido. Le premier dessine de façon minimaliste mais somptueuse, avec un trait graphique assez réaliste. La composition de ses pages est très originale puisqu'il adopte un schéma de cases très varié et efficace, en multipliant au sein d'une même page les grands et les petites cases, chacune ayant une fonction très particulière. Le passage le plus remarquable est sans doute celui où Clint tire ses flèches gadgets sur ses poursuivants. Là, les petites cases servent à présenter les différentes pointes de flèches tandis que les grandes présentent leurs effets, le tout étant malicieusement superposé. Pulido quant à lui dessine différemment mais son style proche du pop-art le rapproche beaucoup de celui de Aja. Il est même plus expressif que le trait de celui-ci. Mais ce rapprochement de style tient surtout du fait que Pulido conserve le même schéma de composition, ce qui assure une grande unité graphique à l'ensemble du volume.

Présenté dans la collection 100% Marvel, le premier volume de Hawkeye est un album soigné qui regroupe l'ensemble des couvertures originales, plus la variante de Adi Granov (!!!) avec au début une présentation générale du héros mais aussi de la série et les biographies des auteurs pour conclure. Et si vous tombez sur la première édition, vous avez le droit au flyer présentant l'ensemble de la parution VF des séries Marvel Now!

En résumé, Hawkeye est une pépite ! Un personnage réaliste évoluant dans un cadre réaliste, comique et ironique, des dessins somptueux aux couleurs pastelles. Hawkeye est une révélation.

mercredi 27 mars 2013

Critique de Grant Morrison présente Batman 3 : Nouveaux Masques


Informations : 


Contenu VO : Batman & Robin #1-9 ; Final Crisis #6-7
Scénario : Grant Morrison : 
Dessin : Frank Quitely ; Philip Tan ; Cameron Stewart
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 26 octobre 2012
Pagination : 272 pages
Prix : 22.50€

Synopsis : 


Bruce Wayne est mort ! Gotham ne peut rester sans protection et c'est à Dick Grayson et Damian Wayne de reprendre le flambeau sous les masques de Batman et Robin ! Leur baptême du feu ne se fera pas sans heurts et ils devront bien vite affronter les menaces du Professeur Pyg, du Red Hood et d'un Bruce Wayne zombie !

Critique


Le roi est mort, vive le roi ! Batman est mort, Bruce Wayne n'est plus ! Gotham est orpheline de son Chevalier Noir. Le crime est libre de se développer. Mais la ville peut-elle rester sans protection ? Bien sûr que non. C'est pour cette raison que très vite Dick Grayson (le premier Robin devenu Nightwing) ainsi que Damian Wayne, fils de Bruce, deviennent respectivement les nouveaux Batman et Robin ! Et ce volume regorge de renouveau ! Grant Morrison poursuit son oeuvre et transforme l'univers de Batman dans ce volume.
Nouveaux Masques constitue la suite logique des aventures de Batman mais ce n'est pas pour autant une suite directe. En effet, plusieurs évènements se produisent avant ce récit. Tout d'abord le crossover Final Crisis où on assiste à la mort de Batman/Bruce Wayne de la main de Darkseid. Ensuite, la Bataille pour la  Cape, qui narre les faits qui ont forcé Dick Grayson à devenir le nouveau Batman et qui explique l'éviction de Tim Drake de la Bat-family. Il est donc préférable d'avoir lu ces histoires pour apprécier et comprendre pleinement ce qui suit. Néanmoins, le volume démarre avec une bonne introduction qui explique la mort de Batman et contient même quelques pages (les plus essentielles) de Final Crisis.
L'histoire est simple : à la suite de l'évènement Final Crisis, qui a vu le meurtre de Batman/Bruce Wayne par Darkseid, Dick et Damian composent le nouveau Dynamic Duo. Ils affrontent ainsi successivement de nouveaux ennemis tels le Professeur Pyg, d'autres anciens (Jason Todd) et collabore avec des membres de Batman Inc.

Grant Morrison dévoile ses plans dans ce volume. Premièrement il écarte Bruce Wayne en provoquant sa mort. Puis il introduit de nouveaux Batman et Robin. Et c'est là que tout devient intéressant. Bien qu'au début on est tenté de croire que ce duo ne fonctionnera pas car rien ne vaut le véritable Batman, le scénariste nous surprend en introduisant un souffle réjouissant au récit. La relation Dick/Damian fonctionne à merveille, avec le premier qui tente d'inculquer les valeurs de Justice au second, bien plus réticent à suivre les traces de son père à la lettre. Damian a d'ailleurs du mal à devenir le nouveau Robin et voir Dick porter le costume de son père. Il se considère comme l'héritier du trône vu qu'il est son fils. Dick Grayson a par ailleurs du mal à porter le fardeau du Chevalier Noir et a beaucoup de doute à être la personne qu'il faut. A leur manière, chacun des deux protagonistes est hanté par le fantôme de Bruce et a du mal à faire honneur à sa mission. Les rôles sont d'ailleurs inversés : Robin est le justicier déterminé et combatif tandis que Batman devient l'homme en retrait qui sert de conscience au duo. Mais toute change à partir de cette histoire. Exit donc le ton sérieux et tragique de Batman R.I.P. et place à l'humour et la fantaisie. Nouveaux Masques est aussi l'occasion de découvrir de nouveaux ennemis, plus loufoques les uns que les autres. Le Professeur Pyg est un créateur de drogue aux tendances sado-masochistes, Flamingo est un tueur sadique habillé de rose, et Jason Todd reprend le costume de Red Hood et l'attitude de criminel fantasque. Mais Grant Morrsion joue aussi sur l'affection que Dick portait à Bruce et pose une problématique intéressante : peut-on ramener les morts à la vie ? Doit-on ramener les morts à la vie ? Quelles en seraient les conséquences ?

Dans ces épisodes de Batman & Robin, plusieurs dessinateurs se partagent la tâche. On commence avec Frank Quitely qui livre des pages au début surprenantes mais l'oeil s'habitue très vite à ce style au trait "granuleux". Le cadrage reste très réussi et apporte beaucoup de dynamisme à l'action. On remarque aussi quelques pépites telles que cet éclat de sang qui forme un "bang", formant à la fois un détail de mouvement et un onomatopée. La partie artistique se poursuit avec Philip Tan qui apporte un tout autre style. Son trait détaillé et son jeu d'ombre et de lumière sont plaisants mais le trait devient parfois trop épais et une sensation de confusion apparaît, rendant quelques cases un peu brouillon. Cameron Stewart livre la dernière fournée et on change encore de style ! Des dessins très simples, des expressions peu variées et quelques cases particulièrement dynamiques caractérisent sa façon de dessiner.

Urban Comics poursuit sa collection Grant Morrison présente et ne change rien. Une bonne introduction présentant comme il faut les personnages présents dans le récit, un court résumé des évènements précédents ces pages et une multitude de bonus en fin de volume ! Au programme cette fois : croquis, recherches d'illustrations, notes des artistes, couvertures originales, biographie des auteurs... J'attribue une mention spéciale à la recherche du logo !

Ce Grant Morrison présente Batman 3 : Nouveaux Masques porte son titre de plein droit et en toute logique, offrant une nouvelle vision du Dynamique Duo dans un récit plein d'action, d'humour et de problématiques intéressantes pour la suite. Un travail rédactionnel satisfaisant, des bonus bourrés d'intérêt et la révélation de la dernière page finissent par convaincre !

lundi 28 janvier 2013

Critique de Wolverine : Ennemi d'Etat


Informations :


Contenu VO : Wolverine (Vol. 3) #20-31
Scénario : Mark Millar
Dessin : John Romita Jr
Éditeur : Panini Comics
Date de publication : 10 octobre 2012
Pagination : 304 pages
Prix : 16.30€

Synopsis :


Sous l'emprise de la Main, Wolverine taillade allègrement amis et ennemis... jusqu'à la mort d'un X-Man ! Mais dans ce déchaînement de violence, le plus féroce des mutants de la planète résistera-t-il au regard tueur de Gorgone ?

Critique :


Le nabot griffu pointe le bout de ses poils et ça va trancher ! Wolverine : Ennemi d'Etat est un récit qui fait rêver. A commencer par la tête d'affiche : Mark Millar au scénario, John Romita Jr au dessin et Wolverine en personnage principal. L'équation produit une histoire dingue, pleine de rebondissements et d'humour, mais aussi assez violente. Mais que voulez-vous, Logan est un vrai boucher. Et dans cette histoire il se lâche totalement, même si on l'aide un peu. En effet, lors d'une enquête sur la disparition du fils d'amis japonais, le mutant est pris en embuscade par une secte mutante japonaise, dirigée par Gorgone, un mutant qui a le même pouvoir que son modèle mythologique. Placé sous le contrôle mental de la Main, alliée à la secte mais aussi à l'Hydra, Wolverine est renvoyé contre le S.H.I.E.L.D. et la communauté super-héroïque.

Mark Millar offre dans ce récit une bonne occasion à Wolverine de montrer pourquoi il est "le meilleur dans sa partie". Il pose aussi une question intéressante : que se passe-t-il quand Wolverine devient dingue et se met à attaquer tout le monde ? Réponse : des cadavres à la pelle et le S.H.I.E.L.D. qui fait dans son froc ! Le scénariste a découpé son récit en deux story-arcs directement liés : Ennemy of the State et Agent of S.H.I.E.L.D. La première partie ne présente pas grand intérêt, si ce n'est de poser les bases et d'enchaîner les assauts de Wolverine, en faisant ressortir son côté de prédateur animal. Le seul point positif serait peut-être de voir Logan prisonnier de son corps et agissant contre sa volonté. Mais en même temps c'est une idée si basique ! Tout devient beaucoup plus intéressant dans la seconde partie, après que Wolverine ait tué un X-Man et été récupéré par le S.H.I.E.L.D. Mark Millar nous présente alors un Wolverine parti en croisade, ce qui nous remet à l'esprit à quel point il peut être téméraire et sadique. Et là, ce n'est plus Wolverine qui se lâche mais Millar. En effet, le scénariste nous livre un mutant ultra "badass" dans une action proche d'un jeu vidéo avec le système de niveaux et de boss de plus en plus puissants. Mais le scénariste se met aussi à faire dans l'excès et le (trop) exagéré. Le griffu est donc mis sur un piédestal, devenu un homme capable de tuer des dizaines de milliers de ninjas à lui tout seul. De même, Gorgone semble être un ennemi imbattable et surpuissant, tellement que ça en devient ridicule. Et puis quelle idée de lui faire faire des choses avec la vieille Von Strucker ! Néanmoins, le scénariste prend le parti de montrer quelque chose qui est souvent vrai dans l'univers Marvel : un S.H.I.E.L.D. inutile, désemparé et inefficace. Si certains n'en étaient pas encore convaincu, Millar vous le prouve ! Ennemi d'Etat a aussi l'avantage de faire croiser tous les principaux personnages Marvel tels que Captain America, Nick Fury, les Quatre Fantastiques, Elektra, Daredevil, les X-Men et même Spider-Man. La fin est le seul moment de drame qui fait réfléchir et rajoute aussi à la constante de l'homme en peine. Mark Millar nous rappelle donc que même si Wolverine est une arme vivante, c'est avant tout un homme à la vie des plus tragiques.

John Romita Jr dessine l'intégralité de l'action. Son style unique peut aujourd'hui en rebuter quelques uns, car la qualité de son trait a baissé. Mais ce récit datant de 2005, le talent est encore au rendez-vous. Les expressions des personnages sont donc correctes, de même que la représentation de l'action, et les décors sont aussi très bien travaillés. Cependant, on ne peut pas s'empêcher de remarquer que dans certaines cases, le dessinateur a fait le choix de prendre des raccourcis et de faire au plus simple. On a donc parfois des personnages au second plan dessinés au strict minimum (comprenez un rond pour la tête, et de simples traits pour les yeux et la bouche) ou des décors parfois vides ou même carrément pas dessinés ! Et ça n'engage que moi, mais les doigts carrés et plats je ne les supporte pas. Malgré tout, chaque épisode se termine sur une pleine plutôt bien travaillée (mention spéciale au portrait de Von Strucker). Romita Jr nous offre aussi quelques double-pages impressionnantes qui servent bien l'action correspondante. C'est donc un dessin mitigé, avec de bonnes choses mais aussi des défauts qu'on ne voudrait pas voir, que renferment ces pages.

Niveau édition, Panini Comics a fait quelques efforts. Une introduction de Garth Ennis accueille le lecteur, suivi d'un découpage en chapitres. Les couvertures originales et variantes sont présentes, mais placées de façon irrégulière dans les pages. Enfin, une courte biographie sur les auteurs complètent le tout.

Wolverine : Ennemi d'Etat est donc un récit à la hauteur du personnage, avec une action simple, pleine d'énergie et de violence. Pas de grands bouleversements ni de réflexions poussées mais juste des griffes d'adamantium qui tranchent tout sur leur passage. Certes, ça fait du bien quelquefois, et c'est le personnage qui veut ça, mais on regrette que Wolverine soit condamné à ne vivre que des aventures de ce genre, aussi plaisantes soient-elles.