mardi 31 juillet 2012

Critique de Batman Année Un


Informations


Contenu VO : Batman Year One - Deluxe Edition (Batman #404-407)
Contenu Multimédia : DVD et Blu-Ray de Batman Year One
Scénario : Frank Miller
Dessin : David Mazzucchelli
Editeur : Urban Comics
Date de Publication : 6 juillet 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 20€

Synopsis :


Enfant, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entraînement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime... mais sa tâche ne sera pas aisée. Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le costume du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon.

Critique :


Batman Année Un (ou Year One) est une histoire entrée au panthéon des comics, et pour plusieurs raisons. La première est qu'il s'agit d'un comics qui relate les origines de Batman. Bien sûr, cela a déjà été raconté dans d'autres comics Batman, mais Year One renferme les origines de Batman réadaptées à la continuité moderne. La seconde est que cette mini-série est l'oeuvre de deux monuments du comics, le légendaire Frank Miller (Sin City, The Dark Knight Returns, Daredevil...) et David Mazzucchelli. Les deux compères ont déjà collaboré ensemble sur la splendide saga Born Again de Daredevil, considérée par certains fans comme l'une des meilleures histoires Marvel. Tout cela en fait LE comics Batman que tout bon fan du Chevalier Noir doit avoir !
Pour la couverture, Urban Comics a choisi l'illustration d'une pub promotionnelle. Le dessin noir et blanc s'allie très bien avec le fond de couleur crème. On a donc une couverture tout en sobriété mais dont l'effet visuel n'est pas négligeable.
L'histoire d'Année Un est simple : au début du récit, on assiste à l'arrivée à Gotham des deux plus célèbres personnages de l'univers Batman, Bruce Wayne et Jim Gordon. Le premier revient en ville après son exil où il s'est entraîné pendant des années, tandis que le second vient prendre son poste de lieutenant au GCPD. La durée du récit, comme son nom l'indique s'étale donc sur un an, pendant lequel Bruce devient Batman et commence ses activités de justicier. Jim Gordon, en bon policier, est chargé de l'arrêter, ou du moins il essaie. Ce qui est sûr, c'est que les deux personnages sont confrontés à la criminalité et à la corruption, dans les rues pour Batman et dans les rangs de la police pour Gordon.

Le scénariste Frank Miller nous livre une histoire simple mais à l'efficacité redoutable. La construction du scénario s'organise autour de l'alternance entre les passages de Bruce Wayne et Jim Gordon. Les textes de narration suivent ainsi leurs points de vue et leurs pensées. Et c'est là que Year One devient incontournable car il livre tous les sentiments et les réflexions des deux protagonistes, donnant alors plus de force aux scènes capitales. Et Année Un ne manque pas de scènes d'anthologie, que ce soit la rencontre entre Bruce et la chauve-souris (passage mythique), l'irruption de Batman au dîner des Falcone, l'interrogation de Gordon sur l'évolution récente de sa vie, la première apparition de Catwoman... Même si Miller livre une histoire simple et courte, son récit pose parfaitement les bases de l'univers Batman et de tous les thèmes et constantes abordés dans la continuité. Le scénariste est aussi capable de glisser dans ses pages ce qui fait le propre des personnages, à savoir leurs caractères, leurs forces, leurs faiblesses, leurs motivations. De plus, grâce à l'alternance des passages, le rythme est très équilibré et partagé entre scènes d'actions et de dialogues. En revanche, le style de Miller est d'aller à l'essentiel. Les évènements manquent alors parfois de petits liens, mais cela est aussi logique étant donné les ellipses dans le temps. Year One en devient un récit brut mais dont la qualité n'en fait pas une faiblesse, bien au contraire.

Au dessin, David Mazzucchelli nous soumet des pages sublimes. Son style unique colle parfaitement à l'ambiance et ses pleines pages subliment les scènes d'importances. Grâce à lui, scénario et dessin entrent en symbiose. Son trait "à l'ancienne" pourrait en rebuter certains mais il est utile et adapté pour illustrer le passé de Batman. Et avec ce dessinateur, les expressions des personnages sont magnifiques ! Les décors sont très détaillés et pleins de réalité, surtout quand il s'agit de pièces fermées comme un bureau ou une chambre. Les couleurs suivent globalement la même gamme, soit des teintes sombres mais c'est le personnage et l'histoire qui veulent ça.

Niveau édition, Urban Comics fait honneur à ce comics de légende. Le format deluxe d'abord, un papier mat ensuite. De plus, l'éditeur profite de cette saga pour créer sa nouvelle collection, DC Premium, qui offre un pack comprenant un comics et son adaptation sur support multimédia (DVD ou jeu vidéo). Nous avons donc, en fin de volume, dans des pochettes plastiques attachées au papier cartonné, le DVD et le Blu-ray du film d'animation Batman Year One. Mais ce n'est pas tout ! En effet, Urban nous offre une montagne de bonus : introduction de Denny O'Neil, postface de David Mazzucchelli, ses premiers dessins, images promotionnelles, croquis de personnages, pages de script, esquisses de planches, travail préparatoire des pages (dessin puis encrage), couvertures originales, dessins originaux des diverses couvertures pour les éditions reliées US, note de Frank Miller et biographies des auteurs.

Avis sur le DVD du film : DC Animation a réalisé une parfaite adaptation du comics, respectant à la fois le scénario, l'empreinte visuelle et l'ambiance. Le travail d'animation est très bon, avec de beaux plans et effets. Certaines "micro-scènes" ont été rajoutées pour pallier au manque de lien entre les évènements dans la version comics. Mais par conséquent l'effet d'ellipse et d'avance dans le temps est moins palpable. Dans les deux cas, on se retrouve donc frustré. Le gros point est, pour moi, à attribuer au générique de fin avec une musique sublime (une adaptation d'une chanson de Moby) et la reprise de cases issues du comics pour accompagner le texte défilant. Un film bon jusqu'au bout en somme ! De plus, le DVD contient aussi des bonus : mini-documentaires sur les autres derniers films DC, plus le court-métrage DC Showcase : Catwoman en VOST.

Ce Batman Année Un d'Urban Comics est un volume indispensable. Une histoire mythique, une superbe édition, de très nombreux bonus, un combo DVD et Blu-Ray, et le tout pour 20€ seulement !
Si vous êtes fan de Batman, ACHETEZ-LE !

lundi 30 juillet 2012

Critique de Secret War



Informations : 


Contenu VO : Secret War #1-5 ; Secret War : From the Files of Nick Fury 1
Scénario : Brian M. Bendis
Dessin : Gabriele Dell'Otto
Editeur : Panini Comics
Date de publication : 4 juillet 2012
Pagination : 248 pages
Prix : 16.30€

Synopsis :


Quand Nick Fury découvre qu'il existe un lien inquiétant entre de nombreux criminels, il réunit certains des plus emblématiques héros Marvel, dont Wolverine, Spider-Man et Captain America. Leur mission top secret, que le gouvernement américain n'aurait sans doute jamais autorisée, donnera lieu à une rencontre explosive entre les membres de l'élite super-héroïque et mutante de New York.

Critique :


Secret War est un comics d'importance. Pourquoi ? Parce qu'il propose une sombre histoire liant les plus célèbres héros Marvel et Nick Fury, le directeur du SHIELD. Et les évènements qui s'y déroulent ont des conséquences capitales. Ainsi la couverture de ce Marvel Select, qui est une composition des 5 couvertures originales, est quelque peu trompeuse sur le contenu. La 4è de couverture, présentant un Nick Fury assis sur son fauteuil baigné dans l'ombre et pensif, est plus représentative du scénario.
L'histoire débute par l'agression de Luke Cage par une super-criminelle inconnue venue l'attaquer directement dans son appartement. Lorsque l'affaire remonte jusqu'au SHIELD, Fury s'empresse de se rendre dans la chambre d'hôpital de Cage. C'est dans ce lieu que se dérouleront les scènes du présent. Puis, retour un an en arrière : le SHIELD découvre que des super-vilains utilisant de la technologie de pointe dans leurs costumes ont tous reçu l'aide d'un autre criminel, apparemment basé en Latvérie. Nick Fury monte alors une opération secrète, aidé de Captain America, Spider-Man, Wolverine, Daredevil, Luke Cage et la Veuve Noire, pour remonter jusqu'à la source du problème, sans avoir reçu l'accord du gouvernement américain.

Question scénario, Secret War est plein de rebondissements ! Tout d'abord, l'idée de base est excellente : une opération qui pousse Fury à agir contre l'avis du gouvernement, le mettant dans une position borderline. Puis, cette histoire est montée entre différents flash-backs et retours au présent. Cela permet de montrer comment est née cette guerre secrète contre la Latvérie, mais aussi d'en constater les premières conséquences, qui ont d'ailleurs un impact direct sur les membres de cette super-équipe. Ainsi, on s'aperçoit vite que lorsque les super-criminels concernés reviennent se venger des héros, seul Captain America et Fury semblent être au courant du motif des agressions, les autres ayant apparemment tout oublié ! De plus, on comprend très vite que Nick Fury cherche à cacher un terrible secret sur cette opération illégale. Et c'est la que le scénario prend toute sa force, car il est construit de façon à nourrir de plus en plus d'interrogations au fil des pages pour finalement tout révéler à la fin, magnifiant l'impact de ce secret horrible. Mais attention, bien que le synopsis semble vendre le récit de l'opération en Latvérie, en réalité il n'en est rien. Secret War ne raconte QUE les conséquences de la bataille. En revanche, le scénario laisse aussi place à l'humour, que ce soit pendant les interrogatoires du SHIELD ou bien pendant la scène à bord de l'avion qui réunit les héros en partance. La scène finale offre un combat dantesque en plein New York, et ça, c'est toujours très apprécié. Mais le véritable but de Secret War est d'expliquer pourquoi Nick Fury disparaît de la scène héroïque et comment il est remplacé par Maria Hill.

Au dessin, Gabriele Dell'Otto nous offre une toile de maître de près de 200 pages ! Son style unique, proche de la peinture, magnifie les scènes de combat, de dialogues musclés, ou les diverses expressions des personnages. Seul les effets d'eau, de feu ou d'éclair sont discutables mais ce n'est pas si dérangeant que cela. Le traitement des ombres et lumières apporte de l'impact aux diverses scènes, en plus d'un réalisme prononcé.

Ce Marvel Select offre de très nombreux bonus ! Avec les Secret Files, ce sont , entre autres, rapports d'interrogatoires, dossiers secrets sur les héros et les vilains de l'histoire, détails du plan de la guerre secrète, et écoutes téléphoniques qui sont au programme. Ces bonus là sont intercalés entre les chapitres pour apporter plus de compréhension au récit mais aussi plus de background, renforçant l'importance de l'histoire dans l'univers Marvel. Enfin, à la fin du volume on retrouve couvertures originales, croquis de chara-design, des découpages de planches, des notes des auteurs mais aussi deux introductions par Andy Schmidt et Adam Cichowski sur le travail réalisé. Un vrai bonheur !

En conclusion, ce Secret War n'est autre qu'une super histoire, dans un super format, avec de super bonus, et le tout à un super prix !

dimanche 29 juillet 2012

Critique de Star Wars : Le Cycle de Thrawn - Intégrale


Informations :


Contenu VO : Star Wars : Heir of the Empire #1-6 ; Star Wars : Dark Force Rising #1-6 ; Star Wars : The Last Command #1-6
Scénario : Mike Barron (d'après le roman de Timothy Zahn)
Dessin : Olivier Vatine, Fred Blanchard, Terry Dodson, Kevin Nowlan, Edvin Biukovic, Eric Shanower
Editeur : Delcourt
Date de publication : 20 juin 2012
Pagination : 452 pages
Prix : 35€

Synopsis :


Cinq ans ont passé depuis la chute de l'Empire. Luke Skywalker est devenu le premier d'une nouvelle longue lignée de Chevaliers Jedi, tandis que la Princesse Leia et Han Solo se sont mariés et attendent des jumeaux. Mais la galaxie n'en est pas pour autant un endroit paisible et sûr. La Flotte Impériale défaite a trouvé un nouveau commandant en la personne de l'un de ses anciens Seigneurs de Guerre de Dark Sidious. Le Grand Amiral Thrawn a en effet mis la main sur deux découvertes qui pourraient détruire Luke, mais aussi l'Alliance et la Nouvelle République.

Critique :


Le Cycle de Thrawn est sans doute la saga la plus célèbre de l'Univers Étendu de Star Wars. A l'origine, cette histoire a été écrite dans les pages des romans de Timothy Zahn. Puis, à la suite de son succès, la saga a été adaptée en comics par Mike Barron pour le scénario, assisté d'un collectif pour le dessin.
Précédemment publié par Delcourt sous forme de BD individuelles, le Cycle de Thrawn est ici pour la première fois réuni dans une intégrale. Et Delcourt marque le coup en présentant un volume luxueux et sobre à la fois. La couverture choisie rappelle les posters utilisés pour la promotion des films de la Trilogie Classique, avec ce Luke Skywalker plein d'espoir surplombé par le visage du Grand Amiral Thrawn pour représenter la menace de la galaxie.

Le Cycle de Thrawn est d'ailleurs un bien bel écho à la Trilogie Classique et on y retrouve d'ailleurs tous les éléments clés : le groupe de Luke, Han et Leia, l'Alliance Rebelle, l'Empire, les contrebandiers, des planètes lointaines peuplées d'étranges indigènes, des batailles spatiales à grandes envergures...
Le récit débute par la présentation du Grand Amiral, à la tête des Vestiges de l'Empire, qui échafaude un plan majeur, bien décidé à se débarrasser une fois pour toute de l'Alliance Rebelle afin de dominer la galaxie. Pour ce faire, il aura besoin de 2 choses : les ysalamiris, lézards capables de bloquer la Force dans un certain périmètre, et l'arsenal du Mont Tantiss, forteresse secrète de l'Empereur qui dissimule un système de clonage utra-performant. La visite de cette forteresse est aussi l'occasion pour Thrawn d'en recruter le gardien, un Jedi Noir à moitié fou nommé Joruus C'Baoth. Du coté de la Nouvelle République, Luke Skywalker tente de reformer l'Ordre Jedi, tandis que Han et Leia attendent des jumeaux, tout cela sous des tensions politiques naissantes au sein du Conseil de l'Alliance à la tête du gouvernement.

Ce qui frappe d'abord dans ce récit c'est le traitement des personnages. Les personnages principaux sont très bien menés, comme Thrawn qui est ici dépeint comme un stratège inégalé et machiavélique mais parfois arrogant et sûr de lui ou bien Leia, dépeinte en jeune femme intègre et audacieuse, dont le plaisir de l'aventure est nuancé par sa situation de jeune mère. En revanche les personnages secondaires manquent de matière et à ce niveau la médaille revient, malheureusement, à Chewbacca qui se retrouve réduit à un simple rôle de garde du corps ne prononçant que quelques "growr" dans ces centaines de pages. Même chose pour le couple de droïdes R2-D2 et C-3PO que l'on ne voit presque pas. Vient ensuite l'ambiance qui propose un véritable calque des films de George Lucas ! Avant même la fin de la première partie, on se surprend à dire : "voilà, c'est ça Star Wars !" Le Cycle de Thrawn transmet beaucoup d'émotions puisqu'il offre de l'aventure, de l'action, des machinations, des moments de tendresse et surtout du suspens, beaucoup de suspens ! En effet, puisque Thrawn est un parfait stratège, il a toujours au moins un coup d'avance sur les Rebelles. Et on se retrouve donc dans l'attente du moment où les héros vont découvrir la prochaine étape du plan impérial et comment ils vont y réchapper. Mais cette histoire permet aussi d'introduire de nouveaux personnages qui deviendront par la suite des piliers de l'univers Star Wars, tels que Mara Jade et Talon Karrde, à qui on s'attache très vite et aimer leurs passages respectifs. Mais dans un récit d'une telle longueur, le rythme est parfois dur à tenir et cette saga n'échappe pas à la règle. La baisse de tension et d'évènements vers le milieu de l'histoire provoque une perte d'intérêt et d'engouement pour le lecteur. Mais la troisième partie, peut-être la meilleure, rattrape le tir et réussit à passionner. En revanche, il subsiste une ombre majeure au tableau : la fin. Alors que le récit s'étale sur plus de 400 pages, la fin elle est bouclée en seulement 2 pages ! Grande déception...

Étant donné que le Cycle de Thrawn se partage en 3 parties (L'Héritier de l'Empire, la Bataille des Jedi et l'Ultime Commandement) il y a donc 3 styles graphiques plein de surprises. La première partie est dessinée par Vatine et Blanchard et, bien que le trait peut au départ géner, on s'y habitue très vite et on finit par l'apprécier. Ensuite, le dessin de Dodson pour la seconde partie offre des visages magnifiques et criant de réalisme et de ressemblance avec les acteurs des films. Le dessin de Biukovic pour le dernière partie est une bonne transition avec la deuxième, rappelant parfois le trait de la première. Néanmoins, l'unité graphique est assurée par une composante essentielle dans ce volume : la couleur, dont la palette offre les même nuances sur toutes les pages et ainsi l'oeil n'est pas troublé. Le gros point à attribuer au dessin est pour la représentation des vaisseaux et surtout des Destroyers stellaires tout à fait sublimés !

Les bonus sont limités aux couvertures originales mais cela n'est guère surprenant car Delcourt a l'habitude de n'offrir que cela comme bonus dans ses publications. Mais un effort pour cette intégrale aurait été apprécié.

Cette Intégrale du Cycle de Thrawn propose donc une histoire passionnante, fidèle à l'univers Star Wars et à son ambiance, publiée dans un volume de qualité. Une belle occasion de découvrir une belle saga !

mercredi 11 juillet 2012

Critique de Grant Morrison présente Batman 1 : L'Héritage Maudit



Informations :


Contenu VO : Batman #655-658, 663-669
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Andy Kubert, J.H. Williams III, John Van Fleet
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 22 juin 2012
Pagination : 272 pages
Prix : 22.50 €

Synopsis :


Batman a déjà affronté Talia al Ghul et son empire du crime à plusieurs reprises, mais leur lutte prend un tour bien plus personnel lorsqu'elle présente au héros le fils issu de leur union : Damian ! Malgré son jeune âge, il est déjà un assassin de renom et Tim Drake, alias Robin, ne tarde pas à en faire les frais ! Pour Batman, c'est le début d'une épopée qui va l'amener à revisiter toute son histoire et redécouvrir des alliés comme des ennemis passés.

Critique :


Cet album est un peu particulier pour plusieurs raisons. La première est qu'il s'agit du début du run de Grant Morrison sur la série Batman. La seconde est qu'il est composé de plusieurs histoires, bien qu'elles s'embriquent toutes les unes dans les autres et ont leur importance pour le long terme. Ainsi cet "album-recueil" regroupe les sagas Le Fils de Batman, Les Trois Fantômes, Bethlehem, Le Club des Héros (ou L'Ile de Mr Mayhew) et Au Clown de Minuit. Il y aura donc une critique pour chacune de ces histoires.

Le Fils de Batman (Batman #655-658) : L'histoire démarre en trombe sur l'arrestation du Joker pour ensuite découler sur l'attaque d'une armée de Man-Bats menée par la dangereuse Talia al Ghul pour que celle-ci présente soudainement à Batman son propre fils, dont l'existence lui a été cachée afin qu'il devienne un parfait assassin pour la Ligue des Ombres. Niveau scénario, Grant Morrison explore de belles idées. Premièrement, le début de l'histoire permet de réveiller le point de vue de Batman sur l'utilisation des armes à feu. Ensuite il fait revenir Talia à la tête de l'empire criminel de son père, plus déterminée que jamais à poursuivre cette sombre idéologie destructrice. Puis Morrison introduit une véritable bombe dans l'univers de Batman : un fils biologique ! Voici alors Damian Wayne, un jeune garçon élevé en tant qu'assassin par sa terrible mère. Damian est ici dépeint comme le contraire du Boy Wonder, un garçon plein de colère et de violence, dont l'art du combat est effroyablement efficace. Devant cette révélation, Batman est partagé entre la volonté de prendre Damain sous son aile et de l'éduquer comme un véritable fils, et la méfiance pour un enfant qu'il ne connaît pas et qui a été élevé par une des plus dangereuses criminelles du monde. Il est toutefois très intéressant de voir la relation père-fils s'installer, relation d'ailleurs explosive où se mélangent caprices d'adolescent et discours paternels moralisateurs. Ce qui est sûr, c'est que Damian est un garçon au caractère bien trempé qui, en tant que fils de Batman, n'hésite pas à blesser Robin pour revendiquer le costume et prendre sa place auprès de son père. Le personnage de Damian reste une merveilleuse idée scénaristique et la relation père-fils, bien que seulement introduite ici, nous change des habituelles mondanités de Bruce Wayne. Niveau dessin, Andy Kubert est parfois irrégulier sur cette saga. Son travail sur Tim Drake est raté mais les expressions données aux personnages, notamment l'effroi ou la colère sont plutôt réussies.

Les Trois Fantômes (Batman #664-665) : L'histoire consiste en une enquête autour de policiers véreux liés à des agressions de prostituées. Batman va vite découvrir que ces flics, ces "Trois Fantômes" sont peu ordinaires. En effet le premier se déguise en Batman et porte une arme. L'autre utilise le venin de Bane. Le troisième reste inconnu mais il semblerait qu'ils soient tous là pour incarner les peurs et les traumatismes de Batman. C'est en tout cas une belle occasion de voir Batman et Robin opérer ensemble. L'histoire s'achève en laissant planer le doute qu'une menace plus grande encore est sur le point de s'abattre, ce qui nous rappelle que le run de Morrison est basé sur le long terme. Les dessins de Kubert sont meilleurs sur cette histoire, de même que les couleurs.

Bethlehem (Batman #666) : Pour le 666è épisode, Grant Morrison nous livre le Damian du futur, juste après nous l'avoir présenté précédemment. L'histoire est ici basée sur un fond biblique où un criminel habillé en Batman et se prétendant être le fils de Satan terrorise Gotham. Après la mort du Batman que nous connaissons, Damian a repris la mission de son père, à savoir nettoyer le monde de la criminalité. Mais il incarne un Batman bien plus violent et extrémiste que son père. Il n'hésite d'ailleurs pas à tuer ses ennemis. Cette version de Damian est crédible, dans le sens où son évolution future est logique étant donné son tempérament dans le présent, d'autant plus qu'il est libre de ses moyens, sans mentor pour le guider. Là encore, c'est Andy Kubert qui dessine et il maintient la qualité observée sur les précédents numéros.

Le Club des Héros (Batman #667-669) : Dans cette histoire, Batman et Robin se rendent sur l'île de Monsieur Mayhew, où le vieux Club des Héros se réunissait autrefois, suite à une mystérieuse invitation. Après une rapide présentation des différents personnages comme le Chevalier et l'Ecuyer ou El Gaucho, les héros visionnent un message du meurtrier de John Mayhew, qui dit appartenir à la troublante organisation du Gant Noir. Les protagonistes mènent alors l'enquête mais chacun se méfie de chacun car le tueur est parmi eux. Si cette histoire a surtout pour but d'introduire la série Batman Inc. pour plus tard, elle a néanmoins le mérite de créer une atmosphère de Cluedo géant, ce qui est assez plaisant et original. J.H. Williams III a la charge du dessin et son style est unique et beau. Sa manière de découper les cases au sein des pages est formidable car pleine d'originalité. De plus, il est capable de modifier son trait pour aborder les flash-backs. Rien à redire !

Au Clown de Minuit (Batman #663) : Cet épisode est vraiment à part ! Déjà, il s'agit plus d'une nouvelle que d'un comics. L'histoire parle de la tentative d'évasion du Joker de l'Asile d'Arkham et aussi de sa restructuration mentale après une terrible opération. La narration oscille entre les points de vue du Joker, de Harley Quinn et Batman. Le style est assez tordu pour coller aux personnages et à l'ambiance dérangeante du récit. Les quelques images d'illustration, réalisées par John Van Fleet sur ordinateur, offrent seulement une maigre représentation de ce qui se passe. Cet épisode final peut laisser un goût amer voire un sentiment d'inachevé. Mais il faut se dire que l'intérêt du volume est ailleurs et presque ignorer l'importance de ce Clown de Minuit.

Urban Comics nous offre le premier DC Signatures consacré à Batman et pour la première fois les bonus sont quasi inexistants ! Nous n'avons que quelques couvertures originales et seul les petites notes éditoriales sur les coulisses de chaque épisode offrent un peu d'attrait. Mais heureusement, l'album a pour couverture celle du Batman #655, ce qui rattrape le coup et en fait un bel objet à détenir !

Bien que le contenu soit irrégulier et hétéroclite, ce Grant Morrsion présente Batman 1 est un ouvrage à avoir, ne serait-ce que pour connaître la continuité moderne du Chevalier Noir. On ne peut ainsi qu'attendre impatiemment la suite, contenant la célèbre saga Batman : RIP !

dimanche 8 juillet 2012

Critique de Batman 1 : La Cour des Hiboux

 

Informations :


Contenu VO : Batman #1-7
Scénario : Scott Snyder
Dessin : Greg Capullo
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 8 juin 2012
Pagination : 176 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Après une longue période d'absence, Bruce Wayne est de retour sous le masque de Batman, à la poursuite d'un mystérieux tueur en série aux allures de hibou, et dont la prochaine cible n'est autre que... Bruce Wayne. Plus il progresse dans son enquête, plus le Chevalier Noir rassemble d'éléments sur les motivations de son ennemi. Il découvre alors une sombre vérité mêlant la famille Wayne aux fondations troubles de Gotham City.

 

Critique :


Le mois de juillet est sûrement le mois Batman, mais Urban Comics a commencé dès le mois de juin pour nous plonger véritablement dans l'univers sombre du Chevalier Noir ! Et quelle sombre histoire que cette Cour des Hiboux. Tellement sombre qu'elle en devient délicieuse et passionnante. Normal me direz vous, vu qu'il s'agit de la nouvelle saga du Batman New 52 créée par Scott Snyder et Greg Capullo !
Mais commençons, comme d'habitude, par la couverture. Ici, il s'agit de la couverture alternative de Batman #2 dessinée par Jim Lee. Une couverture de Capullo aurait été souhaitable pour vraiment communiquer sur le contenu de l'album (personnellement j'aurais préféré la couverture de Batman #4). Mais étant donné qu'il s'agit de Jim Lee on ne va pas se plaindre, d'autant que cette couverture présente un Batman dans une posture magistrale. Et c'est le terme qui je crois convient le mieux à cette histoire, qui démarre avec une émeute à l'Asile d'Arkham (Batman contre tous ses ennemis en même temps, ça vous tente ?). S'ensuit une enquête sur des meurtres causés par un mystérieux personnage, l'Ergot, qui semblerait être le représentant d'une plus grande menace : la Cour des Hiboux. Cette mystérieuse organisation, dont le nom et l'existence constituent un mythe gothamien, semble très ancienne puisque son origine remonterait à la fondation de Gotham City. Batman va ainsi devoir affronter une ombre aussi grande que sa ville, à moins que cette ville ne lui appartienne déjà plus...

Rétrospectivement, le début de l'histoire dans l'Asile d'Arkham est annonciateur de la folie qui régnera dans ce récit. Scott Snyder nous a concocté un scénario brillamment construit, de telle sorte que des éléments sont révélés dès le départ tandis que d'autres, on le comprend dans la lecture, sont juste placés pour que leurs effets se produisent plus tard, dans le long terme. Le scénariste met en place une "ombre" aux multiples facettes : l'ombre présente dans les rues de Gotham pour l'ambiance, l'ombre de Batman qui retrouve tout son aura de Chevalier Noir (à la manière du Batman de Nolan), l'ombre de l'Ergot en tant qu'ennemi implacable et l'ombre moins palpable mais néanmoins présente de la Cour des Hiboux. L'histoire permet aussi de retrouver les membres de la Bat-family et surtout Nightwing (dans son nouveau costume !) qui d'ailleurs semble avoir son rôle à jouer dans cette Cour des Hiboux. Ce qui plaît surtout dans ces pages c'est la manière dont est traité notre cher Batman. La notion de Chevalier Noir est remise au goût du jour car Snyder lui rend toutes ses facettes : un très grand détective, une personne méfiante, un homme de devoir qui n'hésite pas à utiliser la violence physique voire psychologique pour arriver à ses fins, un héros sombre qui prend parfois plaisir à combattre ses ennemis. Mais le plus savoureux encore reste son évolution au cours du récit. Si au début il est la peur incarnée, un homme infaillible, sûr de lui, il devient très vite une victime en proie à la peur, souffrant de folie et qui finit par perdre ses moyens (mention spéciale à la phase du labyrinthe). Dans le combat entre la chauve-souris et le hibou, qui gagnera ? Réponse dans le tome suivant, car ce premier volume nous laisse avec un cliffhanger des plus palpitants !

Greg Capullo nous offre quant à lui des traits magnifiques ! Sa manière de dessiner le Dark Knight illustre parfaitement le traitement du personnage. On sent également qu'il a bossé dur pour les illustrations des rues, des toits, et des souterrains de Gotham. Le design de l'Ergot est sublime. Même si les expressions faciales manquent parfois de variété, avec Capullo tout se joue dans le regard. En revanche, si le dessinateur nous livre de très belles représentations de Batman, il manque son coup avec Bruce Wayne, à tel point qu'on le confond parfois avec l'autre playboy de l'histoire, Lincoln March. On notera enfin une belle gestion des ombres et lumières, idéale pour accompagner toute la noirceur du récit !

Urban Comics nous a encore gâté avec un beau produit. L'album cartonné nous présente là encore le découpage en chapitres avec en bonus toutes les couvertures originales et alternatives, accompagnées de conceptions graphiques pour quelques personnages et surtout l'étude de réalisation d'une séquence graphique de la première scène de crime, soit une très belle occasion de découvrir le travail conjoint de Snyder et Capullo !

Pou résumer, ce premier volume de la saga Batman par Snyder et Capullo est absolument superbe, à la fois sur les niveaux scénaristique et graphique. Nous avons là un "must have" que les afficionados de la Chauve-Souris ne peuvent se refuser et que les néophytes doivent lire, d'autant plus qu'il s'agit du relaunch donc idéal pour commencer à lire Batman car aucune référence majeure à la précédente continuité n'est demandée. En d'autres termes FONCEZ !

mardi 3 juillet 2012

Critique De Wonder Woman 1 : Liens de Sang



Informations :


Contenu VO : Wonder Woman #1-6
Scénario : Brian Azzarello
Dessin : Cliff Chiang
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 01/06/12
Pagination : 160 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Guerrière farouche et princesse des Amazones, Diana a quitté son île pour rejoindre le Monde des Hommes en tant que Wonder Woman ! Mais en sauvant une jeune femme de griffes de monstres mythologiques, elle ne s'attendait pas à lever le voile du mystère de ses origines. Suite à sa découverte, Diana va devoir affronter la colère d'Héra et les machinations des autres dieux de l'Olympe.

Critique :


Les aventures de la nouvelle Wonder Woman issues du New 52 débarquent en France ! Déjà, la couverture annonce la couleur : Diana redevient une véritable guerrière Amazone ! Dès les premières pages, l'histoire semble intrigante et violente (passionnés de chevaux s'abstenir). Le personnage de Zola, jeune femme de Virginie, est vite introduit. Et voilà Hermès, en digne messager des dieux, qui lui annonce qu'elle est enceinte et qui souhaite la protéger d'assassins qui en veulent à son bébé. Hermès demande donc à notre chère Wonder Woman de la protéger (son introduction fait d'ailleurs fantasmer). Et Zola aura bien besoin de la princesse Amazone car le père de son enfant n'est autre que Zeus, le "dieu des dieux". Wondy va ainsi devoir affronter le courroux de la jalouse Héra tout en traitant avec les autres dieux de l'Olympe et leurs éternelles machinations. Mais cette aventure sera aussi l'occasion pour Wondy de faire la lumière sur son passé et surtout sur sa naissance. "L'enfant de la glaise" se voit ainsi attribuée de nouvelles origines, relaunch oblige.

Ce qui frappe d'entrée dans le contenu de ce récit c'est la profusion de références à la mythologie grecque, qui font comprendre que la nouvelle saga de Wonder Woman sera vraiment ancrée dans l'univers mythologique, mais adapté à notre univers moderne. Les mythes sont parfois revisités, de même que l'apparence des personnages qui peut parfois surprendre. On aime ou on n'aime pas. On notera tout de même le physique d'Arès inspirée des traits du scénariste Azzarello ! En tout cas les personnages bénéficient tous d'une richesse de caractère, qu'ils soient secondaires ou non. D'ailleurs j'attribue une mention spéciale pour le personnage d'Eris à la fois sexy, manipulatrice, sarcastique et drôle. L'histoire est très bien équilibrée et bien construite. On peut lui reprocher un manque d'ambition dans les scènes d'action car elles sont courtes. Mais dans Liens de Sang, il faut comprendre que la véritable action est ailleurs : elle réside dans les machinations olympiennes. Brian Azzarello (alias Mr 100 Bullets) tisse un véritable complot sur plusieurs plans et auxquels presque tous les personnages participent. Cela annonce du bon pour la suite, du moins si tout cela ne devient pas trop complexe. En revanche, le style d'Azzarello peut dérouter et une deuxième lecture semble nécessaire pour comprendre toute l'intrigue. Un effort de narration aurait peut-être pu régler ce problème. La fin place un cliffanger bien plaisant et procurant un sentiment d'impatience pour la suite de l'histoire.

Le dessin de Cliff Chiang est à première vue perçu comme cartoonesque. Mais les expressions des personnages sont tellement belles qu'on finit par l'adopter. Chiang sait vraiment dessiner la colère, la peur, les regards déterminés ou langoureux. Tout cela allié à une palette de belles couleurs et on est conquit. A tel point qu'on finit par le préférer aux traits de Tony Akins, responsable du dessin des numéros 5 et 6.

Concernant le travail d'édition, on retrouve là encore la qualité propre à Urban Comics, soit un bel album cartonné avec les couvertures originales, le découpage en chapitres correspondant aux numéros VO (ce qui confirme le traitement réservé à la collection DC Renaissance sur ce point) et toujours de fameux bonus, quoiqu'ici en quantité moindre. Nous n'avons que quelques conceptions graphiques de Cliff Chiang pour certains personnages.

En bref, ce premier volume de Wonder Woman est plein de bonnes choses malgré quelques limites de style scénaristique. Liens de Sang annonce en tout cas un renouveau très prometteur pour le reste de la saga Wonder Woman, avec un complot divin axé sur le long terme et une histoire pleine de rebondissements !