vendredi 21 septembre 2012

Critique de Batman Arkham City



Informations : 


Contenu VO : Batman Arkham City #1-5 ; Batman Arkham City Digital Chapters #1-5
Scénario : Paul Dini
Dessin : Carlos D'Anda
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 7 septembre 2012
Pagination : 168 pages
Prix : 20€

Synopsis :


Après sa tentative d'insurrection, le Joker est à nouveau neutralisé par Batman et retrouve sa cellule à l'asile d'Arkham. Récemment élu au poste de maire de Gotham, Quincy Sharp décrète hors-la-loi tous les individus costumés, héros ou vilains, et confie la création du complexe pénitentiaire d'Arkham City au dangereux Hugo Strange, l'une des seules personnes vivantes à connaître la véritable identité de Batman. Un climat qui va incite le Chevalier Noir à redoubler de vigilance...

Critique :


Est-il encore nécessaire de présenter les jeux vidéos Batman Arkham Asylum et Batman Arkham City ? Malgré la grande qualité de ces jeux et leurs succès, un problème subsiste : ils manquent de lien. Lors de la sortie du dernier opus, DC Comics décide de publier en comics Batman Arkham City #1-5, afin de raconter les évènements survenus entre les histoires de ces 2 jeux. Et la firme publiera sous forme digitale des comics narrant des anecdotes sur quelques personnages secondaires d'Arkham City, afin de mieux comprendre ce qu'ils y font et pourquoi.
Urban Comics nous publie tout cela en VF et profite de garnir sa collection DC Premium en y ajoutant la version PC du jeu vidéo, et le tout pour 20€. Rien que ça !
L'histoire débute là où le scénario d'Arkham Asylum s'est arrêté : le Joker, très mal en point à cause des effets du Titan, ressasse sa défaite face à Batman. En parallèle, Quincy Sharp, devenu maire de Gotham, initie le projet de prison à ciel ouvert Arkham City. De son coté, Batman enquête sur un trafic de containers Titan, dont deux voyous se sont emparés. Le combat terminé, le plus grand détective du monde commence à s'intéresser de près à Quincy Sharp et ne tarde pas à réaliser qu'Arkham City n'est pas l'idée de ce dernier mais celle d'un autre, à l'esprit bien plus retors. Une infiltration au sein d'Arkham City et des gangs qu'il renferme s'impose...

Le scénario de cette histoire est assez plaisant dans la mesure où on sait ce qu'on lit : un récit sans grande ambition mis à part celle d'apporter un peu de lien aux scénarios des jeux. Pas de dimension incontournable ici, non par manque de qualité mais seulement parce que ce n'est pas le but de cette histoire. Il est important de bien comprendre cela au préalable pour ne pas trop en attendre et être déçu à la lecture. Paul Dini écrit toutefois un récit qui se laisse lire, sans prises de têtes et qui permet de passer un moment sympa. Ça fait du bien parfois de lire un tel comics, pour faire une pause au milieu des grandes sagas. Un problème apparaît tout de même : Dini est limité par le faible nombre de 5 chapitres. Cela l'empêche d'approfondir certains éléments, dont on sent que, lorsqu'ils sont mis en place, sont rapidement résolus. Une certaine frustration émane donc de ces pages. Mais le scénariste parvient toutefois à caser et à expliquer de très bonnes choses, comme l'arrivée du Joker à Arkham City ou la création de l'unité des Gardes Tyger. De plus, il faut reconnaître que son idée d'infiltration, bien que simple, est efficace et apporte de l'intérêt au récit.
L'histoire des Digital Chapters livre chacun une histoire courte sur des personnages secondaires, et sont par conséquent très secondaires. Ils renferment encore moins d'ambition que l'histoire principale et se lisent beaucoup trop vite.

Carlos D'Anda met en images les scènes de cette histoire et pour le coup il fait les choses en grand. Un dessin très fidèle à l'identité visuelle des jeux (normal me direz-vous, vu que c'est lui qui fournissait les concepts lors de leurs réalisations), un soin particulier apporté aussi bien au personnages qu'aux décors, un beau jeu d'ombre et de lumière, une chouette palette de couleurs, et le tout dans une extrême régularité. Ses planches ne manquent d'ailleurs pas de dynamisme et les différentes expressions des personnages sont très bien faites. Les dernières pages sont en plus des portraits dessinés en pleine page, et c'est à tomber par terre. Du tout bon !

Urban Comics prouve encore son savoir-faire dans la qualité d'édition avec un volume riche en contenu. L'éditeur nous offre ainsi l'histoire principale et ses chapitres secondaires, avec en bonus une galerie de concepts réalisés par D'Anda pour la conception graphique du jeu et qui ont pour intérêt de montrer les idées qui ont été retenues ou non pour la version finale. Le volume se termine avec les 2 disques de la version PC de Batman Arkham City.

Ce Batman Arkham City est donc un comics sympa, sans grande ambition mais non sans valeur et qui en plus a le mérite d'offrir de jolis Bonus et le jeu sur PC, le tout pour 20€. Urban Comics présente des arguments imbattables. Le seul point noir réside dans le problème que l'éditeur a eu avec la clé d'installation du jeu. Achetez-le mais renseignez-vous sur ce problème avant de profiter des disques !

jeudi 20 septembre 2012

Critique de Batwoman 1 : Hydrologie


Informations :


Contenu VO : Batwoman Vol. 1 : Hydrology (Batwoman #0-5)
Scénario : J.H. Williams III ; Haden Blackman
Dessin : J.H. Williams III
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 24 août 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Kate Kane, alias Batwoman, est rejointe dans sa lutte contre le crime à Gotham par sa propre cousine, désireuse de se faire un nom dans le monde des super-héros. Mais une nouvelle ennemie va mettre le tandem à l'épreuve. En parallèle, Kate entretient tant bien que mal sa romance avec l'officier de police Maggie Sawyer...

Critique :


Les aventures de Batwoman continuent ! Hydrologie est le premier arc de la version New 52 de Batwoman. La série est dorénavant entièrement réalisée par J.H. Williams III, au dessin comme au scénario même s'il est assisté par Haden Blackman pour l'écriture. Après Élégie qui servait d'introduction et de genèse au personnage, Hydrologie permet d'approfondir la série et de développer les relations entre les membres du petit monde de Kate Kane. C'est d'ailleurs dans cette arc qu'on découvre le tandem Batwoman-Flamebird, la cousine Betty Kane devenant la jeune sidekick.
Urban Comics a attendu la sortie VO de l'arc en relié pour nous offrir ce Hydrologie, il est donc normal que la couverture VF suive celle de la VO.
L'histoire commence par un prologue pendant lequel Batman espionne et évalue secrètement Batwoman, en cherchant à découvrir son identité cachée. Pourquoi ? Bah c'est Batman après tout, même s'il semblerait qu'il ait une proposition à lui faire. Le récit se poursuit avec l'interrogatoire par Maggie Sawyer d'un couple victime de l'apparition de la Lloronna, un fantôme qui a kidnappé plusieurs enfants dont les leurs. Et Batwoman accepte l'aide de sa cousine à condition qu'elle suive son entraînement et ses ordres à la lettre. Mais dans l'ombre, une mystérieuse organisation, le D.E.U.S., dont les motivations sont peu claires et ambiguës, semblent décidée à démasquer Batwoman.

J.H. Williams III nous a concocté une histoire sur plusieurs plans. En effet dans Hydrologie, Batwoman doit à la fois enquêter sur la Lloronna, traiter avec Batman, échapper au D.E.U.S. et gérer son partenariat avec Flamebird. Kate Kane doit quant à elle se consacrer à sa relation avec Maggie Sawyer, protéger son identité et sa cousine, tout en évitant les disputes avec son père et son sentiment de culpabilité vis-à-vis des conséquences de son duel récent avec Alice. Le scénariste commence sérieusement à tisser la toile de son intrigue en explorant de nouvelles idées et donnant plus de profondeur aux personnages secondaires. Il crée alors une histoire dont la pierre angulaire est une enquête particulièrement sombre mais toujours mêlée au surnaturel, tout en établissant des pauses avec les moments de vie de Kate Kane. On a ainsi l'impression de suivre 2 histoires parallèles mais pourtant très liées. Un effort scénaristique très plaisant et qui a en plus le don de captiver et de maintenir l'attention du lecteur. Et ce parallélisme mène évidemment à une scène tout simplement bluffante voire choquante mais toujours construite sur deux fronts. Une véritable surprise dans le récit qui amène à une autre surprise ainsi qu'au final et les grandes questions qu'il transporte, mais dont les réponses sont conservées, on l'espère, pour la suite.

J.H. Williams III nous a habitué à ses planches magistrales dans Élégie mais là il fait encore mieux. Comment ? Eh bien en rajoutant des effets physiques sublimes (surtout dans les scènes de la Llorona), en soignant les expressions de ses personnages et en améliorant son jeu d'ombre et de lumière, particulièrement dans les scènes de vie civile. Bien sûr, on retrouve aussi son découpage si original et unique des cases pour une lecture visuelle des scènes beaucoup plus dynamique. La palette des couleurs est globalement plus sombre mais ce sont l'histoire et l'ambiance qui veulent ça. En bref, on se surprend à dire "cette page est encore plus belle que celle d'avant !" et ce à chaque fois !

Urban Comics nous offre un bon travail d'édition pour cet album Hydrologie. Un Volume 1 moins fournit en pages que le Volume 0 mais tout aussi soigné, avec en primes des couvertures alternatives (seulement deux) par Amy Reeder, des illustrations de J.H. Williams III en noir et blanc, ainsi que certains de ses recherches et croquis pour personnages, couvertures ou décors.

Batwoman 1 : Hydrologie offre donc une bonne histoire qui approfondie les personnages de la série et introduit de nouvelles idées, avec un travail graphique amélioré et des bonus assez plaisants. Alors si vous avez lu et apprécié Élégie, ne vous arrêtez pas en si bon chemin, ce serait une erreur !

mercredi 12 septembre 2012

Critique de Batwoman 0 : Elégie


Informations :


Contenu VO : Batwoman Elegy Deluxe Edition (Detective Comics #854-860) ; Detective Comics #861-863
Scénario : Greg Rucka
Dessin : J.H. Williams III ; Jock
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 17 aout 2012
Pagination : 256 pages
Prix : 22.50 €

Synopsis :


Elevée par son père dans le respect des valeurs militaires, Kate Kane aspirait à devenir un des éléments les plus éminents de l'armée américaine, jusqu'au jour où son homosexualité fut dénoncée par un de ses condisciples. Désireuse de protéger les innocents, en souvenir du meurtre de sa mère te de sa soeur, elle trouva en Batman un modèle et mit sa fortune et ses connaissances au service de la justice pour devenir...Batwoman !

Critique :


Vous aimez les rousses ? Dans ce cas vous allez adorer Batwoman ! Introduite dans la série 52, magazine hebdomadaire de DC Comics qui présentait des personnages nouveaux ou secondaires, Batwoman est une super-héroïne qui n'a rien à envier aux autres protecteurs de Gotham. Elle n'est pas non plus à confondre avec Batgirl car c'est une femme de caractère, une forte tête motivée par le traumatisme du meurtre de sa mère et de sa soeur. Kate Kane est la jeune femme qui se cache sous le masque. Soldat émérite dont la carrière a été interrompue par la découverte de son homosexualité, Kate Kane a décidé de se battre pour la Justice après sa rencontre avec Batman. On peut d'ailleurs la considérer comme un Chevalier Noir au féminin. Aussi efficace que son modèle, Batwoman sait aussi avoir recours à la peur pour effrayer et combattre ses ennemis. Aidée dans la lutte par son père militaire qui lui fournit tout le matériel nécessaire, Kate Kane est une combattante, que ce soit dans la vie civile ou dans son costume rouge et noir de justicière.
Urban Comics réédite la saga Élégie, nous permettant de (re)découvrir ce personnage. La couverture est celle de la version Deluxe de l'édition américaine.
Dans cette histoire, Batwoman est au prise avec le Culte du Crime, une secte portée sur la magie noire qui a autrefois tenté de la sacrifier, car cette secte la considère comme l'élue de leur prophétie. Batwoman a réussi à leur échapper et a défait le dirigeant de cette secte. Mais le Culte a un nouveau chef, une psychopathe nommée Alice, particulièrement dangereuse et meurtrière. Elle sera aidée par Abbot, un dissident de l'ordre qui a le pouvoir de se transformer en loup-garou. En parallèle, Kate Kane essaie de se remettre de sa rupture avec l'officier de police Renee Montoya et elle ne tarde pas à faire la rencontre de Maggie Sawyer.

Greg Rucka, en plus d'être scénariste, est aussi romancier et cela se ressent dans la qualité de cette histoire. Le récit est partagé en 2 parties : Elégie et Go. Dans la première, Rucka nous raconte le combat de Batwoman contre Alice et son Culte du Crime mais aussi le quotidien de Kate Kane. On découvre alors la personnalité de cette dernière, ses mésaventures amoureuses, sa relation avec son père. Et c'est là que tout devient intéressant. En effet, le scénariste développe aussi bien le personnage de Batwoman que celui de Kate Kane. L'alternance des passages entre ces deux personnages permettent de donner autant de profondeur à l'un qu'à l'autre. De plus, à la fin d'Elégie, Greg Rucka nous livre une véritable bombe scénaristique, aussi inattendue et surprenante que géniale et excitante. La seconde partie, Go, permet alors de creuser les répercussions de cet élément et d'introduire de longs flashbacks sur la vie de Kate Kane. L'occasion d'approfondir encore plus le personnage, de mieux la comprendre et de connaître les origines de Batwoman. Le volume contient aussi une autre saga : Cutter qui narre les agissements d'un criminel psychopathe qui kidnappe et découpe de jeunes étudiantes. Là aussi cette histoire est très bien construite car on suit Batman et Batwoman qui enquêtent chacun de leur coté. Cutter permet aussi d'introduire Bette Kane, la cousine de Kate, qui veut devenir Flamebird et aider Batwoman en devenant sa coéquipière.

Le dessin de J.H. Williams III est d'une splendeur envoûtante. Son trait magnifique a la particularité de servir incroyablement le scénario. Son dessin suit l'ambiance des différents passages : un interrogatoire par la peur est graphiquement sombre, un combat de rue est dynamique, la tristesse d'une rupture amoureuse est visuellement palpable sur le visage de Kate... Mais ce qui est encore plus impressionnant c'est la façon dont le dessinateur construit ses pages via un découpage de case très original. Les scènes sont partagées dans des cases en forme d'éclairs ou de chauve-souris, et chaque case forme une scène plus vaste. On a ainsi des cases imbriquées dans des cases, des scènes dans des scènes. Le travail de couleur est aussi un des gros point fort de ce dessin. J.H. Williams III utilise une gamme de couleurs très étendue, ce qui magnifie encore plus son trait. Ce dessinateur possède vraiment un style unique dont on ne peut que tomber amoureux. Il est d'ailleurs d'une extrême régularité et chaque page est souvent aussi belle que la précédente, si n'est plus. Et le meilleur est qu'il est également capable de modifier son trait en fonction des scènes. Ainsi on note la différence entre les passages avec Batwoman et ceux avec Kate ou bien encore pendant les flashbacks. Jock s'occupe quant à lui de la saga Cutter. Même si son style peut en rebuter certains, il sert beaucoup les scènes d'actions et la cruauté du criminel. On finit par s'habituer à ce dessin particulièrement efficace dans des histoires sombres.

Urban Comics nous livre une très bonne adaptation de la version américaine, qui surpasse la récente édition de Panini Comics. Alors que celle-ci ne contenait que la saga en elle-même, la version d'Urban Comics renferme une préface de Rachel Maddow, une courte introduction sur le personnage, les couvertures originales et alternatives, des recherches de personnages, des pages de script, des planches en noir et blanc, et les biographies des auteurs.

Batwoman 0 : Élégie est un très bon comics, qui présente un personnage intéressant, une histoire très bien construite, un scénario intelligent, un dessin à tomber par terre, et le tout dans un album de qualité made in Urban Comics. Du haut de gamme en somme !

mercredi 5 septembre 2012

Critique de Grant Morrison présente Batman 2 : Batman RIP


Informations :


Contenu VO : Batman #672-681 ; 52 #30 et 47 ; DC Universe #0
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Tony Daniel
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 13 juillet 2012
Pagiantion : 288 pages
Prix : 22.50€

Synopsis :


Le Gant Noir se referme sur Batman et l'armée du Dr Hurt s'apprête à conquérir Gotham City. Les alliés du Chevalier Noir parviendront-ils à aider ce dernier, battu et brisé psychologiquement ? Bruce Wayne a-t-il enfin atteint la limite de ses capacités ? Sa guerre contre le crime s'achèvera-t-elle tragiquement avec sa mort ?

Critique :


La suite du run de Grant Morrison est arrivée ! Attention, numéro spécial : voici l'une des plus célèbres sagas modernes de Batman, le fameux Batman : RIP ! Urban Comics nous fait le plaisir de nous offrir cette saga, l'occasion d'en dévorer les pages et de juger soi-même la valeur de cette histoire.
Pour le coup, la couverture choisie est celle de Batman #681 dessinée par Alex Ross. Cette illustration, présentant le visage de Batman placé entre deux gargouilles, sous une pluie battante, donne une vision d'un Batman tourmenté, perdu dans ses doutes et questions sans réponses. Et des tourments, le Chevalier Noir en connaîtra beaucoup dans ces pages.
L'album débute avec les épisodes de la série 52, narrant les épreuves que Bruce Wayne a passé pendant son entraînement d'un an qu'il a suivi après les évènements d'Infinite Crisis. Les premières pierres sont posées. Puis, on enchaîne avec les épisodes de Batman 672 à 681, toutefois entrecoupés avec le DC Universe #0. Là, l'histoire commence avec l'attaque du Troisième Fantôme (présenté dans le tome 1), qui finit par blesser Batman en lui provoquant une crise cardiaque et le capture afin de le torturer. Pendant sa captivité, Bruce Wayne est en proie à de puissantes hallucinations où apparaissent le Bat-mite, l'elfe de la 5è dimension. Le héros parvient à se libérer mais l'ennemi s'échappe alors que sa collaboration avec le Gant Noir est mise à jour. Cette sombre organisation, dont l'identité du chef est encore un mystère, semble avoir de nombreuses connaissances sur le Vigilant, ce qui en fait un puissant ennemi. Lorsque le Gant Noir passe à l'attaque et que son dirigeant, le Dr Hurt, se montre enfin, la stabilité psychologique de Batman est quasiment détruite, ce qui le force à adopter l'identité du Batman de Zur-En-Arrh pour vaincre ses ennemis, auxquels s'est mêlé le Joker !

Grant Morrison nous livre une saga passionnante car pleine de rebondissements, de mystères et d'éléments si subtilement placés que l'histoire en devient tentaculaire. Ici, la complexité est telle que chaque détail compte. Le scénariste en profite aussi pour se pencher sur la psychologie du Prédateur Silencieux, nous montrant ses plus sombres recoins et les différentes strates de sa construction. De plus, les passages des hallucinations sont si nombreux et tellement bien écrits et représentés qu'on a parfois du mal à discerner le vrai du faux, le rêve et la réalité. Vers la fin du récit, Morrison présente un Batman comme jamais vu auparavant, exténué, brisé, à moitié fou, rempli de peur et contraint de se cacher parmi les sans-abris. Batman RIP est aussi l'occasion de retrouver de nombreux personnages (Robin, Nightwing, Talia Al Ghul, Damian Wayne, Jézabel Jet, le Joker) et d'en découvrir de nouveaux (les membres du Gant Noir, le Dr Hurt, le Bat-mite, les tueurs de démons à dix yeux). Grant Morrison parvient à faire le lien avec le passé et le présent de Batman en ramenant des éléments oubliés ou non racontés et dessine le futur du Croisé Encapé. La logique du long terme, bien qu'ayant fait un grand bon en avant dans ces pages, est renouvelée pour nous promettre un prochain final où, on l'attend, tous les indices seront rassemblés et mis bout à bout, pour enfin nous dévoiler la totalité de cette grande toile scénaristique.

Cette fois, Tony Daniel est à la charge de tous les épisodes Batman, hormis le Batman #675 dessiné par Ryan Benjamin, et c'est un pur bonheur. Ces illustrations sont splendides, ses doubles plages bluffantes, le tout avec un trait fin et régulier. L'artiste nous fait cadeau de très belles représentations du Batman, le plaçant parfois dans des endroits aussi sombres que lui. Mais il ne s'arrête pas là puisqu'il met autant d'effort à bien dessiner les autres personnages, même ceux qui font office de figurants dans les cases. Bref, du Tony Daniel au top de sa forme !

Urban Comics nous offre un beau volume bien soigné, dans la lignée du premier tome, avec une belle mise en page, une introduction sur le contenu de la saga, les couvertures originales d'Alex Ross et alternatives de Tony Daniel. Un bel objet en somme !

Ce Grant Morrison présente Batman 2 : Batman RIP est une merveille scénaristique et graphique, du moins pour l'univers Batman. Une histoire riche d'évènements, délicieusement complexe, si captivante qu'on ne peut que la lire en une fois. Son succès n'est vraiment pas usurpé. Si vous n'avez le premier tome, il vous faut celui-ci !

Critique de Kingdom Come


Informations :

 

Contenu VO : Absolute Kingdom Come ; Justice Society of America #22
Scénario : Mark Waid
Dessin : Alex Ross
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 8 juin 2012
Pagination : 336 pages
Prix : 28€

Synopsis :

 

Dans un futur possible, les super-héros d'antan ont été surclassés, puis remplacés par une nouvelle génération plus agressive, mais aussi plus amorale. Aussi, lorsque ces surhommes rayent accidentellement le Kansas de la carte des États-Unis, il revient au premier d'entre eux, Superman, de sortir de sa retraite et d'inculquer à cette nouvelle garde le goût pour la vérité et la justice. L'Homme d'Acier devra également combattre une association surprenante : celle de Lex Luthor, son pire ennemi, avec Batman, son ancien allié !


Critique :


Qu'on se le dise, Kingdom Come est un incontournable de l'univers DC Comics. Un récit entré au panthéon des super-héros, mondialement connu et reconnu. Pourquoi ? Je vous donnerais la réponse plus tard. Pour l'instant, je tiens à vous présenter cette masterpiece. Kingdom Come est ce qu'on appelle un Elseworld : un récit racontant une réalité alternative. Cette oeuvre est le résultat d'une collaboration très efficace, regroupant deux des plus grands auteurs de comics : Mark Waid et Alex Ross. Le premier est notamment le lauréat du prix Eisner Award 2012 pour meilleur scénariste. Le second est un dessinateur de légende, dont le style si réaliste est immanquablement associé à la peinture ou à la photographie. Mais je dois vous prévenir, Kingdom Come est, de par sa qualité, son contenu et les nombreux détails auxquels il fait référence, un comics peu accessible aux néophytes. Néanmoins, si la tentation de le lire est pour vous trop grande, n'hésitez pas et laissez-vous prendre par cette oeuvre qui vous en mettra plein la tête.
Urban Comics nous fait un joli cadeau en publiant cette histoire de légende. Et ils tapent fort en commençant par une couverture tout en beauté et sobriété, dont le dernier poster du prochain film consacré à Superman, Man of Steel de Zack Snyder, fait un beau clin d'oeil !
Comme dit plus haut, Kingdom Come raconte une réalité alternative. Ici, les héros de la Ligue de Justice sont entrés dans le troisième âge et ont pour la plupart pris leur retraite et raccroché leurs capes. Ainsi, Superman, qui a perdu la confiance de la population, est retourné à la ferme de Smallville pour y vivre son exil. Green Lantern a quitté la Terre, Bruce Wayne est devenu trop vieux pour enfiler le costume du Batman et Wonder Woman a été destituée de son rang de Princesse. Oui, le monde est devenu bien sombre. Si sombre que la nouvelle génération de héros poursuit les criminels dans une grande immaturité et en négligeant la sécurité des citoyens. Lorsque le combat de ces héros inexpérimentés conduit à la destruction du Kansas, Superman n'a d'autre choix que de revenir enseigner le véritable rôle d'un super-héros. Mais dans l'ombre, une guerre secrète se prépare, échafaudée par Lex Luthor et, fait surprenant, Bruce Wayne.

Mark Waid ne fait pas qu'écrire un comic-book, il rédige un essai presque métaphysique sur le sens de la Justice, de la responsabilité et du rôle des super-héros. Il a l'idée de faire commencer son histoire par la rencontre entre un vieil homme, Norman McCay, et le Spectre, entité cosmique chargée de surveiller les grands bouleversements de l'Univers et d'en porter les jugements. Ainsi McCay, en étant le narrateur, devient l'oeil du lecteur et son guide dans la progression et la compréhension de l'histoire. Au fur et à mesure que les deux compagnons voyagent, on découvre chaque scène, chaque introduction de personnages. On assiste alors au retour magistral de Superman, à la réunion de la Ligue de Justice, à la réalisation de leur plan censer moraliser la nouvelle génération, et à la préparation des divers camps jusqu'à l'éclatement totale de la guerre opposant les super-héros entre eux. Au fil des pages, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec un récit plus récent mais presque identique : Civil War chez Marvel. Mais les actions de la Ligue de Justice apportent des thèmes qui font réfléchir : les notions de Justice et Vérité, les moyens qu'on a le droit ou non de mettre en oeuvre pour les faire respecter et perdurer, le sens de l'héroïsme, la nécessité des héros, la place à accorder au peuple... Et puis Mark Waid prend un réel plaisir à transformer l'univers classique des héros DC, surprenant à chaque fois le connaisseur tout en l'amusant à chercher ce qui a changé ou non.

Alex Ross nous fait une véritable démonstration de son talent, en donnant le meilleur de lui-même. Ses dessins sont d'une beauté époustouflante, criant de réalisme. Chaque page, chaque case est une peinture, un tableau de maître.On se surprend même, à plusieurs reprises, à arrêter la lecture et scruter du regard tous les détails et la qualité du dessin. Kingdom Come est un pur émerveillement visuel. Bref, c'est beau !

Cette publication de Kingdom Come est un havre de bonus ! Urban Comics nous offre, sur ses 336 pages, pas loin de 100 pages de bonus. Au programme, une introduction d'Elliot S. Maggin, des rédactions de Mark Waid et Alex Ross sur leur oeuvre, la présentation de tous les personnages accompagnée de nombreux croquis, des notes et commentaires sur les pages de Kingdom Come qui expliquent toutes les références cachées, une longue galerie d'illustrations regroupant des couvertures pour divers formats ou magazines, des images promotionnelles, la conception d'une page, la distribution des rôles et la présentation des personnes dont s'est inspiré Alex Ross pour définir ses personnages, un article sur "l'héritage" de Kingdom Come, les figurines adaptées de l'oeuvre, l'arbre généalogique liant les héros de l'ancienne et de la nouvelle génération, des croquis préparatoires, et une postface de Clark Ross.

Kingdom Come est clairement une oeuvre majeure des comic-books, un graphic novel mythique. Et Urban Comics en témoigne son respect en publiant un volume magnifique et enrichi de bonus. En conclusion, un très beau et bon comics !

Critique de Batman Knightfall 1 : La Chute


Informations :


Contenu VO : Batman #489-497 ; Detective Comics #659-663
Scénario : Doug Moench, Chuck Dixon
Dessin : Jim Aparo, Norm Breyfogle, Jim Balent, Graham Nolan
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 6 juillet 2012
Pagination : 344 pages
Prix : 28€

Synopsis :


En planifiant l'évasion de tous les criminels de l'asile d'Arkham, Bane exécute le premier mouvement d'un plan minutieusement pensé. Son objectif est simple : détruire physiquement et mentalement le Chevalier Noir. Acculé, exténué, Batman est contraint de faire appel à ses dernières forces pour finalement s'avouer vaincu, pour la toute première fois.

Critique :


A partir des années 90, la direction de DC Comics décide de lancer de grandes sagas centrées sur un même héros. Ainsi sont imaginées la Mort de Superman et Batman Knightfall. Cette saga est découpée en 3 parties : Knightfall, Knightquest et KnightsEnd. Mais Urban Comics nous promet de publier l'histoire, jamais transcrite en VF jusqu'ici, dans une série en 5 tomes. Knightfall marque donc un tournant dans l'univers de la chauve-souris car elle initie toute la suite de la continuité Batman qui sera construite sur de tels formats. Mais Knightfall revêt un autre aspect, bien plus symbolique : la première défaite de Batman ! Ce récit devient alors d'une importance capitale, à tel point qu'il a récemment servi d'inspiration à Christopher Nolan pour la réalisation du troisième et ultime volet de sa trilogie Batman, The Dark Knight Rises.
La couverture, recolorisée pour l'occasion, est celle de Kelley Jones pour le Batman #497et annonce parfaitement le grand intérêt de cette saga : voir le Batman brisé par un ennemi surpuissant !
L'histoire de Knightfall commence par l'attaque de Killer Croc après sa réapparition à Gotham. Alors que Batman et Robin interviennent, ils sont interrompus par l'arrivée de Bane, un nouvel ennemi venu se charger de Killer Croc. Puis ce Bane, aidés de ses acolytes, se met à étudier secrètement le Chevalier Noir, devinant même son identité. Et ainsi s'installe le plan de l'ennemi : organiser l'attaque de l'Asile d'Arkham enfin d'en libérer tous les criminels, des plus insignifiants aux plus dangereux tels Poison Ivy, l'Epouvantail ou le Joker. La panique régnant à Gotham, Batman doit inlassablement arrêter tous les fous échappés, tandis que ses efforts répétés l'épuisent de plus en plus. Pendant ce temps, Bane attend, dans l'ombre, le moment où Batman aura atteint ses ultimes limites pour frapper un grand coup et finalement l'achever.

Le scénario de Knightfall étant étalé sur plusieurs séries, il est ainsi écrit par Doug Moench pour les épisodes de Batman et Chuck Dixon pour ceux de Detective Comics. Mais dans les 2 cas ils suivent la même logique. Si le début de l'histoire permet de présenter les personnages principaux de la saga (Batman, Robin, Bane, Jean-Paul Valley, le Dr Shondra Kinsolving) et de mettre les éléments en place (en s'axant sur le déroulement du plan de Bane), la lecture tient en haleine jusqu'à l'attaque d'Arkham. La suite est constamment basée sur le même modèle : un évadé attaque la ville (ce qui permet de présenter la pléiade d'ennemis de l'univers Batman), le Justicier l'arrête, tout en se crevant encore plus à la tâche. Seul l'épisode montrant le combat Robin vs Bane vs Killer Croc permet de faire une pause dans cet enchaînement qui finit par lasser. En revanche, la fin du récit rehausse le niveau scénaristique en narrant le moment où, après que Batman ait finalement contré le Joker, Bane vient lui porter le coup de grâce en le brisant, dans tous les sens du terme, le tout dans une pleine page inoubliable et illustrant à elle seule ce début de saga.

Le dessin de Knightfall suit l'alternance de scénaristes. On passe donc des traits de Jim Aparo à ceux de Norm Breyfogle, sans oublier Jim Balent (qui a certainement le meilleur coup de crayon) et Graham Nolan. Alors qu'on pourrait redouter cette alternance de dessinateurs, qui au premier abord sous-entend une alternance de styles, ici il n'en est rien car ces messieurs ont un style très identique. Bien entendu, l'histoire datant des années 90, le style graphique a un peu vieilli, mais si l'on a déjà lu Watchmen on ne sera pas gêné. Le bon point est donné aux jeux d'ombres et aux effets physiques tels les flammes des explosions, les courants d'eau ou la fumée. On notera aussi l'abondance des onomatopées, les "bim-bam-boum" rappelant encore une fois l'âge de ce comics.

Question édition, Urban Comics nous livre un album volumineux. En revanche, l'éditeur nous a habitué à mieux pour les bonus. Ici, à part une belle introduction utile à la compréhension du récit, les couvertures originales et de courtes biographies sur les auteurs, on se retrouve avec la publication Batman la plus appauvrie, ne renfermant aucun croquis ou autres travaux préparatoires.

Ce premier tome de la saga Knightfall nous apporte une récit historique dans la mythologie du Chevalier Noir mais avec un scénario redondant et une édition sans bonus. Toutefois, La Chute reste un agréable moment de lecture et dont la possession procure un sentiment de fierté, tant cette histoire est importante et célèbre !