mercredi 24 octobre 2012

Critique de Superman Action Comics 1 : Genèse


Informations : 


Contenu VO : Superman Action Comics Vol. 1 : Superman and the Men of Steel
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Rags Morales ; Andy Kubert
Éditeur : Urban Comics
Date de Publication : 28 septembre 2012
Pagination : 256 pages
Prix : 22.50€

Synopsis :


Arrivé depuis peu à Métropolis, Clark Kent prend ses marques en tant que reporter, et fraye avec les journalistes du Daily Planet, Jimmy Olsen et Lois Lane. Mais il défend également la justice sous le costume de Superman, s'en prenant autant à la corruption politique qu'aux machines futuristes qui envahissent sa ville !

Critique :


Le nouveau Superman est arrivé ! DC Comics ayant eu recours au relaunch il y a de ça maintenant un an, une version New 52 de Superman a été créée. En VO, il y a deux séries consacrées à l'Homme d'Acier : Superman et Action Comics. Il faut savoir qu'Action Comics, série historique dans laquelle est apparu pour la première fois le plus vieux super-héros du monde, n'a jamais subi de relaunch. Urban Comics a décidé d'éditer les deux séries mais dans des formats différents. En effet, tandis que la première est publiée en kiosque dans le magazine DC Saga, la seconde a droit à un format exclusivement librairie.
En guise de couverture, Urban Comics a choisi une variant de Rags Morales utilisée en VO pour le Volume 1 d'Action Comics et utilisée en VF par Urban pour promouvoir le lancement de leur collection DC Renaissance. Dans cet album, Superman est confronté aux politiciens véreux de Métropolis, à l'armée qui considère ce surhomme extra-terrestre comme une menace dangereuse, aux machinations de Lex Luthor et à l'attaque d'un virus informatique d'origine extra-terrestre souhaitant "collectionner" la Terre.
Cet album contient les numéros Action Comics #1 à 8 et est donc découpé en plusieurs parties : l'histoire principale (#1, 2, 3, 4, 7 et 8), une histoire avec la Légion des Super-Héros (#5 et 6) et des interludes et récits annexes (#4, 7, 5 et 6).

Grant Morrison est à la charge du scénario. Il nous présente à la fois un nouveau Superman et un nouveau Clark Kent. Ainsi le héros est encore jeune et ne dispose pas encore de tous ses pouvoirs car il ne sait pas encore voler, et sa force et sa vitesse n'ont pas encore atteint leur pleine capacité. Sa résistance n'est donc pas encore maximale et il peut être blessé. Clark est quant à lui en pleine jeunesse, avec ses idéaux de justice et d'égalité sociale qui lui font croire qu'il peut s'attaquer au système facilement et de façon absolue. Clark Kent n'hésite donc pas à critiquer ouvertement la corruption dans les articles de son blog ou du Daily Star. Car oui, le journaliste venu du Kansas n'est pas encore au Planet ni ne travaille avec Lois Lane et Jimmy Olsen, bien qu'il soit ami avec ce dernier. Tout cela a des répercussions sur la façon d'agir de Superman qui est devenu plus violent, déterminé à combattre le mal, mais aussi plus arrogant, surtout avec les forces de l'ordre qu'il n'arrête pas de narguer en raison de leur faiblesse humaine. Superman est donc conscient de son état de surhomme et en abuse parfois, ce qui divise la population de Métropolis. En effet, bien que ses actes soient louables, ses agissements et le nombre considérable de dommages collatéraux qu'il cause à chaque intervention font naître des doutes chez les habitants, d'autant plus avec cette rumeur d'origine extra-terrestre. Mais le scénariste rééquilibre la balance lors de l'attaque de Métropolis d'un ennemi de Krypton, où à la fin Superman décide d'être plus responsable et jure de devenir le protecteur de la Terre. Morrison place aussi des flash-backs prenant place sur Krypton permettant de présenter la famille El et de narrer la destruction la planète. De plus, les évènements sont tels qu'ils introduisent un nouveau héros qui semble en premier lieu plus responsable et mature que Superman. Ainsi les épisodes avec le "Pousseur d'Acier" sont assez appréciables car ils montrent les raisons de l'héroïsme et sa valeur. Le récit avec la Légion est quasiment inutile et n'a d'autre intérêt que de présenter ces héros du futur (très mal introduits et trop tôt dans la série à mon goût) et d'en rajouter une couche sur l'incroyable volonté de Superman. Cette histoire est aussi la plus éloignée de la trame principale car elle met en place des éléments cosmiques qui peuvent déranger le lecteur, d'autant qu'ils ont pour base un lien bancal avec la fusée de Superman. Enfin, le dernier épisode centré sur le jeune Clark est intéressante car elle raconte le passé du couple Kent et à quel point les parents de Clark désiraient un enfant.

Cet album contient un collectif de dessinateurs mais les principaux sont Rags Morales (en charge de l'histoire principale) et Andy Kubert (qui s'occupe de la partie avec la Légion). Le premier livre un travail satisfaisant mais parfois irrégulier, surtout sur les expressions et les visages, même si quelques cases montrent un niveau de détail assez poussé. Andy Kubert marque sans effort le meilleur point en ayant un joli trait, bien plus régulier et dynamique que son compère, avec des expressions mieux travaillées. Mais on l'a également déjà vu faire mieux car ici, bien que son travail soit bon, il ne donne pas tout son potentiel. Brad Walker dessine le Pousseur d'Acier avec un réalisme certain et un coup de crayon fin et très soigné. Chriscross dessine les Kent avec un trait plus simple mais assez plaisant et en phase avec la douceur du récit.

Urban Comics a fait un choix d'organisation des numéros assez troublant. En essayant de respecter au mieux l'ordonnancement de l'intrigue, les épisodes s'enchaînent de façon perturbante. Ainsi l'album débute avec l'histoire principale puis continue avec le court récit du Pousseur d'Acier, ce que je ne reproche pas car les deux sont particulièrement liés voire parallèles. Mais la suite est composée de l'aventure de la Légion puis le passé de Jonathan et Martha Kent. Le plus judicieux aurait été d'inverser cet ordre, pour insister sur le caractère particulier de la Légion, message qui serait mieux passé si ces épisodes avaient été placés en fin d'album. Question bonus, l'éditeur nous gâte en ajoutant les couvertures originales à chaque début de chapitres, une galerie de couvertures variantes et les "coulisses" des épisodes principaux ainsi que la vision des auteurs. Il faut aussi noter une courte note rédactionnel sur l'univers de la Légion afin de mieux comprendre ce qu'elle est. Un bon travail qui permet de passer l'éponge sur l'ordre discutable des épisodes.

Superman Action Comics 1 : Genèse présente donc une histoire plaisante mais quelque fois confuse, qui a cependant le pouvoir d'intéresser grâce à la nouvelle caractérisation de Superman. Mais il n'y a pas de cliffhanger qui donne envie pour la suite. C'est toutefois un album bien fourni en bonus mais étrangement agencé. Il en découle un résultat mitigé tant sur la forme que sur le fond, certains aimeront, d'autres pas !

dimanche 21 octobre 2012

Critique d'Aquaman 1 : Peur Abyssale


Informations :


Contenu VO : Aquaman Vol. 1 : The Trench (Aquaman #1-6)
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Ivan Reis
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 28 septembre 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Après des années à régner sur le royaume d'Atlantide, Arthur Curry, dit Aquaman, décide de revenir au monde de la surface avec son épouse, Méra. Mais le retour à la "vie civile" ne se fera pas sans peine, entre la méfiance des autorités à son égard, et les attaques de créatures cannibales issues des profondeurs de l'océan !

 

Critique :


Croyez-vous en l'existence de l'Atlantide, ce royaume sous-marin légendaire ? Si son existence est dur à prouver, celle de son roi est en revanche indéniable. Arthur Curry est Aquaman, super-héros et souverain Atlante ! Personnage peu connu du public français, il est pourtant l'un des membres fondateurs de la Justice League. Justement, DC Comics profite de son relaunch et de la présentation de la nouvelle Justice League pour créer un Aquaman version New 52. Et c'est avec bonheur qu'Urban Comics nous édite cette toute nouvelle série en VF.
Dans Peur Abyssale, le ton est donné dès le départ avec cette couverture d'Aquaman #1. Aquaman a décidé de renoncer au trône de l'Atlantide et de vivre sur la terre ferme avec sa femme Méra, une Atlante. Bien qu'il soit décidé à vivre une vie tranquille, de nombreux problèmes s'opposent à lui. Son image publique n'est pas des plus glorieuses et il doit faire face au railleries des habitants d'Amnesty Bay. De plus, il doit aussi apprendre à Méra comment s'adapter à la société civile. C'est sans compter la nouvelle menace d'une race de créatures marines humanoïdes venues des profondeurs de l'océan, une tranchée abyssale remplie de mystères.

Geoff Johns, l'omniprésent scénariste des New 52, nous écrit une belle histoire aux multiples qualités : simple, intéressante, drôle par moments, bien rythmée, ponctuée de quelques flash-backs et donc tout à fait plaisante ! Les évènements s'enchaînent avec une grande fluidité et ne sont pas remplis de détails. Il n'y a donc aucun casse-têtes à résoudre à mesure qu'on tourne les pages. En quelques pages, Johns nous identifie son personnage, présente ses pouvoirs, ses relations et même son histoire grâce à quelques souvenirs de son enfance habilement placés en relation avec la situation présente. De plus, les six numéros ici édités peuvent être coupés en deux : l'une racontant l'histoire principale (le combat contre les monstres marins) et deux épisodes qui placent Aquaman et Méra respectivement dans deux actions parallèles. Ces deux épilogues permettent ainsi de conclure le premier arc et de préparer le terrain pour les prochaines aventures en distillant quelques intrigues sur l'Atlantide elle-même. Le traitement des personnages est sans nul doute le grand intérêt de ce récit. En effet, Arthur Curry est en premier temps confronté à la population et aux préjugés que les gens ont sur lui. Puis, il s'interroge sur le bien fondé de sa décision et son abandon du trône. Qu'importe, l'amour de Méra lui suffit et il cherche à profiter pleinement de leur relation. Puis, son sens du devoir le pousse à reconquérir le coeur des habitants et à les protéger des menaces, contre lesquelles il éprouve d'ailleurs du remord à combattre car elles viennent du monde aquatique qu'il a juré de protéger. Aquaman est donc placé entre le marteau et l'enclume et doit donc trouver sa place. Notez aussi que Geoff Johns a voulu redorer le blason du héros. Et il fait très bien en présentant dès l'introduction un Aquaman plus "badass" que jamais !

Ivan Reis est sans nul doute un dessinateur talentueux et il nous le prouve encore dans ces pages ! Son trait régulier et ultra-dynamique permet de magnifier l'action. Ses expressions superbes rendre palpables les émotions de l'instant. Son travail des décors livre un niveau de détail incroyable, j'attribue d'ailleurs une mention spéciale à la scène de crime sur le port ! Les effets d'eau ou autres éléments physiques comme le sable ou la fumée sont criants de réalisme. Le jeu de lumière est également bien travaillé. Tous ces facteurs peuvent parfois se retrouvés réunis dans pleines pages à couper le souffle ! De plus, le trait est capable de changer lors des flash-backs, ce qui renforce lesdites scènes. Il ne faut bien sûr pas oublier qu'un tel travail est superbement récompensé par une colorisation sans failles de Joe Prado !

Urban Comics nous signe un album soigné, digne de la collection DC Renaissance. Au programme : les couvertures originales dessinées par Ivan Reis puis quelques bonus en fin de volume, comme à l'accoutumée. Une étude de personnage par Jim Lee et une autre par Ivan Reis permettent de comparer la vision respective des deux artistes sur le héros. Puis viennent des recherches sur Méra et les monstres abyssaux. En un mot : satisfaisant !

Aquaman 1 : Peur Abyssale est donc un bon récit, plaisant et plein d'intérêt pour la suite, doublé d'un album soigné. Vive les poissons, la couleur orange et les maîtres-nageurs blonds !

mercredi 17 octobre 2012

Critique d'Assassin's Creed : Subject 4


Informations :


Contenu VO : Assassin's Creed : The Fall ; Assassin's Creed : The Chain
Scénario : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Dessin : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Éditeur : Les Deux Royaumes
Date de publication : 7 septembre 2012
Pagination : 180 pages
Prix : 14.90€

Synopsis :


Suivez les aventures de l'Assassin Nikolaï Orelov à la poursuite d'un artéfact au pouvoir immense à travers la Russie tsariste ; De la mystérieuse et dévastatrice explosion de Toungouska jusqu'aux rues de Pétrograd, où la révolution bolchévique fait rage.
Pendant ce temps, plus près de chez nous, un jeune homme perturbé est aux prises avec des visions troublantes d'une possible vie passée... Des visions qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques et irréversibles sur le monde présent.

Critique :


La franchise Assassin's Creed est aussi étendue que les scénarios des jeux vidéo : goodies, vêtements, accessoires, figurines... Mais il existe aussi des comics dédiés à cette univers. Une série de 3 tomes déjà parus a édité en VF et un 4è (intitulé Hawk) est à paraître pour le mois prochain. Subject 4 fait donc ici office de tome hors-série. Et à juste titre puisqu'il est question de nouveaux personnages, aucunement rattachés à Altaïr, Ezio ou même Desmond. Toutefois, la base est conservée car on nous présente 2 personnages principaux dont les souvenirs sont liés par l'ADN, tout comme pour Desmond et ses ancêtres. La première partie est consacrée à The Fall qui nous parle en parallèle de Daniel Cross, jeune homme marginal au look de junkie dont la vie semble dénuée de but, et Nikolaï Orelov, membre de l'Ordre des Assassins opérant en Russie à l'ère de la révolution bolchévique. Puis une seconde partie, The Chain, qui narre les aventures de Nikolaï et de son fils, tous deux en exil en Amérique.
L'histoire débute dans le présent, avec la présentation de Daniel qui passe une séance chez son psychologue. Très vite il est question de visions semblables à des souvenirs qui sont d'une intensité telle que Daniel a du mal à distinguer le vrai du faux. C'est dans ces moments là que l'histoire transpose la vie de Nikolaï, qui cherche à contrer le tsar et le gouvernement en place mais qui est surtout à la recherche d'un objet précis : le sceptre royal, qui est en réalité un artéfact hérité de Ceux-qui étaient-là-avant. Daniel fera ensuite la connaissance des Assassins modernes, qui l'aideront à supporter ses visions et à leur donner un sens. Dès lors, Daniel cherchera à gravir les échelons de l'Ordre pour rencontrer le Mentor. Mais les Templiers sont aussi à sa recherche et ils comptent utiliser Daniel pour le trouver...

La première chose à dire sur le scénario est qu'il est très fidèle à l'essence même d'Assassin's Creed. Tous les codes sont respectés voire représentés : un homme banale du présent dont la destinée est liée à celle de son ancêtre Assassin, les passages entre ces deux vies, l'effet de fuite, le combat éternel entre Templiers et Assassins, les artéfacts... On pourrait presque dire qu'il s'agit d'une adaptation quasi parfaite des jeux vidéo, à ce détail près qu'il ne s'agit pas des même personnages. Et c'est ici une force je trouve. En effet, il n'est pas question de Desmond, d'Ezio, de leur combat et quêtes respectifs. Pas de prise de tête donc sur la chronologie des évènements, la cohérence du background ou autre. Non, là Subject 4 permet de faire une pause sur tout ça sans pour autant nous dépayser. De plus, une véritable surprise survient à la fin de The Fall, qui enrichit vraiment le scénario. Le récit permet de faire des choses que les scénarios des jeux ne peuvent pas, tels que nous faire comprendre comment les deux Ordres agissent et se combattent aujourd'hui, mais aussi de mettre l'accent sur l'Ordre des Templiers et leurs méthodes machiavéliques. Tout cela nous permet de comprendre l'enjeu principal de la série vidéoludique mais aussi de fournir encore plus de background à celui déjà existant. Enfin la partie The Chain est particulièrement touchante car elle montre la relation père-fils au sein d'une famille d'Assassins tout en développant l'aspect psychologique d'un jeune enfant qui est seul avec son père au milieu de la neige et qui ne comprend pas pourquoi il doit s'entraîner si dur, ni pourquoi son père est si mystérieux sur les raisons de leur exil. Mais The Chain raconte surtout comment un enfant devient un homme puis un Assassin. Voilà encore un autre renvoi aux jeux vidéo ! Notez aussi que le scénario est bien plus travaillé et prenant que ceux des tomes de la série régulière.

Le dessin de ce Subject 4 est réellement beau ! Un trait fin, de belles couleurs, de bonnes expressions, des décors bien travaillés. La seule chose à reprocher serait peut-être un travail d'ombre et de lumière existant mais léger. On peut aussi remarquer une légère transformation du trait entre les deux parties mais les couleurs sont en revanche mieux travaillées dans The Chain.

Niveau édition, Les Deux Royaumes nous livre certes un album soigné et assez bien fourni en pages, qui a pour force de réunir les 2 dernières mini-séries en un seul volume, mais nous n'avons pas toutes les couvertures. Même pas celle avec Nikolaï Orelov sur fond rouge !

Assassin's Creed : Subject 4 reste un bon moment de lecture, qui présente deux histoires plaisantes et fidèles à la série vidéoludique et permettant de fournir encore plus de background et de réveiller l'intérêt qu'on y porte. Le tout pour un prix raisonnable comparé à la pagination. Bref, si vous êtes fan d'Assassin's Creed, laissez-vous tenter.

vendredi 21 septembre 2012

Critique de Batman Arkham City



Informations : 


Contenu VO : Batman Arkham City #1-5 ; Batman Arkham City Digital Chapters #1-5
Scénario : Paul Dini
Dessin : Carlos D'Anda
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 7 septembre 2012
Pagination : 168 pages
Prix : 20€

Synopsis :


Après sa tentative d'insurrection, le Joker est à nouveau neutralisé par Batman et retrouve sa cellule à l'asile d'Arkham. Récemment élu au poste de maire de Gotham, Quincy Sharp décrète hors-la-loi tous les individus costumés, héros ou vilains, et confie la création du complexe pénitentiaire d'Arkham City au dangereux Hugo Strange, l'une des seules personnes vivantes à connaître la véritable identité de Batman. Un climat qui va incite le Chevalier Noir à redoubler de vigilance...

Critique :


Est-il encore nécessaire de présenter les jeux vidéos Batman Arkham Asylum et Batman Arkham City ? Malgré la grande qualité de ces jeux et leurs succès, un problème subsiste : ils manquent de lien. Lors de la sortie du dernier opus, DC Comics décide de publier en comics Batman Arkham City #1-5, afin de raconter les évènements survenus entre les histoires de ces 2 jeux. Et la firme publiera sous forme digitale des comics narrant des anecdotes sur quelques personnages secondaires d'Arkham City, afin de mieux comprendre ce qu'ils y font et pourquoi.
Urban Comics nous publie tout cela en VF et profite de garnir sa collection DC Premium en y ajoutant la version PC du jeu vidéo, et le tout pour 20€. Rien que ça !
L'histoire débute là où le scénario d'Arkham Asylum s'est arrêté : le Joker, très mal en point à cause des effets du Titan, ressasse sa défaite face à Batman. En parallèle, Quincy Sharp, devenu maire de Gotham, initie le projet de prison à ciel ouvert Arkham City. De son coté, Batman enquête sur un trafic de containers Titan, dont deux voyous se sont emparés. Le combat terminé, le plus grand détective du monde commence à s'intéresser de près à Quincy Sharp et ne tarde pas à réaliser qu'Arkham City n'est pas l'idée de ce dernier mais celle d'un autre, à l'esprit bien plus retors. Une infiltration au sein d'Arkham City et des gangs qu'il renferme s'impose...

Le scénario de cette histoire est assez plaisant dans la mesure où on sait ce qu'on lit : un récit sans grande ambition mis à part celle d'apporter un peu de lien aux scénarios des jeux. Pas de dimension incontournable ici, non par manque de qualité mais seulement parce que ce n'est pas le but de cette histoire. Il est important de bien comprendre cela au préalable pour ne pas trop en attendre et être déçu à la lecture. Paul Dini écrit toutefois un récit qui se laisse lire, sans prises de têtes et qui permet de passer un moment sympa. Ça fait du bien parfois de lire un tel comics, pour faire une pause au milieu des grandes sagas. Un problème apparaît tout de même : Dini est limité par le faible nombre de 5 chapitres. Cela l'empêche d'approfondir certains éléments, dont on sent que, lorsqu'ils sont mis en place, sont rapidement résolus. Une certaine frustration émane donc de ces pages. Mais le scénariste parvient toutefois à caser et à expliquer de très bonnes choses, comme l'arrivée du Joker à Arkham City ou la création de l'unité des Gardes Tyger. De plus, il faut reconnaître que son idée d'infiltration, bien que simple, est efficace et apporte de l'intérêt au récit.
L'histoire des Digital Chapters livre chacun une histoire courte sur des personnages secondaires, et sont par conséquent très secondaires. Ils renferment encore moins d'ambition que l'histoire principale et se lisent beaucoup trop vite.

Carlos D'Anda met en images les scènes de cette histoire et pour le coup il fait les choses en grand. Un dessin très fidèle à l'identité visuelle des jeux (normal me direz-vous, vu que c'est lui qui fournissait les concepts lors de leurs réalisations), un soin particulier apporté aussi bien au personnages qu'aux décors, un beau jeu d'ombre et de lumière, une chouette palette de couleurs, et le tout dans une extrême régularité. Ses planches ne manquent d'ailleurs pas de dynamisme et les différentes expressions des personnages sont très bien faites. Les dernières pages sont en plus des portraits dessinés en pleine page, et c'est à tomber par terre. Du tout bon !

Urban Comics prouve encore son savoir-faire dans la qualité d'édition avec un volume riche en contenu. L'éditeur nous offre ainsi l'histoire principale et ses chapitres secondaires, avec en bonus une galerie de concepts réalisés par D'Anda pour la conception graphique du jeu et qui ont pour intérêt de montrer les idées qui ont été retenues ou non pour la version finale. Le volume se termine avec les 2 disques de la version PC de Batman Arkham City.

Ce Batman Arkham City est donc un comics sympa, sans grande ambition mais non sans valeur et qui en plus a le mérite d'offrir de jolis Bonus et le jeu sur PC, le tout pour 20€. Urban Comics présente des arguments imbattables. Le seul point noir réside dans le problème que l'éditeur a eu avec la clé d'installation du jeu. Achetez-le mais renseignez-vous sur ce problème avant de profiter des disques !

jeudi 20 septembre 2012

Critique de Batwoman 1 : Hydrologie


Informations :


Contenu VO : Batwoman Vol. 1 : Hydrology (Batwoman #0-5)
Scénario : J.H. Williams III ; Haden Blackman
Dessin : J.H. Williams III
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 24 août 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Kate Kane, alias Batwoman, est rejointe dans sa lutte contre le crime à Gotham par sa propre cousine, désireuse de se faire un nom dans le monde des super-héros. Mais une nouvelle ennemie va mettre le tandem à l'épreuve. En parallèle, Kate entretient tant bien que mal sa romance avec l'officier de police Maggie Sawyer...

Critique :


Les aventures de Batwoman continuent ! Hydrologie est le premier arc de la version New 52 de Batwoman. La série est dorénavant entièrement réalisée par J.H. Williams III, au dessin comme au scénario même s'il est assisté par Haden Blackman pour l'écriture. Après Élégie qui servait d'introduction et de genèse au personnage, Hydrologie permet d'approfondir la série et de développer les relations entre les membres du petit monde de Kate Kane. C'est d'ailleurs dans cette arc qu'on découvre le tandem Batwoman-Flamebird, la cousine Betty Kane devenant la jeune sidekick.
Urban Comics a attendu la sortie VO de l'arc en relié pour nous offrir ce Hydrologie, il est donc normal que la couverture VF suive celle de la VO.
L'histoire commence par un prologue pendant lequel Batman espionne et évalue secrètement Batwoman, en cherchant à découvrir son identité cachée. Pourquoi ? Bah c'est Batman après tout, même s'il semblerait qu'il ait une proposition à lui faire. Le récit se poursuit avec l'interrogatoire par Maggie Sawyer d'un couple victime de l'apparition de la Lloronna, un fantôme qui a kidnappé plusieurs enfants dont les leurs. Et Batwoman accepte l'aide de sa cousine à condition qu'elle suive son entraînement et ses ordres à la lettre. Mais dans l'ombre, une mystérieuse organisation, le D.E.U.S., dont les motivations sont peu claires et ambiguës, semblent décidée à démasquer Batwoman.

J.H. Williams III nous a concocté une histoire sur plusieurs plans. En effet dans Hydrologie, Batwoman doit à la fois enquêter sur la Lloronna, traiter avec Batman, échapper au D.E.U.S. et gérer son partenariat avec Flamebird. Kate Kane doit quant à elle se consacrer à sa relation avec Maggie Sawyer, protéger son identité et sa cousine, tout en évitant les disputes avec son père et son sentiment de culpabilité vis-à-vis des conséquences de son duel récent avec Alice. Le scénariste commence sérieusement à tisser la toile de son intrigue en explorant de nouvelles idées et donnant plus de profondeur aux personnages secondaires. Il crée alors une histoire dont la pierre angulaire est une enquête particulièrement sombre mais toujours mêlée au surnaturel, tout en établissant des pauses avec les moments de vie de Kate Kane. On a ainsi l'impression de suivre 2 histoires parallèles mais pourtant très liées. Un effort scénaristique très plaisant et qui a en plus le don de captiver et de maintenir l'attention du lecteur. Et ce parallélisme mène évidemment à une scène tout simplement bluffante voire choquante mais toujours construite sur deux fronts. Une véritable surprise dans le récit qui amène à une autre surprise ainsi qu'au final et les grandes questions qu'il transporte, mais dont les réponses sont conservées, on l'espère, pour la suite.

J.H. Williams III nous a habitué à ses planches magistrales dans Élégie mais là il fait encore mieux. Comment ? Eh bien en rajoutant des effets physiques sublimes (surtout dans les scènes de la Llorona), en soignant les expressions de ses personnages et en améliorant son jeu d'ombre et de lumière, particulièrement dans les scènes de vie civile. Bien sûr, on retrouve aussi son découpage si original et unique des cases pour une lecture visuelle des scènes beaucoup plus dynamique. La palette des couleurs est globalement plus sombre mais ce sont l'histoire et l'ambiance qui veulent ça. En bref, on se surprend à dire "cette page est encore plus belle que celle d'avant !" et ce à chaque fois !

Urban Comics nous offre un bon travail d'édition pour cet album Hydrologie. Un Volume 1 moins fournit en pages que le Volume 0 mais tout aussi soigné, avec en primes des couvertures alternatives (seulement deux) par Amy Reeder, des illustrations de J.H. Williams III en noir et blanc, ainsi que certains de ses recherches et croquis pour personnages, couvertures ou décors.

Batwoman 1 : Hydrologie offre donc une bonne histoire qui approfondie les personnages de la série et introduit de nouvelles idées, avec un travail graphique amélioré et des bonus assez plaisants. Alors si vous avez lu et apprécié Élégie, ne vous arrêtez pas en si bon chemin, ce serait une erreur !

mercredi 12 septembre 2012

Critique de Batwoman 0 : Elégie


Informations :


Contenu VO : Batwoman Elegy Deluxe Edition (Detective Comics #854-860) ; Detective Comics #861-863
Scénario : Greg Rucka
Dessin : J.H. Williams III ; Jock
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 17 aout 2012
Pagination : 256 pages
Prix : 22.50 €

Synopsis :


Elevée par son père dans le respect des valeurs militaires, Kate Kane aspirait à devenir un des éléments les plus éminents de l'armée américaine, jusqu'au jour où son homosexualité fut dénoncée par un de ses condisciples. Désireuse de protéger les innocents, en souvenir du meurtre de sa mère te de sa soeur, elle trouva en Batman un modèle et mit sa fortune et ses connaissances au service de la justice pour devenir...Batwoman !

Critique :


Vous aimez les rousses ? Dans ce cas vous allez adorer Batwoman ! Introduite dans la série 52, magazine hebdomadaire de DC Comics qui présentait des personnages nouveaux ou secondaires, Batwoman est une super-héroïne qui n'a rien à envier aux autres protecteurs de Gotham. Elle n'est pas non plus à confondre avec Batgirl car c'est une femme de caractère, une forte tête motivée par le traumatisme du meurtre de sa mère et de sa soeur. Kate Kane est la jeune femme qui se cache sous le masque. Soldat émérite dont la carrière a été interrompue par la découverte de son homosexualité, Kate Kane a décidé de se battre pour la Justice après sa rencontre avec Batman. On peut d'ailleurs la considérer comme un Chevalier Noir au féminin. Aussi efficace que son modèle, Batwoman sait aussi avoir recours à la peur pour effrayer et combattre ses ennemis. Aidée dans la lutte par son père militaire qui lui fournit tout le matériel nécessaire, Kate Kane est une combattante, que ce soit dans la vie civile ou dans son costume rouge et noir de justicière.
Urban Comics réédite la saga Élégie, nous permettant de (re)découvrir ce personnage. La couverture est celle de la version Deluxe de l'édition américaine.
Dans cette histoire, Batwoman est au prise avec le Culte du Crime, une secte portée sur la magie noire qui a autrefois tenté de la sacrifier, car cette secte la considère comme l'élue de leur prophétie. Batwoman a réussi à leur échapper et a défait le dirigeant de cette secte. Mais le Culte a un nouveau chef, une psychopathe nommée Alice, particulièrement dangereuse et meurtrière. Elle sera aidée par Abbot, un dissident de l'ordre qui a le pouvoir de se transformer en loup-garou. En parallèle, Kate Kane essaie de se remettre de sa rupture avec l'officier de police Renee Montoya et elle ne tarde pas à faire la rencontre de Maggie Sawyer.

Greg Rucka, en plus d'être scénariste, est aussi romancier et cela se ressent dans la qualité de cette histoire. Le récit est partagé en 2 parties : Elégie et Go. Dans la première, Rucka nous raconte le combat de Batwoman contre Alice et son Culte du Crime mais aussi le quotidien de Kate Kane. On découvre alors la personnalité de cette dernière, ses mésaventures amoureuses, sa relation avec son père. Et c'est là que tout devient intéressant. En effet, le scénariste développe aussi bien le personnage de Batwoman que celui de Kate Kane. L'alternance des passages entre ces deux personnages permettent de donner autant de profondeur à l'un qu'à l'autre. De plus, à la fin d'Elégie, Greg Rucka nous livre une véritable bombe scénaristique, aussi inattendue et surprenante que géniale et excitante. La seconde partie, Go, permet alors de creuser les répercussions de cet élément et d'introduire de longs flashbacks sur la vie de Kate Kane. L'occasion d'approfondir encore plus le personnage, de mieux la comprendre et de connaître les origines de Batwoman. Le volume contient aussi une autre saga : Cutter qui narre les agissements d'un criminel psychopathe qui kidnappe et découpe de jeunes étudiantes. Là aussi cette histoire est très bien construite car on suit Batman et Batwoman qui enquêtent chacun de leur coté. Cutter permet aussi d'introduire Bette Kane, la cousine de Kate, qui veut devenir Flamebird et aider Batwoman en devenant sa coéquipière.

Le dessin de J.H. Williams III est d'une splendeur envoûtante. Son trait magnifique a la particularité de servir incroyablement le scénario. Son dessin suit l'ambiance des différents passages : un interrogatoire par la peur est graphiquement sombre, un combat de rue est dynamique, la tristesse d'une rupture amoureuse est visuellement palpable sur le visage de Kate... Mais ce qui est encore plus impressionnant c'est la façon dont le dessinateur construit ses pages via un découpage de case très original. Les scènes sont partagées dans des cases en forme d'éclairs ou de chauve-souris, et chaque case forme une scène plus vaste. On a ainsi des cases imbriquées dans des cases, des scènes dans des scènes. Le travail de couleur est aussi un des gros point fort de ce dessin. J.H. Williams III utilise une gamme de couleurs très étendue, ce qui magnifie encore plus son trait. Ce dessinateur possède vraiment un style unique dont on ne peut que tomber amoureux. Il est d'ailleurs d'une extrême régularité et chaque page est souvent aussi belle que la précédente, si n'est plus. Et le meilleur est qu'il est également capable de modifier son trait en fonction des scènes. Ainsi on note la différence entre les passages avec Batwoman et ceux avec Kate ou bien encore pendant les flashbacks. Jock s'occupe quant à lui de la saga Cutter. Même si son style peut en rebuter certains, il sert beaucoup les scènes d'actions et la cruauté du criminel. On finit par s'habituer à ce dessin particulièrement efficace dans des histoires sombres.

Urban Comics nous livre une très bonne adaptation de la version américaine, qui surpasse la récente édition de Panini Comics. Alors que celle-ci ne contenait que la saga en elle-même, la version d'Urban Comics renferme une préface de Rachel Maddow, une courte introduction sur le personnage, les couvertures originales et alternatives, des recherches de personnages, des pages de script, des planches en noir et blanc, et les biographies des auteurs.

Batwoman 0 : Élégie est un très bon comics, qui présente un personnage intéressant, une histoire très bien construite, un scénario intelligent, un dessin à tomber par terre, et le tout dans un album de qualité made in Urban Comics. Du haut de gamme en somme !

mercredi 5 septembre 2012

Critique de Grant Morrison présente Batman 2 : Batman RIP


Informations :


Contenu VO : Batman #672-681 ; 52 #30 et 47 ; DC Universe #0
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Tony Daniel
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 13 juillet 2012
Pagiantion : 288 pages
Prix : 22.50€

Synopsis :


Le Gant Noir se referme sur Batman et l'armée du Dr Hurt s'apprête à conquérir Gotham City. Les alliés du Chevalier Noir parviendront-ils à aider ce dernier, battu et brisé psychologiquement ? Bruce Wayne a-t-il enfin atteint la limite de ses capacités ? Sa guerre contre le crime s'achèvera-t-elle tragiquement avec sa mort ?

Critique :


La suite du run de Grant Morrison est arrivée ! Attention, numéro spécial : voici l'une des plus célèbres sagas modernes de Batman, le fameux Batman : RIP ! Urban Comics nous fait le plaisir de nous offrir cette saga, l'occasion d'en dévorer les pages et de juger soi-même la valeur de cette histoire.
Pour le coup, la couverture choisie est celle de Batman #681 dessinée par Alex Ross. Cette illustration, présentant le visage de Batman placé entre deux gargouilles, sous une pluie battante, donne une vision d'un Batman tourmenté, perdu dans ses doutes et questions sans réponses. Et des tourments, le Chevalier Noir en connaîtra beaucoup dans ces pages.
L'album débute avec les épisodes de la série 52, narrant les épreuves que Bruce Wayne a passé pendant son entraînement d'un an qu'il a suivi après les évènements d'Infinite Crisis. Les premières pierres sont posées. Puis, on enchaîne avec les épisodes de Batman 672 à 681, toutefois entrecoupés avec le DC Universe #0. Là, l'histoire commence avec l'attaque du Troisième Fantôme (présenté dans le tome 1), qui finit par blesser Batman en lui provoquant une crise cardiaque et le capture afin de le torturer. Pendant sa captivité, Bruce Wayne est en proie à de puissantes hallucinations où apparaissent le Bat-mite, l'elfe de la 5è dimension. Le héros parvient à se libérer mais l'ennemi s'échappe alors que sa collaboration avec le Gant Noir est mise à jour. Cette sombre organisation, dont l'identité du chef est encore un mystère, semble avoir de nombreuses connaissances sur le Vigilant, ce qui en fait un puissant ennemi. Lorsque le Gant Noir passe à l'attaque et que son dirigeant, le Dr Hurt, se montre enfin, la stabilité psychologique de Batman est quasiment détruite, ce qui le force à adopter l'identité du Batman de Zur-En-Arrh pour vaincre ses ennemis, auxquels s'est mêlé le Joker !

Grant Morrison nous livre une saga passionnante car pleine de rebondissements, de mystères et d'éléments si subtilement placés que l'histoire en devient tentaculaire. Ici, la complexité est telle que chaque détail compte. Le scénariste en profite aussi pour se pencher sur la psychologie du Prédateur Silencieux, nous montrant ses plus sombres recoins et les différentes strates de sa construction. De plus, les passages des hallucinations sont si nombreux et tellement bien écrits et représentés qu'on a parfois du mal à discerner le vrai du faux, le rêve et la réalité. Vers la fin du récit, Morrison présente un Batman comme jamais vu auparavant, exténué, brisé, à moitié fou, rempli de peur et contraint de se cacher parmi les sans-abris. Batman RIP est aussi l'occasion de retrouver de nombreux personnages (Robin, Nightwing, Talia Al Ghul, Damian Wayne, Jézabel Jet, le Joker) et d'en découvrir de nouveaux (les membres du Gant Noir, le Dr Hurt, le Bat-mite, les tueurs de démons à dix yeux). Grant Morrison parvient à faire le lien avec le passé et le présent de Batman en ramenant des éléments oubliés ou non racontés et dessine le futur du Croisé Encapé. La logique du long terme, bien qu'ayant fait un grand bon en avant dans ces pages, est renouvelée pour nous promettre un prochain final où, on l'attend, tous les indices seront rassemblés et mis bout à bout, pour enfin nous dévoiler la totalité de cette grande toile scénaristique.

Cette fois, Tony Daniel est à la charge de tous les épisodes Batman, hormis le Batman #675 dessiné par Ryan Benjamin, et c'est un pur bonheur. Ces illustrations sont splendides, ses doubles plages bluffantes, le tout avec un trait fin et régulier. L'artiste nous fait cadeau de très belles représentations du Batman, le plaçant parfois dans des endroits aussi sombres que lui. Mais il ne s'arrête pas là puisqu'il met autant d'effort à bien dessiner les autres personnages, même ceux qui font office de figurants dans les cases. Bref, du Tony Daniel au top de sa forme !

Urban Comics nous offre un beau volume bien soigné, dans la lignée du premier tome, avec une belle mise en page, une introduction sur le contenu de la saga, les couvertures originales d'Alex Ross et alternatives de Tony Daniel. Un bel objet en somme !

Ce Grant Morrison présente Batman 2 : Batman RIP est une merveille scénaristique et graphique, du moins pour l'univers Batman. Une histoire riche d'évènements, délicieusement complexe, si captivante qu'on ne peut que la lire en une fois. Son succès n'est vraiment pas usurpé. Si vous n'avez le premier tome, il vous faut celui-ci !

Critique de Kingdom Come


Informations :

 

Contenu VO : Absolute Kingdom Come ; Justice Society of America #22
Scénario : Mark Waid
Dessin : Alex Ross
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 8 juin 2012
Pagination : 336 pages
Prix : 28€

Synopsis :

 

Dans un futur possible, les super-héros d'antan ont été surclassés, puis remplacés par une nouvelle génération plus agressive, mais aussi plus amorale. Aussi, lorsque ces surhommes rayent accidentellement le Kansas de la carte des États-Unis, il revient au premier d'entre eux, Superman, de sortir de sa retraite et d'inculquer à cette nouvelle garde le goût pour la vérité et la justice. L'Homme d'Acier devra également combattre une association surprenante : celle de Lex Luthor, son pire ennemi, avec Batman, son ancien allié !


Critique :


Qu'on se le dise, Kingdom Come est un incontournable de l'univers DC Comics. Un récit entré au panthéon des super-héros, mondialement connu et reconnu. Pourquoi ? Je vous donnerais la réponse plus tard. Pour l'instant, je tiens à vous présenter cette masterpiece. Kingdom Come est ce qu'on appelle un Elseworld : un récit racontant une réalité alternative. Cette oeuvre est le résultat d'une collaboration très efficace, regroupant deux des plus grands auteurs de comics : Mark Waid et Alex Ross. Le premier est notamment le lauréat du prix Eisner Award 2012 pour meilleur scénariste. Le second est un dessinateur de légende, dont le style si réaliste est immanquablement associé à la peinture ou à la photographie. Mais je dois vous prévenir, Kingdom Come est, de par sa qualité, son contenu et les nombreux détails auxquels il fait référence, un comics peu accessible aux néophytes. Néanmoins, si la tentation de le lire est pour vous trop grande, n'hésitez pas et laissez-vous prendre par cette oeuvre qui vous en mettra plein la tête.
Urban Comics nous fait un joli cadeau en publiant cette histoire de légende. Et ils tapent fort en commençant par une couverture tout en beauté et sobriété, dont le dernier poster du prochain film consacré à Superman, Man of Steel de Zack Snyder, fait un beau clin d'oeil !
Comme dit plus haut, Kingdom Come raconte une réalité alternative. Ici, les héros de la Ligue de Justice sont entrés dans le troisième âge et ont pour la plupart pris leur retraite et raccroché leurs capes. Ainsi, Superman, qui a perdu la confiance de la population, est retourné à la ferme de Smallville pour y vivre son exil. Green Lantern a quitté la Terre, Bruce Wayne est devenu trop vieux pour enfiler le costume du Batman et Wonder Woman a été destituée de son rang de Princesse. Oui, le monde est devenu bien sombre. Si sombre que la nouvelle génération de héros poursuit les criminels dans une grande immaturité et en négligeant la sécurité des citoyens. Lorsque le combat de ces héros inexpérimentés conduit à la destruction du Kansas, Superman n'a d'autre choix que de revenir enseigner le véritable rôle d'un super-héros. Mais dans l'ombre, une guerre secrète se prépare, échafaudée par Lex Luthor et, fait surprenant, Bruce Wayne.

Mark Waid ne fait pas qu'écrire un comic-book, il rédige un essai presque métaphysique sur le sens de la Justice, de la responsabilité et du rôle des super-héros. Il a l'idée de faire commencer son histoire par la rencontre entre un vieil homme, Norman McCay, et le Spectre, entité cosmique chargée de surveiller les grands bouleversements de l'Univers et d'en porter les jugements. Ainsi McCay, en étant le narrateur, devient l'oeil du lecteur et son guide dans la progression et la compréhension de l'histoire. Au fur et à mesure que les deux compagnons voyagent, on découvre chaque scène, chaque introduction de personnages. On assiste alors au retour magistral de Superman, à la réunion de la Ligue de Justice, à la réalisation de leur plan censer moraliser la nouvelle génération, et à la préparation des divers camps jusqu'à l'éclatement totale de la guerre opposant les super-héros entre eux. Au fil des pages, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec un récit plus récent mais presque identique : Civil War chez Marvel. Mais les actions de la Ligue de Justice apportent des thèmes qui font réfléchir : les notions de Justice et Vérité, les moyens qu'on a le droit ou non de mettre en oeuvre pour les faire respecter et perdurer, le sens de l'héroïsme, la nécessité des héros, la place à accorder au peuple... Et puis Mark Waid prend un réel plaisir à transformer l'univers classique des héros DC, surprenant à chaque fois le connaisseur tout en l'amusant à chercher ce qui a changé ou non.

Alex Ross nous fait une véritable démonstration de son talent, en donnant le meilleur de lui-même. Ses dessins sont d'une beauté époustouflante, criant de réalisme. Chaque page, chaque case est une peinture, un tableau de maître.On se surprend même, à plusieurs reprises, à arrêter la lecture et scruter du regard tous les détails et la qualité du dessin. Kingdom Come est un pur émerveillement visuel. Bref, c'est beau !

Cette publication de Kingdom Come est un havre de bonus ! Urban Comics nous offre, sur ses 336 pages, pas loin de 100 pages de bonus. Au programme, une introduction d'Elliot S. Maggin, des rédactions de Mark Waid et Alex Ross sur leur oeuvre, la présentation de tous les personnages accompagnée de nombreux croquis, des notes et commentaires sur les pages de Kingdom Come qui expliquent toutes les références cachées, une longue galerie d'illustrations regroupant des couvertures pour divers formats ou magazines, des images promotionnelles, la conception d'une page, la distribution des rôles et la présentation des personnes dont s'est inspiré Alex Ross pour définir ses personnages, un article sur "l'héritage" de Kingdom Come, les figurines adaptées de l'oeuvre, l'arbre généalogique liant les héros de l'ancienne et de la nouvelle génération, des croquis préparatoires, et une postface de Clark Ross.

Kingdom Come est clairement une oeuvre majeure des comic-books, un graphic novel mythique. Et Urban Comics en témoigne son respect en publiant un volume magnifique et enrichi de bonus. En conclusion, un très beau et bon comics !

Critique de Batman Knightfall 1 : La Chute


Informations :


Contenu VO : Batman #489-497 ; Detective Comics #659-663
Scénario : Doug Moench, Chuck Dixon
Dessin : Jim Aparo, Norm Breyfogle, Jim Balent, Graham Nolan
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 6 juillet 2012
Pagination : 344 pages
Prix : 28€

Synopsis :


En planifiant l'évasion de tous les criminels de l'asile d'Arkham, Bane exécute le premier mouvement d'un plan minutieusement pensé. Son objectif est simple : détruire physiquement et mentalement le Chevalier Noir. Acculé, exténué, Batman est contraint de faire appel à ses dernières forces pour finalement s'avouer vaincu, pour la toute première fois.

Critique :


A partir des années 90, la direction de DC Comics décide de lancer de grandes sagas centrées sur un même héros. Ainsi sont imaginées la Mort de Superman et Batman Knightfall. Cette saga est découpée en 3 parties : Knightfall, Knightquest et KnightsEnd. Mais Urban Comics nous promet de publier l'histoire, jamais transcrite en VF jusqu'ici, dans une série en 5 tomes. Knightfall marque donc un tournant dans l'univers de la chauve-souris car elle initie toute la suite de la continuité Batman qui sera construite sur de tels formats. Mais Knightfall revêt un autre aspect, bien plus symbolique : la première défaite de Batman ! Ce récit devient alors d'une importance capitale, à tel point qu'il a récemment servi d'inspiration à Christopher Nolan pour la réalisation du troisième et ultime volet de sa trilogie Batman, The Dark Knight Rises.
La couverture, recolorisée pour l'occasion, est celle de Kelley Jones pour le Batman #497et annonce parfaitement le grand intérêt de cette saga : voir le Batman brisé par un ennemi surpuissant !
L'histoire de Knightfall commence par l'attaque de Killer Croc après sa réapparition à Gotham. Alors que Batman et Robin interviennent, ils sont interrompus par l'arrivée de Bane, un nouvel ennemi venu se charger de Killer Croc. Puis ce Bane, aidés de ses acolytes, se met à étudier secrètement le Chevalier Noir, devinant même son identité. Et ainsi s'installe le plan de l'ennemi : organiser l'attaque de l'Asile d'Arkham enfin d'en libérer tous les criminels, des plus insignifiants aux plus dangereux tels Poison Ivy, l'Epouvantail ou le Joker. La panique régnant à Gotham, Batman doit inlassablement arrêter tous les fous échappés, tandis que ses efforts répétés l'épuisent de plus en plus. Pendant ce temps, Bane attend, dans l'ombre, le moment où Batman aura atteint ses ultimes limites pour frapper un grand coup et finalement l'achever.

Le scénario de Knightfall étant étalé sur plusieurs séries, il est ainsi écrit par Doug Moench pour les épisodes de Batman et Chuck Dixon pour ceux de Detective Comics. Mais dans les 2 cas ils suivent la même logique. Si le début de l'histoire permet de présenter les personnages principaux de la saga (Batman, Robin, Bane, Jean-Paul Valley, le Dr Shondra Kinsolving) et de mettre les éléments en place (en s'axant sur le déroulement du plan de Bane), la lecture tient en haleine jusqu'à l'attaque d'Arkham. La suite est constamment basée sur le même modèle : un évadé attaque la ville (ce qui permet de présenter la pléiade d'ennemis de l'univers Batman), le Justicier l'arrête, tout en se crevant encore plus à la tâche. Seul l'épisode montrant le combat Robin vs Bane vs Killer Croc permet de faire une pause dans cet enchaînement qui finit par lasser. En revanche, la fin du récit rehausse le niveau scénaristique en narrant le moment où, après que Batman ait finalement contré le Joker, Bane vient lui porter le coup de grâce en le brisant, dans tous les sens du terme, le tout dans une pleine page inoubliable et illustrant à elle seule ce début de saga.

Le dessin de Knightfall suit l'alternance de scénaristes. On passe donc des traits de Jim Aparo à ceux de Norm Breyfogle, sans oublier Jim Balent (qui a certainement le meilleur coup de crayon) et Graham Nolan. Alors qu'on pourrait redouter cette alternance de dessinateurs, qui au premier abord sous-entend une alternance de styles, ici il n'en est rien car ces messieurs ont un style très identique. Bien entendu, l'histoire datant des années 90, le style graphique a un peu vieilli, mais si l'on a déjà lu Watchmen on ne sera pas gêné. Le bon point est donné aux jeux d'ombres et aux effets physiques tels les flammes des explosions, les courants d'eau ou la fumée. On notera aussi l'abondance des onomatopées, les "bim-bam-boum" rappelant encore une fois l'âge de ce comics.

Question édition, Urban Comics nous livre un album volumineux. En revanche, l'éditeur nous a habitué à mieux pour les bonus. Ici, à part une belle introduction utile à la compréhension du récit, les couvertures originales et de courtes biographies sur les auteurs, on se retrouve avec la publication Batman la plus appauvrie, ne renfermant aucun croquis ou autres travaux préparatoires.

Ce premier tome de la saga Knightfall nous apporte une récit historique dans la mythologie du Chevalier Noir mais avec un scénario redondant et une édition sans bonus. Toutefois, La Chute reste un agréable moment de lecture et dont la possession procure un sentiment de fierté, tant cette histoire est importante et célèbre !

mardi 31 juillet 2012

Critique de Batman Année Un


Informations


Contenu VO : Batman Year One - Deluxe Edition (Batman #404-407)
Contenu Multimédia : DVD et Blu-Ray de Batman Year One
Scénario : Frank Miller
Dessin : David Mazzucchelli
Editeur : Urban Comics
Date de Publication : 6 juillet 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 20€

Synopsis :


Enfant, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entraînement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime... mais sa tâche ne sera pas aisée. Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le costume du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon.

Critique :


Batman Année Un (ou Year One) est une histoire entrée au panthéon des comics, et pour plusieurs raisons. La première est qu'il s'agit d'un comics qui relate les origines de Batman. Bien sûr, cela a déjà été raconté dans d'autres comics Batman, mais Year One renferme les origines de Batman réadaptées à la continuité moderne. La seconde est que cette mini-série est l'oeuvre de deux monuments du comics, le légendaire Frank Miller (Sin City, The Dark Knight Returns, Daredevil...) et David Mazzucchelli. Les deux compères ont déjà collaboré ensemble sur la splendide saga Born Again de Daredevil, considérée par certains fans comme l'une des meilleures histoires Marvel. Tout cela en fait LE comics Batman que tout bon fan du Chevalier Noir doit avoir !
Pour la couverture, Urban Comics a choisi l'illustration d'une pub promotionnelle. Le dessin noir et blanc s'allie très bien avec le fond de couleur crème. On a donc une couverture tout en sobriété mais dont l'effet visuel n'est pas négligeable.
L'histoire d'Année Un est simple : au début du récit, on assiste à l'arrivée à Gotham des deux plus célèbres personnages de l'univers Batman, Bruce Wayne et Jim Gordon. Le premier revient en ville après son exil où il s'est entraîné pendant des années, tandis que le second vient prendre son poste de lieutenant au GCPD. La durée du récit, comme son nom l'indique s'étale donc sur un an, pendant lequel Bruce devient Batman et commence ses activités de justicier. Jim Gordon, en bon policier, est chargé de l'arrêter, ou du moins il essaie. Ce qui est sûr, c'est que les deux personnages sont confrontés à la criminalité et à la corruption, dans les rues pour Batman et dans les rangs de la police pour Gordon.

Le scénariste Frank Miller nous livre une histoire simple mais à l'efficacité redoutable. La construction du scénario s'organise autour de l'alternance entre les passages de Bruce Wayne et Jim Gordon. Les textes de narration suivent ainsi leurs points de vue et leurs pensées. Et c'est là que Year One devient incontournable car il livre tous les sentiments et les réflexions des deux protagonistes, donnant alors plus de force aux scènes capitales. Et Année Un ne manque pas de scènes d'anthologie, que ce soit la rencontre entre Bruce et la chauve-souris (passage mythique), l'irruption de Batman au dîner des Falcone, l'interrogation de Gordon sur l'évolution récente de sa vie, la première apparition de Catwoman... Même si Miller livre une histoire simple et courte, son récit pose parfaitement les bases de l'univers Batman et de tous les thèmes et constantes abordés dans la continuité. Le scénariste est aussi capable de glisser dans ses pages ce qui fait le propre des personnages, à savoir leurs caractères, leurs forces, leurs faiblesses, leurs motivations. De plus, grâce à l'alternance des passages, le rythme est très équilibré et partagé entre scènes d'actions et de dialogues. En revanche, le style de Miller est d'aller à l'essentiel. Les évènements manquent alors parfois de petits liens, mais cela est aussi logique étant donné les ellipses dans le temps. Year One en devient un récit brut mais dont la qualité n'en fait pas une faiblesse, bien au contraire.

Au dessin, David Mazzucchelli nous soumet des pages sublimes. Son style unique colle parfaitement à l'ambiance et ses pleines pages subliment les scènes d'importances. Grâce à lui, scénario et dessin entrent en symbiose. Son trait "à l'ancienne" pourrait en rebuter certains mais il est utile et adapté pour illustrer le passé de Batman. Et avec ce dessinateur, les expressions des personnages sont magnifiques ! Les décors sont très détaillés et pleins de réalité, surtout quand il s'agit de pièces fermées comme un bureau ou une chambre. Les couleurs suivent globalement la même gamme, soit des teintes sombres mais c'est le personnage et l'histoire qui veulent ça.

Niveau édition, Urban Comics fait honneur à ce comics de légende. Le format deluxe d'abord, un papier mat ensuite. De plus, l'éditeur profite de cette saga pour créer sa nouvelle collection, DC Premium, qui offre un pack comprenant un comics et son adaptation sur support multimédia (DVD ou jeu vidéo). Nous avons donc, en fin de volume, dans des pochettes plastiques attachées au papier cartonné, le DVD et le Blu-ray du film d'animation Batman Year One. Mais ce n'est pas tout ! En effet, Urban nous offre une montagne de bonus : introduction de Denny O'Neil, postface de David Mazzucchelli, ses premiers dessins, images promotionnelles, croquis de personnages, pages de script, esquisses de planches, travail préparatoire des pages (dessin puis encrage), couvertures originales, dessins originaux des diverses couvertures pour les éditions reliées US, note de Frank Miller et biographies des auteurs.

Avis sur le DVD du film : DC Animation a réalisé une parfaite adaptation du comics, respectant à la fois le scénario, l'empreinte visuelle et l'ambiance. Le travail d'animation est très bon, avec de beaux plans et effets. Certaines "micro-scènes" ont été rajoutées pour pallier au manque de lien entre les évènements dans la version comics. Mais par conséquent l'effet d'ellipse et d'avance dans le temps est moins palpable. Dans les deux cas, on se retrouve donc frustré. Le gros point est, pour moi, à attribuer au générique de fin avec une musique sublime (une adaptation d'une chanson de Moby) et la reprise de cases issues du comics pour accompagner le texte défilant. Un film bon jusqu'au bout en somme ! De plus, le DVD contient aussi des bonus : mini-documentaires sur les autres derniers films DC, plus le court-métrage DC Showcase : Catwoman en VOST.

Ce Batman Année Un d'Urban Comics est un volume indispensable. Une histoire mythique, une superbe édition, de très nombreux bonus, un combo DVD et Blu-Ray, et le tout pour 20€ seulement !
Si vous êtes fan de Batman, ACHETEZ-LE !

lundi 30 juillet 2012

Critique de Secret War



Informations : 


Contenu VO : Secret War #1-5 ; Secret War : From the Files of Nick Fury 1
Scénario : Brian M. Bendis
Dessin : Gabriele Dell'Otto
Editeur : Panini Comics
Date de publication : 4 juillet 2012
Pagination : 248 pages
Prix : 16.30€

Synopsis :


Quand Nick Fury découvre qu'il existe un lien inquiétant entre de nombreux criminels, il réunit certains des plus emblématiques héros Marvel, dont Wolverine, Spider-Man et Captain America. Leur mission top secret, que le gouvernement américain n'aurait sans doute jamais autorisée, donnera lieu à une rencontre explosive entre les membres de l'élite super-héroïque et mutante de New York.

Critique :


Secret War est un comics d'importance. Pourquoi ? Parce qu'il propose une sombre histoire liant les plus célèbres héros Marvel et Nick Fury, le directeur du SHIELD. Et les évènements qui s'y déroulent ont des conséquences capitales. Ainsi la couverture de ce Marvel Select, qui est une composition des 5 couvertures originales, est quelque peu trompeuse sur le contenu. La 4è de couverture, présentant un Nick Fury assis sur son fauteuil baigné dans l'ombre et pensif, est plus représentative du scénario.
L'histoire débute par l'agression de Luke Cage par une super-criminelle inconnue venue l'attaquer directement dans son appartement. Lorsque l'affaire remonte jusqu'au SHIELD, Fury s'empresse de se rendre dans la chambre d'hôpital de Cage. C'est dans ce lieu que se dérouleront les scènes du présent. Puis, retour un an en arrière : le SHIELD découvre que des super-vilains utilisant de la technologie de pointe dans leurs costumes ont tous reçu l'aide d'un autre criminel, apparemment basé en Latvérie. Nick Fury monte alors une opération secrète, aidé de Captain America, Spider-Man, Wolverine, Daredevil, Luke Cage et la Veuve Noire, pour remonter jusqu'à la source du problème, sans avoir reçu l'accord du gouvernement américain.

Question scénario, Secret War est plein de rebondissements ! Tout d'abord, l'idée de base est excellente : une opération qui pousse Fury à agir contre l'avis du gouvernement, le mettant dans une position borderline. Puis, cette histoire est montée entre différents flash-backs et retours au présent. Cela permet de montrer comment est née cette guerre secrète contre la Latvérie, mais aussi d'en constater les premières conséquences, qui ont d'ailleurs un impact direct sur les membres de cette super-équipe. Ainsi, on s'aperçoit vite que lorsque les super-criminels concernés reviennent se venger des héros, seul Captain America et Fury semblent être au courant du motif des agressions, les autres ayant apparemment tout oublié ! De plus, on comprend très vite que Nick Fury cherche à cacher un terrible secret sur cette opération illégale. Et c'est la que le scénario prend toute sa force, car il est construit de façon à nourrir de plus en plus d'interrogations au fil des pages pour finalement tout révéler à la fin, magnifiant l'impact de ce secret horrible. Mais attention, bien que le synopsis semble vendre le récit de l'opération en Latvérie, en réalité il n'en est rien. Secret War ne raconte QUE les conséquences de la bataille. En revanche, le scénario laisse aussi place à l'humour, que ce soit pendant les interrogatoires du SHIELD ou bien pendant la scène à bord de l'avion qui réunit les héros en partance. La scène finale offre un combat dantesque en plein New York, et ça, c'est toujours très apprécié. Mais le véritable but de Secret War est d'expliquer pourquoi Nick Fury disparaît de la scène héroïque et comment il est remplacé par Maria Hill.

Au dessin, Gabriele Dell'Otto nous offre une toile de maître de près de 200 pages ! Son style unique, proche de la peinture, magnifie les scènes de combat, de dialogues musclés, ou les diverses expressions des personnages. Seul les effets d'eau, de feu ou d'éclair sont discutables mais ce n'est pas si dérangeant que cela. Le traitement des ombres et lumières apporte de l'impact aux diverses scènes, en plus d'un réalisme prononcé.

Ce Marvel Select offre de très nombreux bonus ! Avec les Secret Files, ce sont , entre autres, rapports d'interrogatoires, dossiers secrets sur les héros et les vilains de l'histoire, détails du plan de la guerre secrète, et écoutes téléphoniques qui sont au programme. Ces bonus là sont intercalés entre les chapitres pour apporter plus de compréhension au récit mais aussi plus de background, renforçant l'importance de l'histoire dans l'univers Marvel. Enfin, à la fin du volume on retrouve couvertures originales, croquis de chara-design, des découpages de planches, des notes des auteurs mais aussi deux introductions par Andy Schmidt et Adam Cichowski sur le travail réalisé. Un vrai bonheur !

En conclusion, ce Secret War n'est autre qu'une super histoire, dans un super format, avec de super bonus, et le tout à un super prix !

dimanche 29 juillet 2012

Critique de Star Wars : Le Cycle de Thrawn - Intégrale


Informations :


Contenu VO : Star Wars : Heir of the Empire #1-6 ; Star Wars : Dark Force Rising #1-6 ; Star Wars : The Last Command #1-6
Scénario : Mike Barron (d'après le roman de Timothy Zahn)
Dessin : Olivier Vatine, Fred Blanchard, Terry Dodson, Kevin Nowlan, Edvin Biukovic, Eric Shanower
Editeur : Delcourt
Date de publication : 20 juin 2012
Pagination : 452 pages
Prix : 35€

Synopsis :


Cinq ans ont passé depuis la chute de l'Empire. Luke Skywalker est devenu le premier d'une nouvelle longue lignée de Chevaliers Jedi, tandis que la Princesse Leia et Han Solo se sont mariés et attendent des jumeaux. Mais la galaxie n'en est pas pour autant un endroit paisible et sûr. La Flotte Impériale défaite a trouvé un nouveau commandant en la personne de l'un de ses anciens Seigneurs de Guerre de Dark Sidious. Le Grand Amiral Thrawn a en effet mis la main sur deux découvertes qui pourraient détruire Luke, mais aussi l'Alliance et la Nouvelle République.

Critique :


Le Cycle de Thrawn est sans doute la saga la plus célèbre de l'Univers Étendu de Star Wars. A l'origine, cette histoire a été écrite dans les pages des romans de Timothy Zahn. Puis, à la suite de son succès, la saga a été adaptée en comics par Mike Barron pour le scénario, assisté d'un collectif pour le dessin.
Précédemment publié par Delcourt sous forme de BD individuelles, le Cycle de Thrawn est ici pour la première fois réuni dans une intégrale. Et Delcourt marque le coup en présentant un volume luxueux et sobre à la fois. La couverture choisie rappelle les posters utilisés pour la promotion des films de la Trilogie Classique, avec ce Luke Skywalker plein d'espoir surplombé par le visage du Grand Amiral Thrawn pour représenter la menace de la galaxie.

Le Cycle de Thrawn est d'ailleurs un bien bel écho à la Trilogie Classique et on y retrouve d'ailleurs tous les éléments clés : le groupe de Luke, Han et Leia, l'Alliance Rebelle, l'Empire, les contrebandiers, des planètes lointaines peuplées d'étranges indigènes, des batailles spatiales à grandes envergures...
Le récit débute par la présentation du Grand Amiral, à la tête des Vestiges de l'Empire, qui échafaude un plan majeur, bien décidé à se débarrasser une fois pour toute de l'Alliance Rebelle afin de dominer la galaxie. Pour ce faire, il aura besoin de 2 choses : les ysalamiris, lézards capables de bloquer la Force dans un certain périmètre, et l'arsenal du Mont Tantiss, forteresse secrète de l'Empereur qui dissimule un système de clonage utra-performant. La visite de cette forteresse est aussi l'occasion pour Thrawn d'en recruter le gardien, un Jedi Noir à moitié fou nommé Joruus C'Baoth. Du coté de la Nouvelle République, Luke Skywalker tente de reformer l'Ordre Jedi, tandis que Han et Leia attendent des jumeaux, tout cela sous des tensions politiques naissantes au sein du Conseil de l'Alliance à la tête du gouvernement.

Ce qui frappe d'abord dans ce récit c'est le traitement des personnages. Les personnages principaux sont très bien menés, comme Thrawn qui est ici dépeint comme un stratège inégalé et machiavélique mais parfois arrogant et sûr de lui ou bien Leia, dépeinte en jeune femme intègre et audacieuse, dont le plaisir de l'aventure est nuancé par sa situation de jeune mère. En revanche les personnages secondaires manquent de matière et à ce niveau la médaille revient, malheureusement, à Chewbacca qui se retrouve réduit à un simple rôle de garde du corps ne prononçant que quelques "growr" dans ces centaines de pages. Même chose pour le couple de droïdes R2-D2 et C-3PO que l'on ne voit presque pas. Vient ensuite l'ambiance qui propose un véritable calque des films de George Lucas ! Avant même la fin de la première partie, on se surprend à dire : "voilà, c'est ça Star Wars !" Le Cycle de Thrawn transmet beaucoup d'émotions puisqu'il offre de l'aventure, de l'action, des machinations, des moments de tendresse et surtout du suspens, beaucoup de suspens ! En effet, puisque Thrawn est un parfait stratège, il a toujours au moins un coup d'avance sur les Rebelles. Et on se retrouve donc dans l'attente du moment où les héros vont découvrir la prochaine étape du plan impérial et comment ils vont y réchapper. Mais cette histoire permet aussi d'introduire de nouveaux personnages qui deviendront par la suite des piliers de l'univers Star Wars, tels que Mara Jade et Talon Karrde, à qui on s'attache très vite et aimer leurs passages respectifs. Mais dans un récit d'une telle longueur, le rythme est parfois dur à tenir et cette saga n'échappe pas à la règle. La baisse de tension et d'évènements vers le milieu de l'histoire provoque une perte d'intérêt et d'engouement pour le lecteur. Mais la troisième partie, peut-être la meilleure, rattrape le tir et réussit à passionner. En revanche, il subsiste une ombre majeure au tableau : la fin. Alors que le récit s'étale sur plus de 400 pages, la fin elle est bouclée en seulement 2 pages ! Grande déception...

Étant donné que le Cycle de Thrawn se partage en 3 parties (L'Héritier de l'Empire, la Bataille des Jedi et l'Ultime Commandement) il y a donc 3 styles graphiques plein de surprises. La première partie est dessinée par Vatine et Blanchard et, bien que le trait peut au départ géner, on s'y habitue très vite et on finit par l'apprécier. Ensuite, le dessin de Dodson pour la seconde partie offre des visages magnifiques et criant de réalisme et de ressemblance avec les acteurs des films. Le dessin de Biukovic pour le dernière partie est une bonne transition avec la deuxième, rappelant parfois le trait de la première. Néanmoins, l'unité graphique est assurée par une composante essentielle dans ce volume : la couleur, dont la palette offre les même nuances sur toutes les pages et ainsi l'oeil n'est pas troublé. Le gros point à attribuer au dessin est pour la représentation des vaisseaux et surtout des Destroyers stellaires tout à fait sublimés !

Les bonus sont limités aux couvertures originales mais cela n'est guère surprenant car Delcourt a l'habitude de n'offrir que cela comme bonus dans ses publications. Mais un effort pour cette intégrale aurait été apprécié.

Cette Intégrale du Cycle de Thrawn propose donc une histoire passionnante, fidèle à l'univers Star Wars et à son ambiance, publiée dans un volume de qualité. Une belle occasion de découvrir une belle saga !

mercredi 11 juillet 2012

Critique de Grant Morrison présente Batman 1 : L'Héritage Maudit



Informations :


Contenu VO : Batman #655-658, 663-669
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Andy Kubert, J.H. Williams III, John Van Fleet
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 22 juin 2012
Pagination : 272 pages
Prix : 22.50 €

Synopsis :


Batman a déjà affronté Talia al Ghul et son empire du crime à plusieurs reprises, mais leur lutte prend un tour bien plus personnel lorsqu'elle présente au héros le fils issu de leur union : Damian ! Malgré son jeune âge, il est déjà un assassin de renom et Tim Drake, alias Robin, ne tarde pas à en faire les frais ! Pour Batman, c'est le début d'une épopée qui va l'amener à revisiter toute son histoire et redécouvrir des alliés comme des ennemis passés.

Critique :


Cet album est un peu particulier pour plusieurs raisons. La première est qu'il s'agit du début du run de Grant Morrison sur la série Batman. La seconde est qu'il est composé de plusieurs histoires, bien qu'elles s'embriquent toutes les unes dans les autres et ont leur importance pour le long terme. Ainsi cet "album-recueil" regroupe les sagas Le Fils de Batman, Les Trois Fantômes, Bethlehem, Le Club des Héros (ou L'Ile de Mr Mayhew) et Au Clown de Minuit. Il y aura donc une critique pour chacune de ces histoires.

Le Fils de Batman (Batman #655-658) : L'histoire démarre en trombe sur l'arrestation du Joker pour ensuite découler sur l'attaque d'une armée de Man-Bats menée par la dangereuse Talia al Ghul pour que celle-ci présente soudainement à Batman son propre fils, dont l'existence lui a été cachée afin qu'il devienne un parfait assassin pour la Ligue des Ombres. Niveau scénario, Grant Morrison explore de belles idées. Premièrement, le début de l'histoire permet de réveiller le point de vue de Batman sur l'utilisation des armes à feu. Ensuite il fait revenir Talia à la tête de l'empire criminel de son père, plus déterminée que jamais à poursuivre cette sombre idéologie destructrice. Puis Morrison introduit une véritable bombe dans l'univers de Batman : un fils biologique ! Voici alors Damian Wayne, un jeune garçon élevé en tant qu'assassin par sa terrible mère. Damian est ici dépeint comme le contraire du Boy Wonder, un garçon plein de colère et de violence, dont l'art du combat est effroyablement efficace. Devant cette révélation, Batman est partagé entre la volonté de prendre Damain sous son aile et de l'éduquer comme un véritable fils, et la méfiance pour un enfant qu'il ne connaît pas et qui a été élevé par une des plus dangereuses criminelles du monde. Il est toutefois très intéressant de voir la relation père-fils s'installer, relation d'ailleurs explosive où se mélangent caprices d'adolescent et discours paternels moralisateurs. Ce qui est sûr, c'est que Damian est un garçon au caractère bien trempé qui, en tant que fils de Batman, n'hésite pas à blesser Robin pour revendiquer le costume et prendre sa place auprès de son père. Le personnage de Damian reste une merveilleuse idée scénaristique et la relation père-fils, bien que seulement introduite ici, nous change des habituelles mondanités de Bruce Wayne. Niveau dessin, Andy Kubert est parfois irrégulier sur cette saga. Son travail sur Tim Drake est raté mais les expressions données aux personnages, notamment l'effroi ou la colère sont plutôt réussies.

Les Trois Fantômes (Batman #664-665) : L'histoire consiste en une enquête autour de policiers véreux liés à des agressions de prostituées. Batman va vite découvrir que ces flics, ces "Trois Fantômes" sont peu ordinaires. En effet le premier se déguise en Batman et porte une arme. L'autre utilise le venin de Bane. Le troisième reste inconnu mais il semblerait qu'ils soient tous là pour incarner les peurs et les traumatismes de Batman. C'est en tout cas une belle occasion de voir Batman et Robin opérer ensemble. L'histoire s'achève en laissant planer le doute qu'une menace plus grande encore est sur le point de s'abattre, ce qui nous rappelle que le run de Morrison est basé sur le long terme. Les dessins de Kubert sont meilleurs sur cette histoire, de même que les couleurs.

Bethlehem (Batman #666) : Pour le 666è épisode, Grant Morrison nous livre le Damian du futur, juste après nous l'avoir présenté précédemment. L'histoire est ici basée sur un fond biblique où un criminel habillé en Batman et se prétendant être le fils de Satan terrorise Gotham. Après la mort du Batman que nous connaissons, Damian a repris la mission de son père, à savoir nettoyer le monde de la criminalité. Mais il incarne un Batman bien plus violent et extrémiste que son père. Il n'hésite d'ailleurs pas à tuer ses ennemis. Cette version de Damian est crédible, dans le sens où son évolution future est logique étant donné son tempérament dans le présent, d'autant plus qu'il est libre de ses moyens, sans mentor pour le guider. Là encore, c'est Andy Kubert qui dessine et il maintient la qualité observée sur les précédents numéros.

Le Club des Héros (Batman #667-669) : Dans cette histoire, Batman et Robin se rendent sur l'île de Monsieur Mayhew, où le vieux Club des Héros se réunissait autrefois, suite à une mystérieuse invitation. Après une rapide présentation des différents personnages comme le Chevalier et l'Ecuyer ou El Gaucho, les héros visionnent un message du meurtrier de John Mayhew, qui dit appartenir à la troublante organisation du Gant Noir. Les protagonistes mènent alors l'enquête mais chacun se méfie de chacun car le tueur est parmi eux. Si cette histoire a surtout pour but d'introduire la série Batman Inc. pour plus tard, elle a néanmoins le mérite de créer une atmosphère de Cluedo géant, ce qui est assez plaisant et original. J.H. Williams III a la charge du dessin et son style est unique et beau. Sa manière de découper les cases au sein des pages est formidable car pleine d'originalité. De plus, il est capable de modifier son trait pour aborder les flash-backs. Rien à redire !

Au Clown de Minuit (Batman #663) : Cet épisode est vraiment à part ! Déjà, il s'agit plus d'une nouvelle que d'un comics. L'histoire parle de la tentative d'évasion du Joker de l'Asile d'Arkham et aussi de sa restructuration mentale après une terrible opération. La narration oscille entre les points de vue du Joker, de Harley Quinn et Batman. Le style est assez tordu pour coller aux personnages et à l'ambiance dérangeante du récit. Les quelques images d'illustration, réalisées par John Van Fleet sur ordinateur, offrent seulement une maigre représentation de ce qui se passe. Cet épisode final peut laisser un goût amer voire un sentiment d'inachevé. Mais il faut se dire que l'intérêt du volume est ailleurs et presque ignorer l'importance de ce Clown de Minuit.

Urban Comics nous offre le premier DC Signatures consacré à Batman et pour la première fois les bonus sont quasi inexistants ! Nous n'avons que quelques couvertures originales et seul les petites notes éditoriales sur les coulisses de chaque épisode offrent un peu d'attrait. Mais heureusement, l'album a pour couverture celle du Batman #655, ce qui rattrape le coup et en fait un bel objet à détenir !

Bien que le contenu soit irrégulier et hétéroclite, ce Grant Morrsion présente Batman 1 est un ouvrage à avoir, ne serait-ce que pour connaître la continuité moderne du Chevalier Noir. On ne peut ainsi qu'attendre impatiemment la suite, contenant la célèbre saga Batman : RIP !