lundi 28 janvier 2013

Critique de Wolverine : Ennemi d'Etat


Informations :


Contenu VO : Wolverine (Vol. 3) #20-31
Scénario : Mark Millar
Dessin : John Romita Jr
Éditeur : Panini Comics
Date de publication : 10 octobre 2012
Pagination : 304 pages
Prix : 16.30€

Synopsis :


Sous l'emprise de la Main, Wolverine taillade allègrement amis et ennemis... jusqu'à la mort d'un X-Man ! Mais dans ce déchaînement de violence, le plus féroce des mutants de la planète résistera-t-il au regard tueur de Gorgone ?

Critique :


Le nabot griffu pointe le bout de ses poils et ça va trancher ! Wolverine : Ennemi d'Etat est un récit qui fait rêver. A commencer par la tête d'affiche : Mark Millar au scénario, John Romita Jr au dessin et Wolverine en personnage principal. L'équation produit une histoire dingue, pleine de rebondissements et d'humour, mais aussi assez violente. Mais que voulez-vous, Logan est un vrai boucher. Et dans cette histoire il se lâche totalement, même si on l'aide un peu. En effet, lors d'une enquête sur la disparition du fils d'amis japonais, le mutant est pris en embuscade par une secte mutante japonaise, dirigée par Gorgone, un mutant qui a le même pouvoir que son modèle mythologique. Placé sous le contrôle mental de la Main, alliée à la secte mais aussi à l'Hydra, Wolverine est renvoyé contre le S.H.I.E.L.D. et la communauté super-héroïque.

Mark Millar offre dans ce récit une bonne occasion à Wolverine de montrer pourquoi il est "le meilleur dans sa partie". Il pose aussi une question intéressante : que se passe-t-il quand Wolverine devient dingue et se met à attaquer tout le monde ? Réponse : des cadavres à la pelle et le S.H.I.E.L.D. qui fait dans son froc ! Le scénariste a découpé son récit en deux story-arcs directement liés : Ennemy of the State et Agent of S.H.I.E.L.D. La première partie ne présente pas grand intérêt, si ce n'est de poser les bases et d'enchaîner les assauts de Wolverine, en faisant ressortir son côté de prédateur animal. Le seul point positif serait peut-être de voir Logan prisonnier de son corps et agissant contre sa volonté. Mais en même temps c'est une idée si basique ! Tout devient beaucoup plus intéressant dans la seconde partie, après que Wolverine ait tué un X-Man et été récupéré par le S.H.I.E.L.D. Mark Millar nous présente alors un Wolverine parti en croisade, ce qui nous remet à l'esprit à quel point il peut être téméraire et sadique. Et là, ce n'est plus Wolverine qui se lâche mais Millar. En effet, le scénariste nous livre un mutant ultra "badass" dans une action proche d'un jeu vidéo avec le système de niveaux et de boss de plus en plus puissants. Mais le scénariste se met aussi à faire dans l'excès et le (trop) exagéré. Le griffu est donc mis sur un piédestal, devenu un homme capable de tuer des dizaines de milliers de ninjas à lui tout seul. De même, Gorgone semble être un ennemi imbattable et surpuissant, tellement que ça en devient ridicule. Et puis quelle idée de lui faire faire des choses avec la vieille Von Strucker ! Néanmoins, le scénariste prend le parti de montrer quelque chose qui est souvent vrai dans l'univers Marvel : un S.H.I.E.L.D. inutile, désemparé et inefficace. Si certains n'en étaient pas encore convaincu, Millar vous le prouve ! Ennemi d'Etat a aussi l'avantage de faire croiser tous les principaux personnages Marvel tels que Captain America, Nick Fury, les Quatre Fantastiques, Elektra, Daredevil, les X-Men et même Spider-Man. La fin est le seul moment de drame qui fait réfléchir et rajoute aussi à la constante de l'homme en peine. Mark Millar nous rappelle donc que même si Wolverine est une arme vivante, c'est avant tout un homme à la vie des plus tragiques.

John Romita Jr dessine l'intégralité de l'action. Son style unique peut aujourd'hui en rebuter quelques uns, car la qualité de son trait a baissé. Mais ce récit datant de 2005, le talent est encore au rendez-vous. Les expressions des personnages sont donc correctes, de même que la représentation de l'action, et les décors sont aussi très bien travaillés. Cependant, on ne peut pas s'empêcher de remarquer que dans certaines cases, le dessinateur a fait le choix de prendre des raccourcis et de faire au plus simple. On a donc parfois des personnages au second plan dessinés au strict minimum (comprenez un rond pour la tête, et de simples traits pour les yeux et la bouche) ou des décors parfois vides ou même carrément pas dessinés ! Et ça n'engage que moi, mais les doigts carrés et plats je ne les supporte pas. Malgré tout, chaque épisode se termine sur une pleine plutôt bien travaillée (mention spéciale au portrait de Von Strucker). Romita Jr nous offre aussi quelques double-pages impressionnantes qui servent bien l'action correspondante. C'est donc un dessin mitigé, avec de bonnes choses mais aussi des défauts qu'on ne voudrait pas voir, que renferment ces pages.

Niveau édition, Panini Comics a fait quelques efforts. Une introduction de Garth Ennis accueille le lecteur, suivi d'un découpage en chapitres. Les couvertures originales et variantes sont présentes, mais placées de façon irrégulière dans les pages. Enfin, une courte biographie sur les auteurs complètent le tout.

Wolverine : Ennemi d'Etat est donc un récit à la hauteur du personnage, avec une action simple, pleine d'énergie et de violence. Pas de grands bouleversements ni de réflexions poussées mais juste des griffes d'adamantium qui tranchent tout sur leur passage. Certes, ça fait du bien quelquefois, et c'est le personnage qui veut ça, mais on regrette que Wolverine soit condamné à ne vivre que des aventures de ce genre, aussi plaisantes soient-elles.

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