mercredi 24 octobre 2012

Critique de Superman Action Comics 1 : Genèse


Informations : 


Contenu VO : Superman Action Comics Vol. 1 : Superman and the Men of Steel
Scénario : Grant Morrison
Dessin : Rags Morales ; Andy Kubert
Éditeur : Urban Comics
Date de Publication : 28 septembre 2012
Pagination : 256 pages
Prix : 22.50€

Synopsis :


Arrivé depuis peu à Métropolis, Clark Kent prend ses marques en tant que reporter, et fraye avec les journalistes du Daily Planet, Jimmy Olsen et Lois Lane. Mais il défend également la justice sous le costume de Superman, s'en prenant autant à la corruption politique qu'aux machines futuristes qui envahissent sa ville !

Critique :


Le nouveau Superman est arrivé ! DC Comics ayant eu recours au relaunch il y a de ça maintenant un an, une version New 52 de Superman a été créée. En VO, il y a deux séries consacrées à l'Homme d'Acier : Superman et Action Comics. Il faut savoir qu'Action Comics, série historique dans laquelle est apparu pour la première fois le plus vieux super-héros du monde, n'a jamais subi de relaunch. Urban Comics a décidé d'éditer les deux séries mais dans des formats différents. En effet, tandis que la première est publiée en kiosque dans le magazine DC Saga, la seconde a droit à un format exclusivement librairie.
En guise de couverture, Urban Comics a choisi une variant de Rags Morales utilisée en VO pour le Volume 1 d'Action Comics et utilisée en VF par Urban pour promouvoir le lancement de leur collection DC Renaissance. Dans cet album, Superman est confronté aux politiciens véreux de Métropolis, à l'armée qui considère ce surhomme extra-terrestre comme une menace dangereuse, aux machinations de Lex Luthor et à l'attaque d'un virus informatique d'origine extra-terrestre souhaitant "collectionner" la Terre.
Cet album contient les numéros Action Comics #1 à 8 et est donc découpé en plusieurs parties : l'histoire principale (#1, 2, 3, 4, 7 et 8), une histoire avec la Légion des Super-Héros (#5 et 6) et des interludes et récits annexes (#4, 7, 5 et 6).

Grant Morrison est à la charge du scénario. Il nous présente à la fois un nouveau Superman et un nouveau Clark Kent. Ainsi le héros est encore jeune et ne dispose pas encore de tous ses pouvoirs car il ne sait pas encore voler, et sa force et sa vitesse n'ont pas encore atteint leur pleine capacité. Sa résistance n'est donc pas encore maximale et il peut être blessé. Clark est quant à lui en pleine jeunesse, avec ses idéaux de justice et d'égalité sociale qui lui font croire qu'il peut s'attaquer au système facilement et de façon absolue. Clark Kent n'hésite donc pas à critiquer ouvertement la corruption dans les articles de son blog ou du Daily Star. Car oui, le journaliste venu du Kansas n'est pas encore au Planet ni ne travaille avec Lois Lane et Jimmy Olsen, bien qu'il soit ami avec ce dernier. Tout cela a des répercussions sur la façon d'agir de Superman qui est devenu plus violent, déterminé à combattre le mal, mais aussi plus arrogant, surtout avec les forces de l'ordre qu'il n'arrête pas de narguer en raison de leur faiblesse humaine. Superman est donc conscient de son état de surhomme et en abuse parfois, ce qui divise la population de Métropolis. En effet, bien que ses actes soient louables, ses agissements et le nombre considérable de dommages collatéraux qu'il cause à chaque intervention font naître des doutes chez les habitants, d'autant plus avec cette rumeur d'origine extra-terrestre. Mais le scénariste rééquilibre la balance lors de l'attaque de Métropolis d'un ennemi de Krypton, où à la fin Superman décide d'être plus responsable et jure de devenir le protecteur de la Terre. Morrison place aussi des flash-backs prenant place sur Krypton permettant de présenter la famille El et de narrer la destruction la planète. De plus, les évènements sont tels qu'ils introduisent un nouveau héros qui semble en premier lieu plus responsable et mature que Superman. Ainsi les épisodes avec le "Pousseur d'Acier" sont assez appréciables car ils montrent les raisons de l'héroïsme et sa valeur. Le récit avec la Légion est quasiment inutile et n'a d'autre intérêt que de présenter ces héros du futur (très mal introduits et trop tôt dans la série à mon goût) et d'en rajouter une couche sur l'incroyable volonté de Superman. Cette histoire est aussi la plus éloignée de la trame principale car elle met en place des éléments cosmiques qui peuvent déranger le lecteur, d'autant qu'ils ont pour base un lien bancal avec la fusée de Superman. Enfin, le dernier épisode centré sur le jeune Clark est intéressante car elle raconte le passé du couple Kent et à quel point les parents de Clark désiraient un enfant.

Cet album contient un collectif de dessinateurs mais les principaux sont Rags Morales (en charge de l'histoire principale) et Andy Kubert (qui s'occupe de la partie avec la Légion). Le premier livre un travail satisfaisant mais parfois irrégulier, surtout sur les expressions et les visages, même si quelques cases montrent un niveau de détail assez poussé. Andy Kubert marque sans effort le meilleur point en ayant un joli trait, bien plus régulier et dynamique que son compère, avec des expressions mieux travaillées. Mais on l'a également déjà vu faire mieux car ici, bien que son travail soit bon, il ne donne pas tout son potentiel. Brad Walker dessine le Pousseur d'Acier avec un réalisme certain et un coup de crayon fin et très soigné. Chriscross dessine les Kent avec un trait plus simple mais assez plaisant et en phase avec la douceur du récit.

Urban Comics a fait un choix d'organisation des numéros assez troublant. En essayant de respecter au mieux l'ordonnancement de l'intrigue, les épisodes s'enchaînent de façon perturbante. Ainsi l'album débute avec l'histoire principale puis continue avec le court récit du Pousseur d'Acier, ce que je ne reproche pas car les deux sont particulièrement liés voire parallèles. Mais la suite est composée de l'aventure de la Légion puis le passé de Jonathan et Martha Kent. Le plus judicieux aurait été d'inverser cet ordre, pour insister sur le caractère particulier de la Légion, message qui serait mieux passé si ces épisodes avaient été placés en fin d'album. Question bonus, l'éditeur nous gâte en ajoutant les couvertures originales à chaque début de chapitres, une galerie de couvertures variantes et les "coulisses" des épisodes principaux ainsi que la vision des auteurs. Il faut aussi noter une courte note rédactionnel sur l'univers de la Légion afin de mieux comprendre ce qu'elle est. Un bon travail qui permet de passer l'éponge sur l'ordre discutable des épisodes.

Superman Action Comics 1 : Genèse présente donc une histoire plaisante mais quelque fois confuse, qui a cependant le pouvoir d'intéresser grâce à la nouvelle caractérisation de Superman. Mais il n'y a pas de cliffhanger qui donne envie pour la suite. C'est toutefois un album bien fourni en bonus mais étrangement agencé. Il en découle un résultat mitigé tant sur la forme que sur le fond, certains aimeront, d'autres pas !

dimanche 21 octobre 2012

Critique d'Aquaman 1 : Peur Abyssale


Informations :


Contenu VO : Aquaman Vol. 1 : The Trench (Aquaman #1-6)
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Ivan Reis
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 28 septembre 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Après des années à régner sur le royaume d'Atlantide, Arthur Curry, dit Aquaman, décide de revenir au monde de la surface avec son épouse, Méra. Mais le retour à la "vie civile" ne se fera pas sans peine, entre la méfiance des autorités à son égard, et les attaques de créatures cannibales issues des profondeurs de l'océan !

 

Critique :


Croyez-vous en l'existence de l'Atlantide, ce royaume sous-marin légendaire ? Si son existence est dur à prouver, celle de son roi est en revanche indéniable. Arthur Curry est Aquaman, super-héros et souverain Atlante ! Personnage peu connu du public français, il est pourtant l'un des membres fondateurs de la Justice League. Justement, DC Comics profite de son relaunch et de la présentation de la nouvelle Justice League pour créer un Aquaman version New 52. Et c'est avec bonheur qu'Urban Comics nous édite cette toute nouvelle série en VF.
Dans Peur Abyssale, le ton est donné dès le départ avec cette couverture d'Aquaman #1. Aquaman a décidé de renoncer au trône de l'Atlantide et de vivre sur la terre ferme avec sa femme Méra, une Atlante. Bien qu'il soit décidé à vivre une vie tranquille, de nombreux problèmes s'opposent à lui. Son image publique n'est pas des plus glorieuses et il doit faire face au railleries des habitants d'Amnesty Bay. De plus, il doit aussi apprendre à Méra comment s'adapter à la société civile. C'est sans compter la nouvelle menace d'une race de créatures marines humanoïdes venues des profondeurs de l'océan, une tranchée abyssale remplie de mystères.

Geoff Johns, l'omniprésent scénariste des New 52, nous écrit une belle histoire aux multiples qualités : simple, intéressante, drôle par moments, bien rythmée, ponctuée de quelques flash-backs et donc tout à fait plaisante ! Les évènements s'enchaînent avec une grande fluidité et ne sont pas remplis de détails. Il n'y a donc aucun casse-têtes à résoudre à mesure qu'on tourne les pages. En quelques pages, Johns nous identifie son personnage, présente ses pouvoirs, ses relations et même son histoire grâce à quelques souvenirs de son enfance habilement placés en relation avec la situation présente. De plus, les six numéros ici édités peuvent être coupés en deux : l'une racontant l'histoire principale (le combat contre les monstres marins) et deux épisodes qui placent Aquaman et Méra respectivement dans deux actions parallèles. Ces deux épilogues permettent ainsi de conclure le premier arc et de préparer le terrain pour les prochaines aventures en distillant quelques intrigues sur l'Atlantide elle-même. Le traitement des personnages est sans nul doute le grand intérêt de ce récit. En effet, Arthur Curry est en premier temps confronté à la population et aux préjugés que les gens ont sur lui. Puis, il s'interroge sur le bien fondé de sa décision et son abandon du trône. Qu'importe, l'amour de Méra lui suffit et il cherche à profiter pleinement de leur relation. Puis, son sens du devoir le pousse à reconquérir le coeur des habitants et à les protéger des menaces, contre lesquelles il éprouve d'ailleurs du remord à combattre car elles viennent du monde aquatique qu'il a juré de protéger. Aquaman est donc placé entre le marteau et l'enclume et doit donc trouver sa place. Notez aussi que Geoff Johns a voulu redorer le blason du héros. Et il fait très bien en présentant dès l'introduction un Aquaman plus "badass" que jamais !

Ivan Reis est sans nul doute un dessinateur talentueux et il nous le prouve encore dans ces pages ! Son trait régulier et ultra-dynamique permet de magnifier l'action. Ses expressions superbes rendre palpables les émotions de l'instant. Son travail des décors livre un niveau de détail incroyable, j'attribue d'ailleurs une mention spéciale à la scène de crime sur le port ! Les effets d'eau ou autres éléments physiques comme le sable ou la fumée sont criants de réalisme. Le jeu de lumière est également bien travaillé. Tous ces facteurs peuvent parfois se retrouvés réunis dans pleines pages à couper le souffle ! De plus, le trait est capable de changer lors des flash-backs, ce qui renforce lesdites scènes. Il ne faut bien sûr pas oublier qu'un tel travail est superbement récompensé par une colorisation sans failles de Joe Prado !

Urban Comics nous signe un album soigné, digne de la collection DC Renaissance. Au programme : les couvertures originales dessinées par Ivan Reis puis quelques bonus en fin de volume, comme à l'accoutumée. Une étude de personnage par Jim Lee et une autre par Ivan Reis permettent de comparer la vision respective des deux artistes sur le héros. Puis viennent des recherches sur Méra et les monstres abyssaux. En un mot : satisfaisant !

Aquaman 1 : Peur Abyssale est donc un bon récit, plaisant et plein d'intérêt pour la suite, doublé d'un album soigné. Vive les poissons, la couleur orange et les maîtres-nageurs blonds !

mercredi 17 octobre 2012

Critique d'Assassin's Creed : Subject 4


Informations :


Contenu VO : Assassin's Creed : The Fall ; Assassin's Creed : The Chain
Scénario : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Dessin : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Éditeur : Les Deux Royaumes
Date de publication : 7 septembre 2012
Pagination : 180 pages
Prix : 14.90€

Synopsis :


Suivez les aventures de l'Assassin Nikolaï Orelov à la poursuite d'un artéfact au pouvoir immense à travers la Russie tsariste ; De la mystérieuse et dévastatrice explosion de Toungouska jusqu'aux rues de Pétrograd, où la révolution bolchévique fait rage.
Pendant ce temps, plus près de chez nous, un jeune homme perturbé est aux prises avec des visions troublantes d'une possible vie passée... Des visions qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques et irréversibles sur le monde présent.

Critique :


La franchise Assassin's Creed est aussi étendue que les scénarios des jeux vidéo : goodies, vêtements, accessoires, figurines... Mais il existe aussi des comics dédiés à cette univers. Une série de 3 tomes déjà parus a édité en VF et un 4è (intitulé Hawk) est à paraître pour le mois prochain. Subject 4 fait donc ici office de tome hors-série. Et à juste titre puisqu'il est question de nouveaux personnages, aucunement rattachés à Altaïr, Ezio ou même Desmond. Toutefois, la base est conservée car on nous présente 2 personnages principaux dont les souvenirs sont liés par l'ADN, tout comme pour Desmond et ses ancêtres. La première partie est consacrée à The Fall qui nous parle en parallèle de Daniel Cross, jeune homme marginal au look de junkie dont la vie semble dénuée de but, et Nikolaï Orelov, membre de l'Ordre des Assassins opérant en Russie à l'ère de la révolution bolchévique. Puis une seconde partie, The Chain, qui narre les aventures de Nikolaï et de son fils, tous deux en exil en Amérique.
L'histoire débute dans le présent, avec la présentation de Daniel qui passe une séance chez son psychologue. Très vite il est question de visions semblables à des souvenirs qui sont d'une intensité telle que Daniel a du mal à distinguer le vrai du faux. C'est dans ces moments là que l'histoire transpose la vie de Nikolaï, qui cherche à contrer le tsar et le gouvernement en place mais qui est surtout à la recherche d'un objet précis : le sceptre royal, qui est en réalité un artéfact hérité de Ceux-qui étaient-là-avant. Daniel fera ensuite la connaissance des Assassins modernes, qui l'aideront à supporter ses visions et à leur donner un sens. Dès lors, Daniel cherchera à gravir les échelons de l'Ordre pour rencontrer le Mentor. Mais les Templiers sont aussi à sa recherche et ils comptent utiliser Daniel pour le trouver...

La première chose à dire sur le scénario est qu'il est très fidèle à l'essence même d'Assassin's Creed. Tous les codes sont respectés voire représentés : un homme banale du présent dont la destinée est liée à celle de son ancêtre Assassin, les passages entre ces deux vies, l'effet de fuite, le combat éternel entre Templiers et Assassins, les artéfacts... On pourrait presque dire qu'il s'agit d'une adaptation quasi parfaite des jeux vidéo, à ce détail près qu'il ne s'agit pas des même personnages. Et c'est ici une force je trouve. En effet, il n'est pas question de Desmond, d'Ezio, de leur combat et quêtes respectifs. Pas de prise de tête donc sur la chronologie des évènements, la cohérence du background ou autre. Non, là Subject 4 permet de faire une pause sur tout ça sans pour autant nous dépayser. De plus, une véritable surprise survient à la fin de The Fall, qui enrichit vraiment le scénario. Le récit permet de faire des choses que les scénarios des jeux ne peuvent pas, tels que nous faire comprendre comment les deux Ordres agissent et se combattent aujourd'hui, mais aussi de mettre l'accent sur l'Ordre des Templiers et leurs méthodes machiavéliques. Tout cela nous permet de comprendre l'enjeu principal de la série vidéoludique mais aussi de fournir encore plus de background à celui déjà existant. Enfin la partie The Chain est particulièrement touchante car elle montre la relation père-fils au sein d'une famille d'Assassins tout en développant l'aspect psychologique d'un jeune enfant qui est seul avec son père au milieu de la neige et qui ne comprend pas pourquoi il doit s'entraîner si dur, ni pourquoi son père est si mystérieux sur les raisons de leur exil. Mais The Chain raconte surtout comment un enfant devient un homme puis un Assassin. Voilà encore un autre renvoi aux jeux vidéo ! Notez aussi que le scénario est bien plus travaillé et prenant que ceux des tomes de la série régulière.

Le dessin de ce Subject 4 est réellement beau ! Un trait fin, de belles couleurs, de bonnes expressions, des décors bien travaillés. La seule chose à reprocher serait peut-être un travail d'ombre et de lumière existant mais léger. On peut aussi remarquer une légère transformation du trait entre les deux parties mais les couleurs sont en revanche mieux travaillées dans The Chain.

Niveau édition, Les Deux Royaumes nous livre certes un album soigné et assez bien fourni en pages, qui a pour force de réunir les 2 dernières mini-séries en un seul volume, mais nous n'avons pas toutes les couvertures. Même pas celle avec Nikolaï Orelov sur fond rouge !

Assassin's Creed : Subject 4 reste un bon moment de lecture, qui présente deux histoires plaisantes et fidèles à la série vidéoludique et permettant de fournir encore plus de background et de réveiller l'intérêt qu'on y porte. Le tout pour un prix raisonnable comparé à la pagination. Bref, si vous êtes fan d'Assassin's Creed, laissez-vous tenter.