dimanche 8 juillet 2012

Critique de Batman 1 : La Cour des Hiboux

 

Informations :


Contenu VO : Batman #1-7
Scénario : Scott Snyder
Dessin : Greg Capullo
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 8 juin 2012
Pagination : 176 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Après une longue période d'absence, Bruce Wayne est de retour sous le masque de Batman, à la poursuite d'un mystérieux tueur en série aux allures de hibou, et dont la prochaine cible n'est autre que... Bruce Wayne. Plus il progresse dans son enquête, plus le Chevalier Noir rassemble d'éléments sur les motivations de son ennemi. Il découvre alors une sombre vérité mêlant la famille Wayne aux fondations troubles de Gotham City.

 

Critique :


Le mois de juillet est sûrement le mois Batman, mais Urban Comics a commencé dès le mois de juin pour nous plonger véritablement dans l'univers sombre du Chevalier Noir ! Et quelle sombre histoire que cette Cour des Hiboux. Tellement sombre qu'elle en devient délicieuse et passionnante. Normal me direz vous, vu qu'il s'agit de la nouvelle saga du Batman New 52 créée par Scott Snyder et Greg Capullo !
Mais commençons, comme d'habitude, par la couverture. Ici, il s'agit de la couverture alternative de Batman #2 dessinée par Jim Lee. Une couverture de Capullo aurait été souhaitable pour vraiment communiquer sur le contenu de l'album (personnellement j'aurais préféré la couverture de Batman #4). Mais étant donné qu'il s'agit de Jim Lee on ne va pas se plaindre, d'autant que cette couverture présente un Batman dans une posture magistrale. Et c'est le terme qui je crois convient le mieux à cette histoire, qui démarre avec une émeute à l'Asile d'Arkham (Batman contre tous ses ennemis en même temps, ça vous tente ?). S'ensuit une enquête sur des meurtres causés par un mystérieux personnage, l'Ergot, qui semblerait être le représentant d'une plus grande menace : la Cour des Hiboux. Cette mystérieuse organisation, dont le nom et l'existence constituent un mythe gothamien, semble très ancienne puisque son origine remonterait à la fondation de Gotham City. Batman va ainsi devoir affronter une ombre aussi grande que sa ville, à moins que cette ville ne lui appartienne déjà plus...

Rétrospectivement, le début de l'histoire dans l'Asile d'Arkham est annonciateur de la folie qui régnera dans ce récit. Scott Snyder nous a concocté un scénario brillamment construit, de telle sorte que des éléments sont révélés dès le départ tandis que d'autres, on le comprend dans la lecture, sont juste placés pour que leurs effets se produisent plus tard, dans le long terme. Le scénariste met en place une "ombre" aux multiples facettes : l'ombre présente dans les rues de Gotham pour l'ambiance, l'ombre de Batman qui retrouve tout son aura de Chevalier Noir (à la manière du Batman de Nolan), l'ombre de l'Ergot en tant qu'ennemi implacable et l'ombre moins palpable mais néanmoins présente de la Cour des Hiboux. L'histoire permet aussi de retrouver les membres de la Bat-family et surtout Nightwing (dans son nouveau costume !) qui d'ailleurs semble avoir son rôle à jouer dans cette Cour des Hiboux. Ce qui plaît surtout dans ces pages c'est la manière dont est traité notre cher Batman. La notion de Chevalier Noir est remise au goût du jour car Snyder lui rend toutes ses facettes : un très grand détective, une personne méfiante, un homme de devoir qui n'hésite pas à utiliser la violence physique voire psychologique pour arriver à ses fins, un héros sombre qui prend parfois plaisir à combattre ses ennemis. Mais le plus savoureux encore reste son évolution au cours du récit. Si au début il est la peur incarnée, un homme infaillible, sûr de lui, il devient très vite une victime en proie à la peur, souffrant de folie et qui finit par perdre ses moyens (mention spéciale à la phase du labyrinthe). Dans le combat entre la chauve-souris et le hibou, qui gagnera ? Réponse dans le tome suivant, car ce premier volume nous laisse avec un cliffhanger des plus palpitants !

Greg Capullo nous offre quant à lui des traits magnifiques ! Sa manière de dessiner le Dark Knight illustre parfaitement le traitement du personnage. On sent également qu'il a bossé dur pour les illustrations des rues, des toits, et des souterrains de Gotham. Le design de l'Ergot est sublime. Même si les expressions faciales manquent parfois de variété, avec Capullo tout se joue dans le regard. En revanche, si le dessinateur nous livre de très belles représentations de Batman, il manque son coup avec Bruce Wayne, à tel point qu'on le confond parfois avec l'autre playboy de l'histoire, Lincoln March. On notera enfin une belle gestion des ombres et lumières, idéale pour accompagner toute la noirceur du récit !

Urban Comics nous a encore gâté avec un beau produit. L'album cartonné nous présente là encore le découpage en chapitres avec en bonus toutes les couvertures originales et alternatives, accompagnées de conceptions graphiques pour quelques personnages et surtout l'étude de réalisation d'une séquence graphique de la première scène de crime, soit une très belle occasion de découvrir le travail conjoint de Snyder et Capullo !

Pou résumer, ce premier volume de la saga Batman par Snyder et Capullo est absolument superbe, à la fois sur les niveaux scénaristique et graphique. Nous avons là un "must have" que les afficionados de la Chauve-Souris ne peuvent se refuser et que les néophytes doivent lire, d'autant plus qu'il s'agit du relaunch donc idéal pour commencer à lire Batman car aucune référence majeure à la précédente continuité n'est demandée. En d'autres termes FONCEZ !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire