mercredi 17 octobre 2012

Critique d'Assassin's Creed : Subject 4


Informations :


Contenu VO : Assassin's Creed : The Fall ; Assassin's Creed : The Chain
Scénario : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Dessin : Karl Kerschl ; Cameron Stewart
Éditeur : Les Deux Royaumes
Date de publication : 7 septembre 2012
Pagination : 180 pages
Prix : 14.90€

Synopsis :


Suivez les aventures de l'Assassin Nikolaï Orelov à la poursuite d'un artéfact au pouvoir immense à travers la Russie tsariste ; De la mystérieuse et dévastatrice explosion de Toungouska jusqu'aux rues de Pétrograd, où la révolution bolchévique fait rage.
Pendant ce temps, plus près de chez nous, un jeune homme perturbé est aux prises avec des visions troublantes d'une possible vie passée... Des visions qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques et irréversibles sur le monde présent.

Critique :


La franchise Assassin's Creed est aussi étendue que les scénarios des jeux vidéo : goodies, vêtements, accessoires, figurines... Mais il existe aussi des comics dédiés à cette univers. Une série de 3 tomes déjà parus a édité en VF et un 4è (intitulé Hawk) est à paraître pour le mois prochain. Subject 4 fait donc ici office de tome hors-série. Et à juste titre puisqu'il est question de nouveaux personnages, aucunement rattachés à Altaïr, Ezio ou même Desmond. Toutefois, la base est conservée car on nous présente 2 personnages principaux dont les souvenirs sont liés par l'ADN, tout comme pour Desmond et ses ancêtres. La première partie est consacrée à The Fall qui nous parle en parallèle de Daniel Cross, jeune homme marginal au look de junkie dont la vie semble dénuée de but, et Nikolaï Orelov, membre de l'Ordre des Assassins opérant en Russie à l'ère de la révolution bolchévique. Puis une seconde partie, The Chain, qui narre les aventures de Nikolaï et de son fils, tous deux en exil en Amérique.
L'histoire débute dans le présent, avec la présentation de Daniel qui passe une séance chez son psychologue. Très vite il est question de visions semblables à des souvenirs qui sont d'une intensité telle que Daniel a du mal à distinguer le vrai du faux. C'est dans ces moments là que l'histoire transpose la vie de Nikolaï, qui cherche à contrer le tsar et le gouvernement en place mais qui est surtout à la recherche d'un objet précis : le sceptre royal, qui est en réalité un artéfact hérité de Ceux-qui étaient-là-avant. Daniel fera ensuite la connaissance des Assassins modernes, qui l'aideront à supporter ses visions et à leur donner un sens. Dès lors, Daniel cherchera à gravir les échelons de l'Ordre pour rencontrer le Mentor. Mais les Templiers sont aussi à sa recherche et ils comptent utiliser Daniel pour le trouver...

La première chose à dire sur le scénario est qu'il est très fidèle à l'essence même d'Assassin's Creed. Tous les codes sont respectés voire représentés : un homme banale du présent dont la destinée est liée à celle de son ancêtre Assassin, les passages entre ces deux vies, l'effet de fuite, le combat éternel entre Templiers et Assassins, les artéfacts... On pourrait presque dire qu'il s'agit d'une adaptation quasi parfaite des jeux vidéo, à ce détail près qu'il ne s'agit pas des même personnages. Et c'est ici une force je trouve. En effet, il n'est pas question de Desmond, d'Ezio, de leur combat et quêtes respectifs. Pas de prise de tête donc sur la chronologie des évènements, la cohérence du background ou autre. Non, là Subject 4 permet de faire une pause sur tout ça sans pour autant nous dépayser. De plus, une véritable surprise survient à la fin de The Fall, qui enrichit vraiment le scénario. Le récit permet de faire des choses que les scénarios des jeux ne peuvent pas, tels que nous faire comprendre comment les deux Ordres agissent et se combattent aujourd'hui, mais aussi de mettre l'accent sur l'Ordre des Templiers et leurs méthodes machiavéliques. Tout cela nous permet de comprendre l'enjeu principal de la série vidéoludique mais aussi de fournir encore plus de background à celui déjà existant. Enfin la partie The Chain est particulièrement touchante car elle montre la relation père-fils au sein d'une famille d'Assassins tout en développant l'aspect psychologique d'un jeune enfant qui est seul avec son père au milieu de la neige et qui ne comprend pas pourquoi il doit s'entraîner si dur, ni pourquoi son père est si mystérieux sur les raisons de leur exil. Mais The Chain raconte surtout comment un enfant devient un homme puis un Assassin. Voilà encore un autre renvoi aux jeux vidéo ! Notez aussi que le scénario est bien plus travaillé et prenant que ceux des tomes de la série régulière.

Le dessin de ce Subject 4 est réellement beau ! Un trait fin, de belles couleurs, de bonnes expressions, des décors bien travaillés. La seule chose à reprocher serait peut-être un travail d'ombre et de lumière existant mais léger. On peut aussi remarquer une légère transformation du trait entre les deux parties mais les couleurs sont en revanche mieux travaillées dans The Chain.

Niveau édition, Les Deux Royaumes nous livre certes un album soigné et assez bien fourni en pages, qui a pour force de réunir les 2 dernières mini-séries en un seul volume, mais nous n'avons pas toutes les couvertures. Même pas celle avec Nikolaï Orelov sur fond rouge !

Assassin's Creed : Subject 4 reste un bon moment de lecture, qui présente deux histoires plaisantes et fidèles à la série vidéoludique et permettant de fournir encore plus de background et de réveiller l'intérêt qu'on y porte. Le tout pour un prix raisonnable comparé à la pagination. Bref, si vous êtes fan d'Assassin's Creed, laissez-vous tenter.

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