dimanche 21 octobre 2012

Critique d'Aquaman 1 : Peur Abyssale


Informations :


Contenu VO : Aquaman Vol. 1 : The Trench (Aquaman #1-6)
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Ivan Reis
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 28 septembre 2012
Pagination : 144 pages
Prix : 15€

Synopsis :


Après des années à régner sur le royaume d'Atlantide, Arthur Curry, dit Aquaman, décide de revenir au monde de la surface avec son épouse, Méra. Mais le retour à la "vie civile" ne se fera pas sans peine, entre la méfiance des autorités à son égard, et les attaques de créatures cannibales issues des profondeurs de l'océan !

 

Critique :


Croyez-vous en l'existence de l'Atlantide, ce royaume sous-marin légendaire ? Si son existence est dur à prouver, celle de son roi est en revanche indéniable. Arthur Curry est Aquaman, super-héros et souverain Atlante ! Personnage peu connu du public français, il est pourtant l'un des membres fondateurs de la Justice League. Justement, DC Comics profite de son relaunch et de la présentation de la nouvelle Justice League pour créer un Aquaman version New 52. Et c'est avec bonheur qu'Urban Comics nous édite cette toute nouvelle série en VF.
Dans Peur Abyssale, le ton est donné dès le départ avec cette couverture d'Aquaman #1. Aquaman a décidé de renoncer au trône de l'Atlantide et de vivre sur la terre ferme avec sa femme Méra, une Atlante. Bien qu'il soit décidé à vivre une vie tranquille, de nombreux problèmes s'opposent à lui. Son image publique n'est pas des plus glorieuses et il doit faire face au railleries des habitants d'Amnesty Bay. De plus, il doit aussi apprendre à Méra comment s'adapter à la société civile. C'est sans compter la nouvelle menace d'une race de créatures marines humanoïdes venues des profondeurs de l'océan, une tranchée abyssale remplie de mystères.

Geoff Johns, l'omniprésent scénariste des New 52, nous écrit une belle histoire aux multiples qualités : simple, intéressante, drôle par moments, bien rythmée, ponctuée de quelques flash-backs et donc tout à fait plaisante ! Les évènements s'enchaînent avec une grande fluidité et ne sont pas remplis de détails. Il n'y a donc aucun casse-têtes à résoudre à mesure qu'on tourne les pages. En quelques pages, Johns nous identifie son personnage, présente ses pouvoirs, ses relations et même son histoire grâce à quelques souvenirs de son enfance habilement placés en relation avec la situation présente. De plus, les six numéros ici édités peuvent être coupés en deux : l'une racontant l'histoire principale (le combat contre les monstres marins) et deux épisodes qui placent Aquaman et Méra respectivement dans deux actions parallèles. Ces deux épilogues permettent ainsi de conclure le premier arc et de préparer le terrain pour les prochaines aventures en distillant quelques intrigues sur l'Atlantide elle-même. Le traitement des personnages est sans nul doute le grand intérêt de ce récit. En effet, Arthur Curry est en premier temps confronté à la population et aux préjugés que les gens ont sur lui. Puis, il s'interroge sur le bien fondé de sa décision et son abandon du trône. Qu'importe, l'amour de Méra lui suffit et il cherche à profiter pleinement de leur relation. Puis, son sens du devoir le pousse à reconquérir le coeur des habitants et à les protéger des menaces, contre lesquelles il éprouve d'ailleurs du remord à combattre car elles viennent du monde aquatique qu'il a juré de protéger. Aquaman est donc placé entre le marteau et l'enclume et doit donc trouver sa place. Notez aussi que Geoff Johns a voulu redorer le blason du héros. Et il fait très bien en présentant dès l'introduction un Aquaman plus "badass" que jamais !

Ivan Reis est sans nul doute un dessinateur talentueux et il nous le prouve encore dans ces pages ! Son trait régulier et ultra-dynamique permet de magnifier l'action. Ses expressions superbes rendre palpables les émotions de l'instant. Son travail des décors livre un niveau de détail incroyable, j'attribue d'ailleurs une mention spéciale à la scène de crime sur le port ! Les effets d'eau ou autres éléments physiques comme le sable ou la fumée sont criants de réalisme. Le jeu de lumière est également bien travaillé. Tous ces facteurs peuvent parfois se retrouvés réunis dans pleines pages à couper le souffle ! De plus, le trait est capable de changer lors des flash-backs, ce qui renforce lesdites scènes. Il ne faut bien sûr pas oublier qu'un tel travail est superbement récompensé par une colorisation sans failles de Joe Prado !

Urban Comics nous signe un album soigné, digne de la collection DC Renaissance. Au programme : les couvertures originales dessinées par Ivan Reis puis quelques bonus en fin de volume, comme à l'accoutumée. Une étude de personnage par Jim Lee et une autre par Ivan Reis permettent de comparer la vision respective des deux artistes sur le héros. Puis viennent des recherches sur Méra et les monstres abyssaux. En un mot : satisfaisant !

Aquaman 1 : Peur Abyssale est donc un bon récit, plaisant et plein d'intérêt pour la suite, doublé d'un album soigné. Vive les poissons, la couleur orange et les maîtres-nageurs blonds !

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