
Informations :
Contenu VO : Batwoman Elegy Deluxe Edition (Detective Comics #854-860) ; Detective Comics #861-863
Scénario : Greg Rucka
Dessin : J.H. Williams III ; Jock
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 17 aout 2012
Pagination : 256 pages
Prix : 22.50 €
Synopsis :
Elevée par son père dans le respect des valeurs militaires, Kate Kane aspirait à devenir un des éléments les plus éminents de l'armée américaine, jusqu'au jour où son homosexualité fut dénoncée par un de ses condisciples. Désireuse de protéger les innocents, en souvenir du meurtre de sa mère te de sa soeur, elle trouva en Batman un modèle et mit sa fortune et ses connaissances au service de la justice pour devenir...Batwoman !
Critique :
Vous aimez les rousses ? Dans ce cas vous allez adorer Batwoman ! Introduite dans la série 52, magazine hebdomadaire de DC Comics qui présentait des personnages nouveaux ou secondaires, Batwoman est une super-héroïne qui n'a rien à envier aux autres protecteurs de Gotham. Elle n'est pas non plus à confondre avec Batgirl car c'est une femme de caractère, une forte tête motivée par le traumatisme du meurtre de sa mère et de sa soeur. Kate Kane est la jeune femme qui se cache sous le masque. Soldat émérite dont la carrière a été interrompue par la découverte de son homosexualité, Kate Kane a décidé de se battre pour la Justice après sa rencontre avec Batman. On peut d'ailleurs la considérer comme un Chevalier Noir au féminin. Aussi efficace que son modèle, Batwoman sait aussi avoir recours à la peur pour effrayer et combattre ses ennemis. Aidée dans la lutte par son père militaire qui lui fournit tout le matériel nécessaire, Kate Kane est une combattante, que ce soit dans la vie civile ou dans son costume rouge et noir de justicière.
Urban Comics réédite la saga Élégie, nous permettant de (re)découvrir ce personnage. La couverture est celle de la version Deluxe de l'édition américaine.
Dans cette histoire, Batwoman est au prise avec le Culte du Crime, une secte portée sur la magie noire qui a autrefois tenté de la sacrifier, car cette secte la considère comme l'élue de leur prophétie. Batwoman a réussi à leur échapper et a défait le dirigeant de cette secte. Mais le Culte a un nouveau chef, une psychopathe nommée Alice, particulièrement dangereuse et meurtrière. Elle sera aidée par Abbot, un dissident de l'ordre qui a le pouvoir de se transformer en loup-garou. En parallèle, Kate Kane essaie de se remettre de sa rupture avec l'officier de police Renee Montoya et elle ne tarde pas à faire la rencontre de Maggie Sawyer.
Greg Rucka, en plus d'être scénariste, est aussi romancier et cela se ressent dans la qualité de cette histoire. Le récit est partagé en 2 parties : Elégie et Go. Dans la première, Rucka nous raconte le combat de Batwoman contre Alice et son Culte du Crime mais aussi le quotidien de Kate Kane. On découvre alors la personnalité de cette dernière, ses mésaventures amoureuses, sa relation avec son père. Et c'est là que tout devient intéressant. En effet, le scénariste développe aussi bien le personnage de Batwoman que celui de Kate Kane. L'alternance des passages entre ces deux personnages permettent de donner autant de profondeur à l'un qu'à l'autre. De plus, à la fin d'Elégie, Greg Rucka nous livre une véritable bombe scénaristique, aussi inattendue et surprenante que géniale et excitante. La seconde partie, Go, permet alors de creuser les répercussions de cet élément et d'introduire de longs flashbacks sur la vie de Kate Kane. L'occasion d'approfondir encore plus le personnage, de mieux la comprendre et de connaître les origines de Batwoman. Le volume contient aussi une autre saga : Cutter qui narre les agissements d'un criminel psychopathe qui kidnappe et découpe de jeunes étudiantes. Là aussi cette histoire est très bien construite car on suit Batman et Batwoman qui enquêtent chacun de leur coté. Cutter permet aussi d'introduire Bette Kane, la cousine de Kate, qui veut devenir Flamebird et aider Batwoman en devenant sa coéquipière.
Le dessin de J.H. Williams III est d'une splendeur envoûtante. Son trait magnifique a la particularité de servir incroyablement le scénario. Son dessin suit l'ambiance des différents passages : un interrogatoire par la peur est graphiquement sombre, un combat de rue est dynamique, la tristesse d'une rupture amoureuse est visuellement palpable sur le visage de Kate... Mais ce qui est encore plus impressionnant c'est la façon dont le dessinateur construit ses pages via un découpage de case très original. Les scènes sont partagées dans des cases en forme d'éclairs ou de chauve-souris, et chaque case forme une scène plus vaste. On a ainsi des cases imbriquées dans des cases, des scènes dans des scènes. Le travail de couleur est aussi un des gros point fort de ce dessin. J.H. Williams III utilise une gamme de couleurs très étendue, ce qui magnifie encore plus son trait. Ce dessinateur possède vraiment un style unique dont on ne peut que tomber amoureux. Il est d'ailleurs d'une extrême régularité et chaque page est souvent aussi belle que la précédente, si n'est plus. Et le meilleur est qu'il est également capable de modifier son trait en fonction des scènes. Ainsi on note la différence entre les passages avec Batwoman et ceux avec Kate ou bien encore pendant les flashbacks. Jock s'occupe quant à lui de la saga Cutter. Même si son style peut en rebuter certains, il sert beaucoup les scènes d'actions et la cruauté du criminel. On finit par s'habituer à ce dessin particulièrement efficace dans des histoires sombres.
Urban Comics nous livre une très bonne adaptation de la version américaine, qui surpasse la récente édition de Panini Comics. Alors que celle-ci ne contenait que la saga en elle-même, la version d'Urban Comics renferme une préface de Rachel Maddow, une courte introduction sur le personnage, les couvertures originales et alternatives, des recherches de personnages, des pages de script, des planches en noir et blanc, et les biographies des auteurs.
Batwoman 0 : Élégie est un très bon comics, qui présente un personnage intéressant, une histoire très bien construite, un scénario intelligent, un dessin à tomber par terre, et le tout dans un album de qualité made in Urban Comics. Du haut de gamme en somme !
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