Informations :
Contenu VO : Absolute Kingdom Come ; Justice Society of America #22
Scénario : Mark Waid
Dessin : Alex Ross
Editeur : Urban Comics
Date de publication : 8 juin 2012
Pagination : 336 pages
Prix : 28€
Synopsis :
Dans un futur possible, les super-héros d'antan ont été surclassés, puis remplacés par une nouvelle génération plus agressive, mais aussi plus amorale. Aussi, lorsque ces surhommes rayent accidentellement le Kansas de la carte des États-Unis, il revient au premier d'entre eux, Superman, de sortir de sa retraite et d'inculquer à cette nouvelle garde le goût pour la vérité et la justice. L'Homme d'Acier devra également combattre une association surprenante : celle de Lex Luthor, son pire ennemi, avec Batman, son ancien allié !
Critique :
Qu'on se le dise, Kingdom Come est un incontournable de l'univers DC Comics. Un récit entré au panthéon des super-héros, mondialement connu et reconnu. Pourquoi ? Je vous donnerais la réponse plus tard. Pour l'instant, je tiens à vous présenter cette masterpiece. Kingdom Come est ce qu'on appelle un Elseworld : un récit racontant une réalité alternative. Cette oeuvre est le résultat d'une collaboration très efficace, regroupant deux des plus grands auteurs de comics : Mark Waid et Alex Ross. Le premier est notamment le lauréat du prix Eisner Award 2012 pour meilleur scénariste. Le second est un dessinateur de légende, dont le style si réaliste est immanquablement associé à la peinture ou à la photographie. Mais je dois vous prévenir, Kingdom Come est, de par sa qualité, son contenu et les nombreux détails auxquels il fait référence, un comics peu accessible aux néophytes. Néanmoins, si la tentation de le lire est pour vous trop grande, n'hésitez pas et laissez-vous prendre par cette oeuvre qui vous en mettra plein la tête.
Urban Comics nous fait un joli cadeau en publiant cette histoire de légende. Et ils tapent fort en commençant par une couverture tout en beauté et sobriété, dont le dernier poster du prochain film consacré à Superman, Man of Steel de Zack Snyder, fait un beau clin d'oeil !
Comme dit plus haut, Kingdom Come raconte une réalité alternative. Ici, les héros de la Ligue de Justice sont entrés dans le troisième âge et ont pour la plupart pris leur retraite et raccroché leurs capes. Ainsi, Superman, qui a perdu la confiance de la population, est retourné à la ferme de Smallville pour y vivre son exil. Green Lantern a quitté la Terre, Bruce Wayne est devenu trop vieux pour enfiler le costume du Batman et Wonder Woman a été destituée de son rang de Princesse. Oui, le monde est devenu bien sombre. Si sombre que la nouvelle génération de héros poursuit les criminels dans une grande immaturité et en négligeant la sécurité des citoyens. Lorsque le combat de ces héros inexpérimentés conduit à la destruction du Kansas, Superman n'a d'autre choix que de revenir enseigner le véritable rôle d'un super-héros. Mais dans l'ombre, une guerre secrète se prépare, échafaudée par Lex Luthor et, fait surprenant, Bruce Wayne.
Mark Waid ne fait pas qu'écrire un comic-book, il rédige un essai presque métaphysique sur le sens de la Justice, de la responsabilité et du rôle des super-héros. Il a l'idée de faire commencer son histoire par la rencontre entre un vieil homme, Norman McCay, et le Spectre, entité cosmique chargée de surveiller les grands bouleversements de l'Univers et d'en porter les jugements. Ainsi McCay, en étant le narrateur, devient l'oeil du lecteur et son guide dans la progression et la compréhension de l'histoire. Au fur et à mesure que les deux compagnons voyagent, on découvre chaque scène, chaque introduction de personnages. On assiste alors au retour magistral de Superman, à la réunion de la Ligue de Justice, à la réalisation de leur plan censer moraliser la nouvelle génération, et à la préparation des divers camps jusqu'à l'éclatement totale de la guerre opposant les super-héros entre eux. Au fil des pages, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec un récit plus récent mais presque identique : Civil War chez Marvel. Mais les actions de la Ligue de Justice apportent des thèmes qui font réfléchir : les notions de Justice et Vérité, les moyens qu'on a le droit ou non de mettre en oeuvre pour les faire respecter et perdurer, le sens de l'héroïsme, la nécessité des héros, la place à accorder au peuple... Et puis Mark Waid prend un réel plaisir à transformer l'univers classique des héros DC, surprenant à chaque fois le connaisseur tout en l'amusant à chercher ce qui a changé ou non.
Alex Ross nous fait une véritable démonstration de son talent, en donnant le meilleur de lui-même. Ses dessins sont d'une beauté époustouflante, criant de réalisme. Chaque page, chaque case est une peinture, un tableau de maître.On se surprend même, à plusieurs reprises, à arrêter la lecture et scruter du regard tous les détails et la qualité du dessin. Kingdom Come est un pur émerveillement visuel. Bref, c'est beau !
Cette publication de Kingdom Come est un havre de bonus ! Urban Comics nous offre, sur ses 336 pages, pas loin de 100 pages de bonus. Au programme, une introduction d'Elliot S. Maggin, des rédactions de Mark Waid et Alex Ross sur leur oeuvre, la présentation de tous les personnages accompagnée de nombreux croquis, des notes et commentaires sur les pages de Kingdom Come qui expliquent toutes les références cachées, une longue galerie d'illustrations regroupant des couvertures pour divers formats ou magazines, des images promotionnelles, la conception d'une page, la distribution des rôles et la présentation des personnes dont s'est inspiré Alex Ross pour définir ses personnages, un article sur "l'héritage" de Kingdom Come, les figurines adaptées de l'oeuvre, l'arbre généalogique liant les héros de l'ancienne et de la nouvelle génération, des croquis préparatoires, et une postface de Clark Ross.
Kingdom Come est clairement une oeuvre majeure des comic-books, un graphic novel mythique. Et Urban Comics en témoigne son respect en publiant un volume magnifique et enrichi de bonus. En conclusion, un très beau et bon comics !

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